Histoire de la patinoire de la Saint-Charles (2) : L’agonie de la patinoire

La patinoire de la Saint-Charles, en aval du pont Drouin, en 1986. Source : Ville de Québec.
La patinoire de la Saint-Charles, en aval du pont Drouin, en 1986. Source : Ville de Québec.
Plusieurs raisons peuvent expliquer la baisse de popularité de la patinoire de la rivière Saint-Charles au cours des années 1980.La patinoire de la Saint-Charles, en amont du pont Drouin, en 1995. Source : Ville de Québec.La première raison évoquée tient au départ de toutes les activités du Carnaval de la Basse-Ville vers les Plaines d’Abraham. De plus, la fin de la présentation des monuments de glace sur la rue Sainte-Thérèse en 1991 constitue l’exemple le plus connu. Bref, sans animation carnavalesque et sans publicité, la patinoire attire beaucoup moins. Par ailleurs, la mauvaise température et la négligence dans l’entretien de la surface glacée réduisent constamment le nombre de jours d’utilisation de la patinoire. Celle-ci ouvre souvent à la mi-janvier pour fermer immédiatement après le Carnaval, à la mi-février. On peut ajouter à ces causes une perception négative de la rivière Saint-Charles répandue dans la population. Le déversement des eaux d’égout et les odeurs nauséabondes de l’eau en été n’aident pas à la rendre attrayante. Les murs de béton constituent également un obstacle pour avoir accès à la rivière. L’absence sur la glace de mobilier urbain, de restaurants ou de petites boutiques comme à Ottawa nuit au cachet. Finalement, la rivière coule en Basse-Ville dans un environnement urbain difficile et dans des quartiers en dépeuplement.L’administration du maire Jean-Paul L’Allier décide, dans le cadre de restrictions budgétaires, de ne pas ouvrir la patinoire durant la saison hivernale 1992, ce qui provoque un tollé dans la population. L’administration voudrait la fermer définitivement, mais elle est alors en pleine campagne pour obtenir les Jeux d’hiver de 2002 : il paraît contradictoire dans l’opinion publique de prétendre pouvoir tenir des Jeux olympiques et être incapable d’entretenir une patinoire sur la rivière.Des journalistes du journal Le Soleil comme Louis-Guy Lemieux et Ghislaine Rheault font campagne avec des groupes de citoyens pour le maintien de la patinoire. Louis-Guy Lemieux écrit : « On fait des économies sur le dos des enfants et des parents… On est déconnecté, on déconne. » (Le Soleil, 12 janvier 1994). Ou encore : « À Québec, les seules patinoires bien entretenues pendant l’hiver, ce sont les trottoirs. » (Le Soleil, 16 mars 1994). Une citoyenne écrit également dans l’Opinion du lecteur du Soleil : « Si la Saint-Charles coulait dans la Haute-Ville, la patinoire connaîtrait-elle le même sort? » (À suivre)

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[ Du même auteur : Chronique d’une rivière disparue (8) : canalisation de la Lairet. À consulter : la Société de la rivière Saint-Charles. ]