Portrait de candidat (7) : Johanne Lapointe (Coalition Avenir Québec)

Johanne Lapointe, candidate de la Coalition avenir Québec. Photos: David-Maxime Samson, 21 août 2012.
Avant de se présenter pour la Coalition avenir Québec dans Jean-Lesage, Johanne Lapointe n’avait jamais fait de politique. Ce qui l’a amenée à se lancer? Le goût du changement. Le goût du nettoyage. C’est l’entrée en scène à la CAQ de Jacques Duchesneau, en début de campagne électorale, qui fut le déclencheur : « Quand j’ai vu M. Duchesneau, quand il a été annoncé, moi le message que j’en ai compris c’est que la Coalition était très sérieuse dans sa volonté de faire un grand ménage. » Née à Limoilou, Mme Lapointe travaille depuis près de 20 ans comme gestionnaire au sein d’une entreprise d’arrimage. Depuis, elle a déménagé à Notre-Dame-des-Laurentides, mais est demeurée attachée au quartier, dont elle continue de fréquenter les commerces et institutions.Ce qu’elle a à offrir aux gens du comté? Son écoute, son empathie, sa capacité à réaliser les mandats qui lui sont confiés et son souci d’intégrité. « Il faut redonner ses lettres de noblesse au service public et on ne l’a plus, ça. Ça fait partie du grand ménage. » Comment perçoit-elle le travail du député?

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C’est du service public. C’est le représentant de la population du comté à l’Assemblée nationale. C’est la voix des citoyens de Jean-Lesage. Et moi je considère que pour être la voix des citoyens, il faut avoir de l’écoute pour eux. »

Pouvez-vous nous présenter ce qu’est, pour vous, Limoilou?

C’est mon lieu de naissance. Et Limoilou, je trouve, est très représentatif. Je me reconnais encore beaucoup dans Limoilou. C’est un secteur de la ville que je trouve très vivant, très vibrant. On retrouve de tout : des jeunes familles, des étudiants, des personnes âgées… Il y a un tissu qui est très solide. Il y a de l’immigration. Je trouve que c’est un secteur de la ville qui est très dynamique. »

Quel bilan faites-vous du travail des députés sortants, André Drolet et Agnès Maltais?

Je ne veux pas critiquer ou porter un regard sur le travail qui a été fait ou par l’un ou par l’autre. Je suis venue avec les connaissances que j’ai, les capacités que j’ai, pour apporter du changement et je pense que ça répond à ce que la population attend : les gens veulent du changement. Je pense qu’on ne construit jamais quelque chose de très solide en critiquant. Je ne voudrais pas faire ça : je préfèrerais de loin vous parler de ce que, nous, on offre, des changements que l’on souhaite apporter. »

Qu’auriez-vous fait de différent si vous aviez été en poste?

J’aurais été profondément malheureuse d’être associée à un régime d’apparence de corruption. J’aurais été profondément malheureuse d’être associée à ça. Je ne pourrais pas tolérer ça. »

Le dossier prioritaire pour Limoilou, selon vous?

L’éradication de la corruption. Il faut que les gens redeviennent fiers de leur gouvernement, de leur député. Il faut que l’on réussisse à nettoyer et à faire disparaître l’odeur nauséabonde et le relent de corruption, de gaspillage. Ça a l’air d’un beau grand rêve, mais les premières sommes disponibles qu’on va pouvoir dégager, ça va être comme ça. Et je pense que c’est une grande victoire de faire ce ménage-là et de redistribuer l’argent où il aurait dû être au départ, c’est-à-dire aux citoyens. »

D’autres dossiers que vous jugez prioritaires?

Il y a une population importante de personnes âgées dans Jean-Lesage. Ce serait de tout mettre en œuvre pour supporter le maintien à domicile. C’est certain que ça a un impact majeur sur la qualité de vie des personnes âgées. On est capable d’aller chercher des gains, des économies et de mettre ça à leur service… Il faut prioriser le maintien à domicile, mais jusqu’au bout, avec tout ce qui vient avec, pour ne pas fragiliser le milieu de vie de ces personnes.Le support à l’immigration. On a dans le programme des engagements très spécifiques au niveau de l’immigration. Ce qui est prévu, c’est une diminution de l’immigration absorbée par le Québec, mais avec un encadrement, un support supplémentaire. C’est important pour des gens qui viennent s’établir ici, d’être capables de se placer sur le marché du travail et de le faire dans la dignité! Gagner sa vie, ça fait bien des choses au niveau de la dignité et ça facilite l’intégration des gens.Contribuer à la mise en place d’un plan de développement de l’entrepreneuriat pour le Québec et promouvoir dans Jean-Lesage les objectifs qu’il sous-tend. Ce plan, dont les balises seront définies de concert avec les intervenants du milieu de l’éducation, les entrepreneurs et le gouvernement, permettra de créer un véritable chantier axé sur le développement des compétences et de la culture entrepreneuriale au Québec. »

L’attention de Johanne Lapointe fut par la suite portée sur divers dossiers et enjeux locaux. Sur la question de la revitalisation du quartier D’Estimauville, elle préfère ne pas trop s’avancer, précisant qu’il s’agit d’un dossier municipal.

Le gouvernement libéral a été un partenaire de tout instant pour l’administration municipale. Ce serait la même chose avec un gouvernement de la Coalition avenir Québec. Ça ne donne rien d’essayer de faire la duplication dans les dossiers : ce sont des dossiers municipaux et on connaît la fougue de l’administration municipale! Le rôle est d’offrir tout le support qu’il est possible d’offrir. »

Sur la rétention et l’attraction de jeunes familles, la candidate de la CAQ estime que tout passe par les services de proximité.

Si on a une école, un pédiatre, un parc, si les services sont disponibles, je pense que c’est ce qui fait l’attrait d’une famille. Il faut s’assurer de les maintenir, que ce soit accessible dans des délais raisonnables. »

En matière de vie économique? Elle fait le pont avec la question de la White Birch, un employeur clef pour Jean-Lesage.

Et encore une fois, je pense qu’il faut être en support à toute tentative de redémarrage de cette entreprise-là. Il y a plusieurs familles, plusieurs pensionnés qui sont touchés. Et bien des retraités habitent toujours non loin. »

Questionnée sur le potentiel touristique et le pouvoir d’attraction du secteur, Mme Lapointe rappelle l’évolution et la transformation qu’a connue la 3e Avenue au fil des années.

La 3e Avenue, ce n’était pas du tout convivial et accueillant comme ce l’est aujourd’hui. Je pense qu’il faut qu’il y ait une prise en main du milieu d’abord, et là, on peut arriver en support et en renfort à ça. Il faut être supporteur d’initiatives qui viennent du milieu, comme ça s’est produit pour la 3e Avenue. Ce virage-là a été fait parce qu’il y a des gens qui y ont cru, qui y ont investi, qui ont eu beaucoup d’imagination. »

Et en ce qui concerne la vitalité culturelle du quartier? Même stratégie : appuyer les initiatives locales. En matière de lutte à la pauvreté, elle propose, dans un premier temps, de mieux intégrer l’immigration. « Je pense que ce serait un facteur important de lutte à la pauvreté avec tout ce qui s’ensuit », note-t-elle. Un autre axe d’intervention en matière de pauvreté : le secteur de Robert-Giffard. « Je pense qu’il y a un important problème de santé mentale. À ce niveau-là aussi, il y a peut-être des facteurs qui seront à adresser directement. » Et les organismes communautaires du secteur?

Règle générale, je suis très sensible au travail et à l’effort des organismes communautaires. J’aurai une écoute tout à fait favorable à ces gens-là, ils font un travail extraordinaire. Ce sont des gens qui ont des trésors d’imagination pour faire beaucoup avec peu et pour soulager énormément avec peu. »

L’incinérateur?

C’est purement municipal. Je pense qu’il y a une fermeture qui est prévue en 2024. C’est sûr qu’il y a une décision qui est annoncée de fermer. C’est quand même une installation qui est placée à la limite d’un secteur urbain et industriel. Donc, je comprends que les gens souhaitent que les opérations se déroulent avec le moins d’impact possible sur les secteurs résidentiels et ils ont raison. »

En ce qui concerne les dossiers de la ferme SMA et de l’enfouissement des lignes d’Hydro-Québec, Mme Lapointe a sollicité un délai afin de se prendre position sur ces enjeux. Ainsi, après réflexion, en ce qui concerne la ferme SMA, Mme Lapointe est d’avis que puisqu’un rapport final est attendu en février prochain, comme elle le souligne, elle s’engage à entreprendre advenant son élection le 4 septembre des discussions avec le groupe Valorisons SMA et les autorités de la Ville de Québec « afin d’identifier une solution qui soit de nature à exploiter le plein potentiel de ce terrain exceptionnel. » Sur le dossier de l’enfouissement des lignes électriques, elle se réjouit qu’un climat de discussions franches se soit établi entre Hydro-Québec et les représentants des citoyens. Par ailleurs, la candidate souligne qu’elle « demeurera extrêmement vigilante à l’égard d’Hydro-Québec afin qu’elle tienne compte de l’opinion des citoyens et de l’intérêt public avant de se lancer dans un quelconque projet. »

Le mot de la fin?

Je pense qu’il y a un message très clair dans ce qu’on entend de la population : les gens veulent du changement et veulent un grand nettoyage. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de me présenter et c’est la priorité que je me suis donnée. »

[ Suivez notre dossier Élections 2012 tout au long de la campagne sur monlimoilou.com/elections. Une série de rencontres avec les candidats des différentes formations dans Jean-Lesage sera publiée d’ici au jour du scrutin. ]