Portraits de candidats (9) : Debelle Michel (Indépendant)

Debelle Michel, candidat indépendant. Photos: Jean Cazes, 28 août 2012.
Crédit photo: Archives de la Ville de Québec
Un homme d’affaires. Un homme de relations publiques. Un homme d’action. C’est ainsi que se présente le candidat indépendant dans Jean-Lesage, Debelle Michel. Originaire d’Haïti, il est au Québec depuis 12 ans. Étudiant, il termine actuellement un MBA à l’Université Laval, après y avoir complété un baccalauréat en théologie et sciences des religions. « Peu importe le gestionnaire, on a toujours besoin d’avoir un minimum de connaissances en gestion », lance-t-il.Il a fait le choix de se présenter comme candidat indépendant afin d’éviter l’obligation de suivre la ligne de parti. « L’un des meilleurs moyens pour pouvoir défendre les intérêts du peuple, c’est d’être indépendant! Vous avez plus de liberté de parole. » Et, de ce fait, il espère créer plus de dynamisme au parlement. Cela, en faisant montre d’écoute active envers ses citoyens, ajoute-t-il : « C’est-à-dire, d’être toujours en contact avec ce peuple, d’écouter, comprendre leurs besoins, et d’aller les défendre à l’Assemblée nationale. »

Résidant de la Haute-Ville de Québec, il a été interpellé par les réalités et les enjeux de la circonscription de Jean-Lesage, où il a choisi d’offrir ses services.

Dans Jean-Lesage, j’ai côtoyé les gens, je connais beaucoup les gens. Les enjeux de Limoilou m’interpellent beaucoup plus que ceux d’ailleurs. J’ai un plan d’action local et je ne pourrais pas me permettre de me présenter dans n’importe quelle circonscription, qui ne correspond pas à ce que moi-même je prévois développer ou, du moins, à mon plan d’action. »

Pouvez-vous nous présenter ce qu’est, pour vous, Limoilou?

Limoilou c’est un secteur qui se divise en trois zones, soit Maizerets, le Vieux-Limoilou et Lairet. Lorsqu’on regarde, selon une étude publiée en 2003 par la CDEC sur le portrait de Limoilou, dont les constats coïncident avec ce que j’ai entendu dans la rue, le revenu moyen se situe entre 10 000 $ et 20 000 $.Aussi, l’un des enjeux qui m’a interpellé beaucoup, c’est que cette étude a fait comprendre que, lorsqu’on compare ces trois secteurs, on voit que le Vieux-Limoilou et Maizerets sont les quartiers les plus pauvres, comparativement à Lairet et, en termes d’éducation, 60 % de ceux qui habitent ces deux zones n’ont pas leur secondaire 5! Il y a matière à travailler là-dessus. Pourquoi est-ce comme ça? Peut-être le décrochage scolaire, peut-être un manque d’encadrement, peut-être que les gens sont laissés seuls. Il y a aussi une tendance qui se dessine : il y a beaucoup de familles monoparentales dans ces deux quartiers. Et c’est là où on trouve beaucoup plus de pauvreté. Aussi, dans Maizerets, le chômage est beaucoup plus élevé.Tous ces enjeux m’ont interpellé : je suis un homme du peuple, j’aime les gens. Je ne suis pas là pour critiquer ce qui a été fait dans le passé, je suis là parce qu’il y a des besoins et que les gens veulent que ces besoins soient réglés. »

Quel bilan faites-vous du travail des députés sortants, André Drolet et Agnès Maltais?

Je suis quelqu’un de très positif, je ne suis pas là pour critiquer les gens. Je suis là pour les besoins du peuple. Il y a beaucoup de gens dans la rue que je rencontre et qui me disent, de façon informelle, qu’ils ont eu beaucoup de besoins dans le passé, mais que ces besoins n’ont pas pu être comblés. Il y a des gens qui me parlent de la problématique des ressources pour les personnes qui ont des troubles mentaux. Ils me disent aussi qu’ils ont un fort sentiment d’appartenance pour Limoilou, mais qu’avec le fait qu’on est en train de développer le quartier, ils ont le sentiment d’être rejetés. Avec tous ces condos qui se créent, ils disent, "oui, c’est bien", mais ils pensent qu’on devrait les inclure! Ces logements, c’est bien pour le secteur, mais on devrait inclure tout le monde, même les plus défavorisés. »

Qu’auriez-vous fait de différent si vous aviez été en poste?

Un peuple éduqué, ça assure l’avenir dans tous les sens, que ce soit le développement économique ou autre chose. J’aurais fait tout ce qui dépend de moi, je me serais présenté devant l’administration publique pour aller chercher des ressources pour régler ce problème. Que 60 % des gens n’atteignent pas leur secondaire 5, ça, ce n’est pas normal. »

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Le dossier prioritaire pour Limoilou, selon vous?

Les enjeux clés du secteur? Ils sont nombreux selon Debelle Michel : logement, commerce, allocations, familles, aide sociale, éducation, santé, impôts, salaires.

Moi, ce que je fais, je propose un plan d’action. Contrairement aux autres partis qui font plusieurs promesses électorales, je propose ce plan d’action : lorsque je serai élu, je vais mettre sur pied des comités directeurs. Ce sont ces comités qui vont réfléchir sur des thématiques, des enjeux. Je vais m’assurer que dans chacun de ces comités, les gens viennent de la communauté, que ce soit des associations, des organismes privés ou publics, des citoyens de différentes couches sociales, des élus. »

Ces comités auront à se réunir de façon mensuelle ou bimensuelle :

Ils vont écouter le peuple, collecter les besoins, travailler sur certaines données, puis faire des propositions. Puis, moi-même, en tant que député, je vais me charger d’aller défendre ces propositions à l’Assemblée nationale. »

Il y aurait ainsi six comités distincts : logement; commerce; allocations, aide sociale et impôts; famille et santé; intégration sociale et équité salariale; vie associative, éducative et communautaire.

Moi, je ne fais pas de promesse électorale, d’autant plus qu’un candidat indépendant ne pourra pas former le gouvernement! Moi, mon objectif, c’est de m’assurer, lorsqu’il y aura une certaine disponibilité des ressources, que les gens de ce quartier puissent trouver les ressources qu’il faut pour pouvoir combler leurs besoins. »

D’autres dossiers que vous jugez prioritaires?

Je pense qu’on a fait le tour! Et je suis là pour défendre l’intérêt de ma localité, de ma communauté. Si je suis élu, mon rôle est de contrôler l’action gouvernementale. Le rôle d’un député, c’est d’être un législateur, de s’assurer d’être un véritable intermédiaire entre l’administration publique et le peuple. Moi, je veux m’assurer de vraiment accomplir mon rôle! »

Le candidat indépendant fut également questionné sur différents enjeux et priorités spécifiques lors de l’entrevue. Entre autres sujets, il s’est montré ouvert au développement touristique du secteur Limoilou.

Il y a toute une histoire qui est attachée à Limoilou : attirer les touristes ne serait pas mauvais. Ça pourrait permettre de faire comprendre ce qu’est Limoilou et ça pourrait avoir des retombées économiques. »

En matière d’immigration, il remarque le côté cosmopolite de Limoilou, autant dans le secteur de Saint-Pie-X qu’ailleurs dans la circonscription. « Je veux m’assurer que les gens puissent se sentir intégrés et qu’ils puissent avoir les ressources qu’il faut pour répondre à leurs besoins. »Mais, quel que soit l’enjeu exploré, il a rappelé la place qu’il compte donner à ces comités directeurs, indiquant que ce seront aux citoyens et aux organismes du secteur de spécifier besoins et solutions.

En créant ces comités, on préconise la gestion participative, pour que tout le monde puisse participer dans la prise de décision et faire en sorte que tout le monde puisse se sentir vraiment intégré, être à l’écoute des gens! »

Ce sont donc ces comités qui détermineront quel regard le candidat portera sur les dossiers thématiques liés à la vie économique et culturelle, ou encore à la lutte à la pauvreté ou à la rétention des jeunes familles, entre autres sujets, de même que sur des dossiers spécifiques telle la question de la White Birch, de l’incinérateur, de l’enfouissement des lignes d’Hydro-Québec ou de la ferme SMA. « Je n’ai pas de solutions miracles : ces gens, qui feront partie de ces comités, vont collecter les besoins, les données, et c’est eux qui feront les propositions. »

Le mot de la fin?

Je veux dire aux citoyens de Limoilou que de me choisir comme candidat indépendant, c’est voter pour la voix de la gestion participative, c’est de s’assurer que tout le monde participera à la gestion et au développement de sa propre communauté et, également, c’est de s’assurer que tout le monde ait son mot à dire sur tout ce qui se fait sur le plan provincial. Voter un indépendant, c’est aussi s’assurer de bien défendre le peuple, les citoyens, et de donner suite à leurs requêtes. J’encourage les gens d’aller voter pour moi, Debelle Michel, candidat indépendant pour la circonscription de Jean-Lesage. »

[ Suivez notre dossier Élections 2012 tout au long de la campagne sur monlimoilou.com/elections. Une série de rencontres avec les candidats des différentes formations dans Jean-Lesage sera publiée d'ici au jour du scrutin. ]