PotiPotin de quartier

Popote, papote et potins MaizeretsDimanche matin, il fait froid, le ciel est gris. Je suis en mode « non opérationnel », comme tous les matins. Aujourd’hui, je dois aller récupérer le dîner pour une vingtaine de personnes dans le cadre du projet de la Revengeance des Duchesses. À bord de ma voiture, j’ai l’esprit qui vagabonde. Je suis maussade, comme le temps.Popote, papote et potinsJe stationne mon véhicule. Sur la porte du commerce qui n’est pas encore ouvert, un mémo me prévient : « Izabelle, cogne, je suis bien là! » Je cogne. La pétillante Julie vient m’ouvrir avec son sourire et son dynamisme habituels. En entrant chez Popote, papote et potins, comme toutes les fois où j’y ai mis les pieds, la magie s’opère. Mes yeux s’ouvrent davantage devant les couleurs éclatantes de la déco. Mon imagination s’emballe devant tous ces bonbons disposés avec soins. Ma bonne humeur revient au galop en songeant au café que l’on me préparera dans la machine rose, et aux sandwichs santé que je pourrai savourer comme ceux de ma mère.J’entame une discussion avec la propriétaire. Je la remercie pour sa délicate attention : elle a bricolé une boucle de tissu rose sur chaque boîte à lunch des Duchesses. C’est comme ça chez Popote, on se sent toujours traité aux petits oignons… sucrés bien sûr!Je lui demande comment vont les affaires, ce qui se passe dans le quartier, si elle a des projets en vue. Il faut dire que Julie Leblanc est une femme d’affaires, mais surtout une vraie de vraie Limouloise. Le quartier Maizerets, pour y avoir été élevée, elle le connaît comme le fond de sa poche! Elle me parle évidemment de ses clients qu’elle aime tant, de son équipe d’employés de plus en plus efficace, de ses projets personnels et professionnels. Étonnamment, je sens toutefois une petite pointe d’amertume dans son discours.Il y a trois ans et demi qu’elle a ouvert les portes de Popote, et ça va bien. Par contre, elle trouve que le quartier manque de vie.

Oui ça s’est revitalisé depuis quelques années. Oui on voit du changement positif dans le coin, mais pas assez… et pas assez vite! », me confie-t-elle.

Elle aimerait que les Limoulois profitent davantage de son commerce, mais aussi de tous les autres sur le Chemin de la Canardière.

Les gens attirent les gens, c’est connu! Tout le monde nous dit qu’ils sont contents qu’on soit là, mais il faut venir! Ce serait bien que le coin bouge autant que la 3e Avenue », ajoute-t-elle.

Popote, papote et potinsHonnêtement, j’ai de la difficulté à comprendre aussi. J’ai habité au coeur du quartier Maizerets pendant dix ans, et c’est un endroit qui gagne en effet à être connu. Maintenant que j’habite le Vieux-Limoilou, il m’arrive encore d’être nostalgique. Je vais alors écrire au Popote, ce petit repère coloré, ou encore manger au Shady, parfois même acheter de la viande chez L’artisan charcutier.Je comprends Julie d’être un peu désillusionnée. Personnellement, et sans devenir moralisatrice, j’irais même plus loin dans mon discours : Limoilou, c’est une mosaïque de gens différents, de lieux différents, de commerces différents. La différence, cette hétérogénéité, fait la richesse de notre quartier. Comme toute chose importante en ce monde, il faut l’entretenir…