Circonscription de Jean-Lesage: le choc de Limoilou

Source : Baptiste Ricard-Châtelain, Le Soleil, 26 août 2012Dans la circonscription de Jean-Lesage, au coeur de la cité, force est de constater que la victoire se jouera probablement dans le Vieux-Limoilou. Signe qui ne trompe pas: c’est là que les candidats des quatre principales formations politiques nous ont donné rendez-vous.Depuis la dernière refonte de la carte électorale, Jean-Lesage a accueilli plus de 11 500 électeurs habitués de voter dans la circonscription de Taschereau avec la haute ville. Un terreau où germent bien les propositions péquistes et solidaires, convient le député libéral du coin, André Drolet, qui tente de décrocher un deuxième mandat. «C’est une nouvelle clientèle. C’est un défi.»Un défi, également, parce que Jean-Lesage n’est pas fidèle! Le libéral a séduit l’électorat en 2008, devançant ses adversaires par plus de 4200 voix. L’Action démocratique du Québec s’était pourtant installée solidement à la tête de la circonscription en 2007, avec une majorité similaire. Et, au milieu des années 90, c’est le Parti québécois qui l’avait emporté, toujours avec une avance équivalente – c’était dans l’ancienne circonscription de Limoilou aujourd’hui disparue.M. Drolet travaille donc fort pour se présenter aux nouveaux électeurs, pour les charmer. Le matin de notre rencontre, il visitait le Relais d’Espérance, un organisme communautaire planté sur la 4e Avenue. Peu scolarisé, le député de 58 ans dit se préoccuper de la clientèle démunie, puisqu’il aurait lui-même goûté à la pauvreté, jeune, sur la 2e Avenue. Depuis, il a gravi les échelons dans l’entreprise privée : d’abord représentant pour des entreprises de bière et de boissons gazeuses, il est devenu directeur des ventes. Il a aussi été copropriétaire de divers commerces, administrateur de la Chambre de commerce de Québec, président du Carnaval…Présent dans la circonscription, bien au fait des dossiers locaux, il doit maintenant redoubler ses efforts pour convaincre les citoyens de l’appuyer malgré les «allégations» troublantes circulant au sujet du manque de probité de la classe politique. «On ne mérite pas ça. Les exceptions ne confirment pas la règle. On oublie que le politicien, dans son comté, il travaille 70 heures et il travaille fort.»[ Lire la suite ]