Frustrations derrière le guidon

Source : Jean-Sébastien Massicotte, Le Soleil, 25 avril 2012.(…) C’est en amorçant la route vers chez moi, en remontant l’avenue du Bourg-Royal, à Beauport, que les choses se sont gâtées. D’abord, il y a eu cette auto qui a klaxonné sans retenue… après m’avoir dépassé! Comme j’étais on ne peut plus en bordure du chemin, j’ai eu ce réflexe de croire que c’était une connaissance qui me saluait bien maladroitement. Mais comme la petite Suzuki blanche qui m’avait collé ne m’était pas familière et qu’elle ne ralentissait pas, il fallait se rendre à l’évidence : c’était la façon du conducteur de m’indiquer son plaisir de me revoir sur sa route.Jusque-là, rien qui sortait de l’ordinaire au fond pour tous les cyclistes qui s’entraînent régulièrement. La jungle urbaine et ses aléas. Sauf que là où les choses sont devenues agaçantes, c’est lorsque, environ cinq minutes plus tard, le manège s’est répété. (…)En vélo ou en course à pied, malgré la prudence, il est fréquent de devoir tomber en «mode défensif» pour éviter le pire. Même dans des rues supposément tranquilles, où je sors avec mes filles dans leur poussette de jogging, il est habituel de devoir signaler les conducteurs distraits, pressés ou tout simplement négligents pour qu’ils conservent une distance sécuritaire ou qu’ils ralentissent en nous croisant. Sommes-nous rendus à ce point insouciants au volant pour risquer le pire dans une confrontation si inégale? (…)[ La suite. À lire notamment : La campagne anti-vélo d’une certaine radio… et Cohabitation auto-vélo : relation orageuse. ]