La Bouchée Généreuse : La guignolée à l’année (2)

Les pauvres diables font leurs emplettes et franchement, ça a l’air bon. D’une table à l’autre, le ou la bénévole derrière sa table dit : «1» ou «2». C’est le nombre d’articles que l’on peut choisir. C’est le branle-bas-de- combat dans l’enceinte. Bruno et moi, on est dans les jambes «attention!», «Excusez! Attention c’est chaud!», l’abbé est content que je sois là une journée où il y a de l’action. Je crois qu’un bénévole de La Bouchée Généreuse en vaut dix. J’en ai rarement vu d’aussi dévoués, ils sont là pour travailler. Bruno me raconte :

«Un jour un bénévole est allé en campagne vendre sa moto dans une foire pis il expliquait ce qu’était La Bouchée à un gars : «Nous autres ce qui nous manquerait c’est des frigidaires pis des congélateurs». Le gars à qui y parlait était propriétaire d’une compagnie de chambres froides industrielles ».À l’aide de son réseau de contacts, plusieurs compagnies qui fabriquent différents morceaux de chambres froides se sont donnés la main pour faire don d’un réfrigérateur et d’un congélateur industriel à la Bouchée voilà un mois. « C’est un beau cadeau de Noël, la Cadillac des chambres froides. ». Bruno est fier de me montrer les nouvelles installations. Il prend dans un panier un petit jambon : «Regarde!  C’est pas de la cochonnerie ça!».

On parcourt l’immeuble vers la porte d’entrée. On emprunte un corridor dans lequel une vingtaine de personnes font la file, numéro en main. Ils sont souriants et souhaitent Joyeux Noël à Bruno en lui tapant sur l’épaule chaleureusement. Bruno se retourne : «Allez dans un centre d’achats dans le temps de Noël, le monde ont l’air triste. Venez icitte, vous allez voir le monde sourire ».  Dans une salle attenante, les diables doivent assister à une séance d’information d’environ dix minutes. On remarque la faim dans leurs faces longues, mais c’est un passage obligé. Une dame d’Éconologis et une universitaire qui est là pour une étude expliquent leurs projets.
Encore une cinquantaine de personnes attendent dehors. Christine Ranger s’occupe de l’accueil depuis cinq ans.

-  Comment trouvez-vous la situation, est-ce que ça se détériore, ça s’améliore?- Les retraités qui viennent chercher de la nourriture, avant on n’en voyait pas de t’ça. Quand on était à Stadacona v’là un an, il y avait environ 200 personnes qui venaient nous voir par semaine, maintenant y’en a au dessus de 500! me répond-t-elle.- Le gouvernement ne nous donne pas d’argent, me lance L’abbé Verret.- Quoi? Vous recevez aucune subvention?- Non y veule pas parce que j’ai déjà été curé pis le gouvernement aime pas ça, même si je le suis pu.Bruno a démissionné de son poste de curé de la paroisse de Stadacona et de Saint-François d’Assise pour s’occuper uniquement de La Bouchée voilà dix ans.Merci pour la visite Monsieur Verret!

Si vous souhaitez donner un bon coup de main, la première source de financement de la Bouchée Généreuse, c’est son service de traiteur. «Lorsque vous utilisez nos services, vous aidez à combattre la pauvreté et l’exclusion sociale». Ce n’est pas cher (8 $ à 9,50 $ par personne) et frais du jour. Pour de l'information: 418 648-8588.D'autre part, l'organisme a pour projet de mettre sur pied une école pour les décrocheurs à Québec qui sera situé à l’arrière du Cégep Limoilou. L'équipe est à la recherche de partenaires désirant  aider à l’élaboration du projet ou simplement aider à créer une banque de contacts potentiels. Vous pouvez contacter Stéphane Moquette, bénévole de la Bouchée au 418 446-2000.Et vous pouvez bien sûr donner des meubles ou faire un don en argent.

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La Bouchée Généreuse

145, boulevard Wilfrid-Hamel

bouchegenereuse@bellnet.ca