Portraits de candidats (6) : Pierre Châteauvert (Parti québécois)

Pierre Châteauvert, candidat du Parti québécois. Photos : David-Maxime Samson, 17 août 2012.
Lorsque Pierre Châteauvert a choisi de se lancer pour le Parti québécois, il n’a jamais considéré se présenter ailleurs que dans circonscription de Jean-Lesage. Il y vit. Il y est né. « Cinquième génération d’une famille du coin », ajoute-t-il. Son coin, il y est attaché, il y est resté accroché au fil d’une carrière faste dans la sphère politique. Membre du PQ depuis 32 ans, il a réalisé plusieurs mandats pour sa formation, que ce soit pour la commission Bélanger-Campeau, comme attaché politique aux Affaires autochtones, aux Transports, aux Ressources naturelles, aux Forêts, à la Faune, aux Affaires municipales, ou encore aux côtés de gens tels Guy Chevrette ou Bernard Landry, ainsi qu’à titre de directeur général du PQ en 2004-2005. Depuis 2006, il est consultant au Québec et à l’international.

Quand Pauline Marois m’a contacté pour m’inviter à plonger, ça m’a pris trois mois à me décider. Puis, elle m’a demandé "dans quel comté?"; j’ai tout de suite dit que ce serait chez nous, dans Jean-Lesage. Je ne me présenterais pas ailleurs. »

Pourquoi choisit-il de plonger? Pour « son monde ».

Ce que je veux faire, c’est d’aider mon monde, et mon monde c’est ici. C’est pour ça que j’y vais. Ça, et pour faire le ménage dans le gouvernement, et pour travailler avec la population à notre projet politique. »

Comme député, Pierre Châteauvert veut d’abord et avant tout être présent pour la population. Il lui offre son efficacité, sa sensibilité tout autant que ses connaissances du comté et de l’appareil politique québécois.

Pouvez-vous nous présenter ce qu’est, pour vous, Limoilou?

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C’est un comté de paroisses, qui fonctionne en paroisses, mais dont les institutions et les structures changent à grande vitesse… C’est ça le défi : de rattraper cette réalité-là. On parle encore de Saint-Fidèle, de Saint-Pie-X… Ce qui rassemblait ces gens-là, c’était l’église, toutes les institutions autour de l’église. Ça, c’est disparu. C’est ça qu’il faut remplacer, qu’il faut trouver pour restructurer, car cette réalité-là existe encore… En fait, c’est un des plus beaux coins à vivre à Québec. Un lieu en transformation, avec les défis qui viennent avec ça. Des coins qui avancent très, très bien comme la 3e Avenue, mais d’autres secteurs qui vivent des problèmes de pauvreté et de déstructuration encore importants. »

Quel bilan faites-vous du travail des députés sortants, André Drolet et Agnès Maltais?

Je remarque une présence énorme d’Agnès auprès des groupes communautaires. Chaque fois que je suis dans un groupe communautaire, on me dit "C’est vous qui allez remplacer Agnès!"… Elle a eu une présence très forte, ça, c’est clair… Disons que j’entends moins parler de M. Drolet. Je pense qu’il a fait sa job, mais ce n’est pas la même approche. Agnès était près du monde, de ces gens-là. Mon modèle d’action, ça va être Agnès par rapport à ça. Proche du monde, des groupes. Essayer de les aider. »

Qu’auriez-vous fait de différent si vous aviez été en poste?

C’est toujours la présence sur le terrain. C’est d’être présent. Il ne faut pas juste que tu sois là de 14 h 15 à 15 h parce que tu as, après, un rendez-vous pour une remise de médailles dans une école… Il faut que tu sois là tout le temps, que tu fréquentes les commerces… C’est fondamental. »

Le dossier prioritaire pour Limoilou, selon vous?

Il y a l’amphithéâtre. Il y a l’écoquartier. Ce sont des gros projets, et il ne faut pas que ça se réalise au détriment des populations environnantes. Je ne dis pas que c’est comme ça que c’est conçu, mais je dis que je vais porter une attention particulière pour que ça se fasse dans le respect de ces personnes… Si l’amphithéâtre arrive… Moi j’ai vu ça en voyageant un peu partout : des fois tu as des projets qui deviennent un espèce d’aspirateur, de vacuum. Tout se concentre là et c’est au détriment des secteurs environnants. Que ce soit des impacts sur l’habitation, ça peut chasser la population, ou sur les commerces. Il faut que ça se fasse correctement et qu’on soit sensible à ces populations-là… Dans notre plateforme régionale, on va finir la la promenade Samuel-de-Champlain jusqu’aux chutes Montmorency. Ça veut dire probablement reconfigurer l’autoroute… Y a-t-il un plus bel endroit, avec Maizerets, la Baie de Beauport, pour se construire à Québec que D’Estimauville? Et, en même temps, Giffard vit une détresse incroyable… Ça veut dire que l’écoquartier – et je sais qu’il y a une sensibilité à ça au niveau de la ville –, il va falloir que ça s’intègre bien avec l’environnement, avec les gens. Et ça, c’est un immense défi! »

D’autres dossiers que vous jugez prioritaires?

Henri-Bourassa. Il y a un problème de bruit énorme. C’est lié à la vitesse. La Ville veut réaménager Henri-Bourassa d’ici 2014. Ce que je veux, c’est que d’Antoine-Sévigny jusqu’à Dufferin-Montmorency, ils installent des portiques ou une structure permanente où il y aurait deux ou trois photo-radars qui se promèneraient, pour ainsi ralentir la circulation… Il y a une garderie, un hôpital, une piste cyclable, un CLSC, un CHSLD, des intersections où il y a du monde... On n’empêche pas le camionnage! En fait, ça va être encore plus fluide qu’avant : tous les feux sont synchronisés à 50 km/h!Tous les centres de la petite enfance. Nous, on a dit "un enfant une place". Et, d’ici quatre ans, on va le faire. On va monter ça à 250 000 places pour l’ensemble du Québec.La problématique de logement me préoccupe également. »

Le candidat péquiste a également été questionné sur des enjeux spécifiques. Sur la question de l’attraction et la rétention des jeunes familles, il rappelle les engagements du PQ en matière de CPE : « Limoilou, c’est un des plus beaux secteurs pour ça. Il y a une vie de famille, une vie de quartier. » Et pourquoi ne pas aussi appuyer des projets originaux, tel celui développé à l’école Saint-Fidèle? En matière de vie économique, Pierre Châteauvert note que, d’un côté, la réalité de Limoilou s’inscrit dans celle de Québec en matière d’employabilité, de chômage et que, de l’autre, il s’agira de bien canaliser les retombées des grands projets, tels l’amphithéâtre et D’Estimauville. Tout en favorisant des initiatives comme la création d’une SDÉ sur la 3e Avenue. Et en améliorant l’éducation et la formation permanente en profitant d’institutions déjà présentes dans le secteur, comme le Cégep Limoilou : « C’est ce qui amène l’amélioration des conditions de vie », rappelle-t-il.Du tourisme à Limoilou? Oui. Notamment à cause de la force de sa vie de quartier. Et aussi avec la présence du domaine Maizerets, l’un des « joyaux » de Limoilou. « De plus en plus, les gens de Québec le connaissent. Il faut en profiter! En plus que Saint-Pascal, c’est la jonction des deux principales pistes cyclables de la région. » Et plus le quartier sera dynamique, plus des projets seront mis de l’avant. « Le succès de ça sera le résultat des différentes initiatives qu’il faudra aider. » Idem en matière de vie culturelle. Cela, en profitant et maximisant des équipements existants, telle la salle Sylvain-Lelièvre. « Je suis d’ici, je veux que ça se développe! C’est à partir du moment où il y aura plus d’activités qu’il y aura plus de qualité de vie. C’est comme un engrenage positif! »Sur la question de la pauvreté, Pierre Châteauvert rappelle les réalisations de son parti, entre autres sur le développement de l’économie sociale.

On a lancé des initiatives, il faut aller encore plus loin. J’ai beaucoup de difficulté à vivre avec le fait que le Québec est une des sociétés les plus riches sur la planète et qu’il y ait autant de pauvreté… »

En ce sens, il indique qu’il faut également bien appuyer les organismes communautaires du secteur, mieux les accompagner. En matière d’aide alimentaire, d’éducation. D’immigration aussi, « une richesse », pour le quartier, qu’il est fondamental de soutenir, entre autres en matière d’apprentissage du français. Et peut-être de privilégier des initiatives liées aux cuisines collectives, « qui brisent l’isolement ». Ou se préoccuper des réalités de la prostitution, autour d’initiatives telle la Maison de Marthe. Ou encore des organismes comme Craque-Bitume : « Y a-t-il quelque chose qu’on pourrait lancer au niveau de l’agriculture urbaine? », lance-t-il.Et la White Birch?

Je veux que ça demeure ouvert… Je déplore le temps que ça a pris pour arriver à une intervention. J’ai vu un vice-premier ministre et un ministre rencontrer un mardi soir un représentant de compagnie pour sauver 30 jobs à Lac-Mégantic, parce "qu’on venait d’apprendre que"… Ici, ça a pris deux ans et demi. »

L’incinérateur?

C’est une grosse question. La Ville dit qu’il est à pleine capacité et veut le fermer… Mais les déchets, il faut les mettre quelque part! Il faudra réduire les ordures, les valoriser d’une autre façon. La Ville a un plan, assurons-nous qu’il se réalise dans les meilleurs délais. »

L’enfouissement des lignes d’Hydro-Québec?

En 2012, ils ont passé une ligne à haute tension en dessous du fleuve. On est capable de passer une ligne ailleurs que dans la face du monde ici. Ça, c’est très clair. En sécurité… Pour ne pas faire peur au monde… Il y a de l’espace! »

La ferme SMA?

C’est certain que ce coin-là a un gros potentiel de développement, au niveau du parc technologique par exemple. Il y a probablement une façon de satisfaire tout le monde dans ce coin-là, qu’il y ait une utilisation qui puisse combler l’ensemble des besoins. »

Le mot de la fin?

Je suis né ici. Je vis ici. C’est mon milieu. Et si les gens me font l’honneur de me choisir, je ne disparaîtrai pas. Les gens pourront toujours me parler parce que je fréquente les mêmes commerces, les mêmes institutions, le même territoire que mon monde. Ils pourront toujours me dire ce qui va, ce qui ne va pas. Ça me fera toujours plaisir : j’aime jaser avec le monde. Je suis là pour mon monde, je vais travailler pour mon monde. »

[ Suivez notre dossier Élections 2012 tout au long de la campagne sur monlimoilou.com/elections. Une série de rencontres avec les candidats des différentes formations dans Jean-Lesage sera publiée d'ici au jour du scrutin. ]