Ciné-club Spirafilm : une première sous le signe de la mémoire

Ciné-club Spirafilm, 24 septembre 2012« On était voisins à Limoilou », lâche le personnage de Benoît Gouin dans Mémoires affectives (2004). Une phrase banale, sans importance pour une intrigue qui n’a rien de banale, elle, mais qui a chatouillé mon chauvinisme. Pourquoi Limoilou, pour reprendre la question à laquelle s’attarde mon collègue Érick Rivard?

J’ai pas étudié à Limoilou, j’étais au Cégep Garneau, mais j’avais beaucoup d’amis à Limoilou… Benoît Gouin, d’ailleurs, a vécu à Limoilou. Ça sonnait bien dans sa bouche, Limoilou. Pis je cherchais un quartier qui représentait bien Québec, je voulais pas juste dire ‘‘Québec’’ », m’a répondu le réalisateur Francis Leclerc, amusé d’être apostrophé sur un tel détail.

Mais voilà la beauté du Ciné-club Spirafilm, qui en est à sa troisième édition à la salle Sylvain-Lelièvre du Cégep Limoilou : bien mieux que les habituels suppléments d'une copie DVD, c'est l'occasion de profiter de la présence du réalisateur invité pour l'interroger sur tout et rien à la suite de la projection de son film. Un exercice particulièrement de circonstance pour Mémoires affectives car, au dire même de Francis Leclerc, « chacun comprend bien ce qu’il veut comprendre » de cette mise en scène pénétrante sur la mémoire. Mais encore fasciné par l’envoûtement dominant le travail de Bergman et de Tarkovski, il a rappelé son refus de se prononcer davantage sur les ramifications qui sous-tendent le drame vécu par le personnage de Roy Dupuis : « Personne n’a demandé à Picasso ce que ses toiles voulaient dire. »C’est justement dans le souvenir de cette densité, qu’on ne veut pas nécessairement creuser parce que la finalité de ce film est moins dans la compréhension que dans le senti, que j’ai assisté avec bonheur à cette projection. Un souvenir que partageaient d’ailleurs la plupart des quelque vingt personnes présentes (on espère une plus grande affluence pour la suite du cycle), qui n’en étaient pas non plus à leur premier visionnement de cette œuvre de Leclerc, l’une « des plus refusées de l’histoire du cinéma ». Mais qui, dans mon palmarès, fait partie de ma propre mémoire affective. Je dois avouer que le court-métrage d'ouverture, La liste (Catherine Breton, 2012), sur les désespoirs de l'Alzheimer, ne me laissera pas la même marque indélébile. Relevons néanmoins l'effort thématique de Spirafilm d'inscrire cette première soirée de la programmation 2012-2013 sous le signe de la mémoire.Prochain rendez-vous : Last train home de Lixin Fan, le 5 novembre à 19 h.[ À lire aussi : Jamais deux sans trois pour le Ciné-club Spirafilm ] [ Pour consulter la programmation complète ]