Mon jardin d’Éden

Les jardins communautaires de LimoilouÀ l’automne, on peut voir les gens s’affairer à ramasser les feuilles sur leur terrain. N’ayant pas de terrain, j’ai tout de même fait le ménage de « mes feuilles ». C’est ainsi que j’ai retrouvé, coincé entre deux « troncs de dossiers », un texte non complété que j’avais entamé cet été. Bizarrement, j’étais incapable de le jeter. Un peu comme on décide de placer une feuille d’automne dans un annuaire pour la conserver, j’ai décidé de le partager, malgré ses imperfections et la conscience que le temps est bien passé…Lorsque j’ai emménagé à Limoilou, « la vraie ville », j’étais un peu peinée de perdre les grands espaces verts de mon enfance. J’étais loin de me douter qu’en fait, le quartier avait aussi son lot de nature. Avec le Domaine Maizerets, j’étais comblée. Avec tous les parcs, j’étais choyée. Avec tous les jardins communautaires, j’étais stupéfiée!Jardins communautaires de LimoilouTout le monde sait que Limoilou est un quartier de contrastes, mais c’est en me rendant au jardin communautaire situé sur la rue de la Sapinière-Dorion Est que l’image s’est imposée! Entouré de maisons accumulant l’âge, de rues pavées, de tours électriques imposantes et d’automobiles vrombissant leur stress, le jardin lui, havre tranquille, resplendissait de fleurs multicolores, de terre brune, de fines herbes fraîches et de jeunes pousses vertes.Dès que j’y ai mis les pieds, on m’a accueillie avec fierté et montré les 64 lots, tous séparés par des ficelles. Simon, le malcommode de la Gaspésie, m’a tout raconté des liens et des histoires entre chacun. Jocelyne, la nouvelle arrivée, m’a avoué son bonheur de partager des discussions et de faire des rencontres. Quant à Germain, le responsable, la passion et l’engagement se reflétaient dans ses yeux.En revenant à la maison, j’ai tenté de faire quelques recherches sur le net pour répertorier les jardins communautaires et connaître leurs modes de fonctionnement. J’ai dû me rendre à l’évidence : ils sont nombreux, et populaires!Les jardins, qu’ils soient communautaires ou privés, sont une fierté de notre quartier. Ils symbolisent, selon moi, un « halte-là » au mode de vie effréné des villes. Ils représentent un besoin de retourner aux sources, un désir de se recentrer sur les valeurs de la terre, tout en conservant les avantages de la vie urbaine.À bien y penser, Limoilou, c’est tout simplement mon jardin d’Éden…[ À consulter aussi : Jardins communautaires : populaires, mais pas partout, Le jardin communautaire Sainte-Odile et Répertoire des jardins communautaires de Québec ]