« Je suis femme, musique et amour »

Mariem
Marième Ndiaye

Elle me dit : « Viens cueillir la vie;Je suis femme, musique et amour.Viens! »Claude Léveillée, L’étoile d’Amérique

Elle était funky, ce soir-là, notre Limoilou ! Il fallait la voir, le pied rebelle, se déhancher sur des rythmes colorés de reggae et de pop-électro. Le bassin possédé par les « Badaboum, badaboum, badaboum » de Je t’aime et les « Ouh la ouh la ouh la » de 4_20. Oui, il lui arrive de se déhancher, à notre Limoilou, lorsqu’on la chante de façon si festive. Et des façons, Marième Ndiaye en fait de belles à son quartier d’enfance dans un premier album éponyme, en vente depuis le 31 mai et dont le lancement a eu lieu jeudi dernier au Cercle. Notre Limoilou à Saint-Roch ? Au moins cela n’aura été qu’une infidélité géographique, et non d’esprit (du reste, quel monde étrange que Saint-Roch : où sont donc ses ruelles ?).Premier album, mais pas première venue : membre du groupe CEA de Québec, cadette de Webster, lui-même rappeur limoulois, Marième flirte avec le milieu musical depuis son jeune âge. Carburant ainsi à la musique, on ne s’étonnera pas de l’orientation générale qu’elle donne à son projet solo : revisiter des succès francophones en les teintant de ses origines, à la fois sénégalaises et québécoises. Si Ce soir on danse à Naziland, on danse aussi à Limoilou – cris du public à cette mention spéciale que s’est permise la chanteuse en performance –, et on danse avec plus de cadence que sur la version de Starmania. On danse également sur des productions originales, qui font preuve du même métissage, jusque dans un titre comme Africaine à Québec. Bref, on s’est beaucoup dandiné, ce soir-là, au Cercle, sans cesse relancés par une mélodie plus pimpante que la précédente, les musiciens sur scène se réchauffant en même temps que la centaine de spectateurs présents.Les reprises rafraîchissantes de Dis-moi, dis-moi (Mitsou), Provocante (Marjo) et Le soleil (Jean-Pierre Ferland) m’apparurent par ailleurs un clin d’œil réconfortant à Claude Léveillée, décédé le matin même : autant de « pianos tout usés / Qui se sont tus paralysés et qui ne sont plus qu’objets d’antiquités / Qui autrefois faisaient la joie des salons », et qui la feront encore grâce à des initiatives senties comme celle de Marième. Il ne reste qu’à nous souhaiter un été à l’image de ce disque et de ce lancement : chaud, ensoleillé et rempli d’amour.[ À consulter aussi : Marième : profusion d’énergie ]