Le principe de précaution

Lignes électriques LimoilouSource : David Desjardins, Voir, 13 avril 2011

Le calme m'a surpris. Un silence presque gêné régnait dans la salle pourtant comble, pleine à craquer.Il y avait bien quelques excités dont on devinait à leurs trémoussements qu'ils n'attendaient qu'un signal pour exploser, mais surtout des familles. Beaucoup de pères et de mères, les mains pleines de documents et d'enfants qui gigotent.L'inquiétude de tous ces gens emplissait l'air du centre Mgr Marcoux. Un sentiment dense, palpable comme l'humidité pendant la canicule, et qui allait demeurer aussi lourdement silencieux pendant de longues minutes au début de cette assemblée.Du haut de leur tribune, les gens d'Hydro-Québec croyaient peut-être même qu'ils étaient parvenus à calmer le jeu. Sauf que ce mutisme n'avait rien de paisible.C'était plutôt celui de l'archer qui bande la corde de son arc et vise.Tchak! Les présentations terminées, à la première question du public, une première flèche traversait la salle et se plantait dans la belle présentation PowerPoint sur l'écran.Fini, le silence. Le bruyant assaut allait se poursuivre pendant des heures où les citoyens des rues des Bouleaux, des Cèdres, des Chênes, des Pins et des avenues de l'Émérillon, du Mont-Thabor, de la Capricieuse et Bergemont décocheraient, parfois comme des cons, parfois tout croche, mais le plus souvent brillamment.Ils ont argumenté, ils ont cité des études contradictoires, ils ont proposé des options de rechange. Ils ont hué, chahuté, contesté, ils ont regardé en face les artisans d'un projet qui leur déplaît en leur disant : nous avons le sentiment que vous vous moquez de nous..."

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