Limoilou dans les années 1990 (1) : un chapitre de l'histoire de la Saint-Vincent de Paul

La Société de Saint-Vincent de Paul à Québec - Nourrir son âme et visiter les pauvres (1846-2011). Éditions GID, 2011
En exclusivité, un extrait de la plus récente publication de notre collaborateur Réjean Lemoine, qui sera officiellement lancé dans les prochains jours : La Société de Saint-Vincent de Paul - Nourrir son âme et visiter les pauvres (1846-2011). À suivre!

Le projet de maison multiservice du quartier Limoilou

Au printemps 1992, en même temps que la Société Saint-Vincent de Paul décide de s’ouvrir à la publicité et à la collaboration avec les médias électroniques, elle se met à la recherche d’un nouveau siège social. En vingt ans, la Saint-Vincent de Paul a déménagé ses pénates à plus de quatre reprises.Le 2 mai 1992, la Société organise un colloque sur la pauvreté dans le quartier Limoilou. Une série d’articles dans les journaux de Québec affirme que le quartier Limoilou est le quartier le plus pauvre de la province de Québec. Plus du tiers de la population y vit sous le seuil de la pauvreté. Des représentants des quinze conférences du quartier, des travailleurs sociaux et des organismes communautaires, soit plus de 70 personnes, participent au colloque. Ils discutent des meilleurs moyens pour combattre cette pauvreté. Un consensus se dessine pour réaliser un projet de maison communautaire.Le Conseil central de Québec se prononce favorablement en septembre 1992 pour réaliser un projet de maison multiservice familiale dans le quartier. Cette maison communautaire comprendrait un centre d’alphabétisation, une cuisine collective, des salles de réunion et le secrétariat du conseil central de Québec.Dans un premier temps, le conseil central regarde la possibilité d’acquérir la caserne de pompiers no 10 du quartier Limoilou. Devant le refus de la Ville de leur céder ce bâtiment, le conseil jette son dévolu sur un ancien garage situé au 2225, boulevard Henri-Bourassa. Ce garage est situé à la hauteur de l’hôpital de l’Enfant-Jésus. Au début de l’année 1994, le Conseil acquiert ce bâtiment pour la somme de 138,000$.Après une évaluation sérieuse du projet d’agrandir le bâtiment, le Conseil central décide de se tourner vers la construction d’un bâtiment neuf. Le projet est évalué à 375,000$, appuyé par un prêt hypothécaire de 215,000$. Pour l’aider à financer cette opération, la Saint-Vincent de Paul va chercher l’appui financier des communautés religieuses.Elle organise un grand tirage, au cours de l’année 1995 qui lui rapporte plusieurs milliers de dollars. La campagne de souscription publique est parrainée par Mgr Couture et l’homme d’affaires et ex-politicien Raymond Garneau. La campagne de financement, réalisée sous le thème « Sans faire de bruit » vise à amasser 70,000$.La nouvelle maison de Limoilou est inaugurée au début du mois de mai 1995. La Saint-Vincent de Paul de Québec retrouve un siège social permanent. Dès la première année d’opérations, la maison devient un lieu de rencontre et de réinsertion sociale. La cuisine collective et le comptoir alimentaire sont lancés. La Saint-Vincent de Paul peut dorénavant s’associer avec d’autres partenaires pour réaliser des projets concrets.