Portraits de candidats (1) : Christian Saint-Pierre (Option Nationale)

Arrivé à Limoilou depuis peu, Christian Saint-Pierre est déjà amoureux du secteur. Il faut dire qu’il l’a fréquenté, régulièrement, avant d’y habiter. « En fait, c’est ce qui m’a amené à rester dans le quartier », explique le candidat d’Option Nationale dans Jean-Lesage.Il est travailleur autonome. Sa spécialité : gestion d’événements culturels. « J’ai fait le choix d’avoir mon propre horaire, d’aller vers les projets qui m’intéressaient. » Une décision qui implique beaucoup d’insécurité, mais aussi beaucoup de liberté. Au fil des années, le candidat a entre autres travaillé au sein d’événements tels le Festival d’été, le Carnaval ou les Fêtes de la Nouvelle-France. Improvisateur, il figure également parmi les fondateurs de la Ligue d’improvisation de Québec et des Architectes, dont il est le directeur artistique. En 2011-2012, il a également animé l’émission La fausse patte à CKRL, un engagement communautaire qui a contribué à son lancement en politique.

Ce qui m’intéresse, c’est l’être humain dans tout ça. Il faut que les bottines suivent les babines. J’ai toujours été impliqué dans ma communauté de bien des façons. Je voulais faire une ligue d’improvisation, je l’ai faite. Je voulais être travailleur autonome, je l’ai fait. Je veux que le Québec soit souverain, je vais le faire! Ça a l’air prétentieux comme ça… Mais ça m’a pris beaucoup de temps pour me lancer, car j’ai parfaitement conscience que je ne verrai peut-être jamais le bout de ce projet. »

Comme député, Christian Saint-Pierre souhaite d’abord et avant tout être une formidable paire d’oreilles, doublée d’une grande gueule.

Le député, c’est un porte-parole. Gérald Godin disait que toutes les solutions aux problèmes des Québécois sont dans la tête des Québécois. Les gouvernements se présentent toujours aux élections avec des idées béton, mais le béton finit toujours par se fissurer… Godin croyait aux idées artisanales et c’est ce que je propose de faire. Quand les gens me demandent si j’ai des idées pour la circonscription – j’ai des idées, évidemment! –, je leur demande toujours, d’abord, quelles sont leurs idées à eux. »

Pouvez-vous nous présenter ce qu’est, pour vous, Limoilou?

Photo : Jean Cazes.

Pour moi, Limoilou, le centre, c’est ce à quoi va ressembler le Québec dans 15 ou 20 ans. On composte à Limoilou. On trippe sur le commerce de proximité, on fait de l’urbanoculture. On fait des fêtes de quartier dans les ruelles. Ce qui se passe ici, je veux que ce soit ça qui se passe partout. Je veux m’inspirer de ça, je veux mobiliser ce quartier, le mettre en valeur, le montrer à tout le monde, pour qu’ils voient qu’il se passe de belles choses ici. »

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Quel bilan faites-vous du travail des députés sortants, André Drolet et Agnès Maltais?

La sauvegarde du Centre Mgr Marcoux, c’était dans les promesses en 2008 et ça n’a pas évolué! Ça revient du pareil au même! À CKRL, il faut rendre ça à Mme Maltais, quand c’était le temps du financement, elle a toujours été présente, a toujours donné un coup de pouce à la radio communautaire. Pour y avoir déjà oeuvré, CKRL est vitale pour le quartier. C’est un lieu d’expression citoyenne extraordinaire... Je pense que par le régime néolibéral, on est tombé dans un système d’individualisme et de compétition, et le milieu de Jean-Lesage où est André Drolet depuis 2008, c’est un milieu qui devrait plutôt s’unir. Le système néolibéral encouragé par le parti d’André Drolet a mené à la fermeture d’usines, à la perte d’emplois, à la crise économique. »

Qu’auriez-vous fait de différent si vous aviez été en poste?

Juste pour la crise de ce printemps : c’est quoi de s’asseoir avec les gens, de voir leurs solutions? Il ne faut pas qu’un député se dresse face à sa population, en faveur de son parti. Ça n’a pas de sens. Quand t’es député, sans tes citoyens, t’es député de rien! T’es premier ministre de rien sans tes citoyens! Ils ont complètement oublié ça. La seule chose à faire de mieux, c’est de retourner dans la rue, pas pour taper sur les casseroles comme d’autres politiciens l’ont fait, mais pour s’asseoir et demander aux gens pourquoi ils tapent sur les casseroles, trouver des solutions et se battre pour les appliquer! »

Le dossier prioritaire pour le quartier Limoilou, selon vous?

Le Centre Mgr Marcoux. C’est le cœur d’un quartier qui est en pleine effervescence avec l’arrivée de nouveaux habitants qui sont d’autres cultures. Il faut garder un cœur dans un quartier et se servir de cette installation-là, faire converger tout ce monde-là, et les faire travailler ensemble. »

D’autres dossiers que vous jugez prioritaires?

Je vais me tenir très au courant de la mécanisation du compost. J’ai hâte de voir comment ça va se développer. C’est une bonne idée, mais c’est très coûteux. Peut-être qu’il y aurait des trucs plus simples à faire avec ça. De l’urbanoculture, par exemple. Il y a beaucoup de stations-service qui ont fermé à Limoilou. Il faut absolument trouver un projet pour racheter ces terrains-là, les décontaminer et en faire des jardins communautaires. Les toits verts également. C’est tous des toits plats à Limoilou. Faisons-le, allons-y!Mettre des arbres sur Henri-Bourassa, pour rendre ça plus beau et couper le son. C’est l’entrée au port, donc c’est important qu’il y ait de la circulation… La meilleure façon d’insonoriser, c’est les arbres! Et ce n’est pas un projet si coûteux!Étendre ZAP Québec dans toute la circonscription. D’ailleurs, Option Nationale est pour ça : mettre Internet partout et à bas prix. Il y a déjà la moitié de la circonscription qui l’a! Pourquoi pas le faire partout? »

Le candidat d’Option Nationale a également été invité à se positionner sur une variété de dossiers et préoccupations. Il voit d’un bon œil la relance de D’Estimauville. « C’est un axe passant, un axe de jonction. Il y aurait moyen d’en faire une artère dynamique, de créer une onde de choc à partir de là. Ce serait un bon point de départ, un catalyseur », observe Christian St-Pierre. Questionné quant à l’attrait du quartier pour les jeunes familles, il propose la création de jardins communautaires et d’espaces verts, l’ajout de places en garderie, la bonification de l’offre culturelle.

Peut-être aller chercher des partenaires pour démarrer des coops, des OBNL, qui offrent des cours artistiques dans les locaux qui existent déjà? Un projet local, où on recrute nos professeurs, on cherche à avoir un prix abordable, et on offre nos cours! Le plus important c’est la souveraineté locale, des projets d’initiative populaire : réapproprions-nous notre communauté comme on va se réapproprier notre pays! »

En matière de culture, il déplore l’absence d’une salle de spectacle de petite à moyenne envergure dans le secteur. « Peut-on trouver une salle de spectacle adaptée à Limoilou, qui peut recevoir 100 personnes? » Et du tourisme? Peut-être pas. Mieux vaut conserver la qualité de vie du secteur, telle qu’elle est, et valoriser le quartier auprès de la population de Québec. « Tout le monde va dans le Vieux-Québec, dans Saint-Jean-Baptiste, prendre un verre au Sacrilège, un repas à La Campagne. Pourquoi les gens ne viendraient pas ici, prendre un verre au Bal du Lézard, manger au Port de la Goulette? »Pour assurer la vitalité économique du secteur, Christian Saint-Pierre propose de mettre en place des mesures qui assureront la qualité de vie de ses citoyens. « Les gens qui sont déjà présents doivent être encore plus contents d’être là, faire des projets, dynamiser le milieu, lui donner de l’énergie et tout ça va s’enclencher. Ça va donner un cercle vertueux! » Quant aux dossiers liés à l’immigration, à l’intégration, la clef, selon lui, c’est la rencontre : « Il faut créer des événements qui vont amener les gens à se parler, des activités qui vont mettre en valeur leur culture, notre culture, et partager. »Cela, en continuant la lutte à la pauvreté, mais en l’axant sur les outils plutôt que l’aide directe. « Apprendre à pêcher plutôt que de donner du poisson », rappelle-t-il. Appuyer des projets de création de petites entreprises. Et continuer également de renforcer la présence et le mandat d’organismes communautaires du secteur, comme Craque-Bitume ou encore Autonhommie. « J’ai eu un coup de cœur pour cet organisme. C’est une cause dont on ne parle pas souvent, et je trouve qu’il est important qu’ils soient ici. »La White Birch? En faire une coopérative. L’incinérateur? Diminuer son utilisation à la base, en favorisant le recyclage, le compostage. L’ enfouissement des lignes d’Hydro-Québec dans le secteur? « On l’a fait sur la 3e Avenue, il faudrait le faire partout. » La ferme SMA? « Je comprends le règlement municipal. Il faut respecter les règles, mais il faut aussi se rappeler que les règles sont faites pour évoluer, pour suivre les gens. » Et également mettre en place un système de remises à neuf et de prêts de vélos.

Le mot de la fin?

Notre circonscription vit déjà les enjeux du Québec de demain : immigration, ville verte, commerces de proximité, urbanoculture, développement de la culture, jeunes familles, PME, urbanisme responsable… Jean-Lesage est avant son temps. La communauté de Jean-Lesage a tout entre ses mains pour devenir un exemple à suivre. On peut donner le ton au Québec de demain. »

[ Suivez notre dossier Élections 2012 tout au long de la campagne sur monlimoilou.com/elections. Une série de rencontres avec les candidats des différentes formations dans Jean-Lesage sera publiée d'ici au jour du scrutin. ]