Visages du quartier (3) : L’univers électronique de Saul B

Saul BDepuis son arrivée en terre québécoise, en 2005, Saul Bogatti, alias Saul B, fait entendre ses beats et offre ses sets ici et là, de Québec à Venise, en passant par Hong Kong. Dans la Capitale, on l’entendra dans divers bars et restaurants tels le Cosmos, la Cuisine ou le Cercle, ainsi que lors d’événements comme Woodstock en Beauce ou les soirées bénéfices des Jeunes musiciens du monde. Rencontre à saveur exploratoire avec un amoureux de la musique.C’est dans les clubs qu’il a eu la piqûre de l’électronique. À une époque où Iron Maiden trônait dans son baladeur, il découvre Technotronics et Pump Up the Jam. C’est le coup de foudre. « J’écoutais des sonorités que je n’avais jamais entendues auparavant », se souvient Saul B. Il s’intéresse à cette scène, qu’il explore de plus en plus. En 1993, à force de voir les DJs à l’œuvre, il décide de faire le saut et réalise ses débuts derrière les platines. D’abord dans la création de sets musicaux et la recherche, puis, au début des années 2000, dans la composition.Dans l’un comme dans l’autre, son passé musical le sert, indiscutablement.

Le fait d’avoir déjà joué du piano, de connaître les accords, les harmoniques, ça m’aide énormément dans mon travail, ça me permet de faire les choses plus naturellement. Dans l’électro aujourd’hui, il y a beaucoup d’échantillonnage, c’est plus facile de composer sans connaissance, mais, à l’écoute, on sent qu’il y a des DJs qui sont différents… »

Évidemment, qui dit musique électronique dit également « équipement ». En effet, il est nécessaire d’avoir des outils pour bien faire son travail, tout particulièrement dans un monde où la technologie évolue rapidement, change, se transforme.

À l’époque, c’était plus compliqué. Démarrer était beaucoup plus onéreux. Les gens qui se lançaient se devaient de faire de grands efforts, parce que l’investissement était tellement grand. Aujourd’hui, tout ça peut se faire pour moins cher. Les instruments ont beaucoup changé, ils se sont adaptés. Et il faut aussi se garder du temps pour explorer, pour apprendre les logiciels. »

Cette exploration, Saul B la mène de front dans son studio de Limoilou : écoute, recherche, expérimentation. Tout ça sans se laisser écraser par ses outils :

Le secret, c’est d’aller au-delà de ces outils, d’utiliser la technologie pour faire quelque chose de plus. Il ne faut pas que ces moyens nous rendent paresseux! »

Recherche musicaleIl faut dire qu’à la base du travail de DJ, il y a, justement, la recherche. Parce qu’il est difficile de créer des bons sets si on n’est pas à l’affût des nouveautés, si on manque de connaissances.

En fait, la recherche, c’est la grosse partie de mon travail. On passe des heures sur Internet, à chercher des pages, des groupes, des pièces. Ça représente des heures et des heures d’écoute », remarque Saul B.

Qu’est-ce qui fait qu’une pièce l’accrochera ou non? Une affaire d’instinct.

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J’ai l’image de quelqu’un qui danse dans mon esprit. Lorsque j’écoute la pièce et que je le vois danser, que ça correspond au feeling que je cherche, à la vibe que je veux, je l’achète. »

Sa banque musicale est en constante évolution. Facilement adaptable, en fonction de son inspiration du moment ou selon ce qui se passe sur la piste de danse.

Dans un bon DJ set, il ne faut pas être trop au service du public, mais il ne faut pas en être déconnecté non plus. La clé, c’est l’équilibre. » Cela, sans se donner trop de contraintes, stylistiques, rythmiques. « Je m’étends facilement. Rarement, je ne ferai cinq heures dans la même direction! »

Son meilleur set? Peut-être à Woodstock en Beauce, en juillet 2010. « La crowd était un public plus rock’n’roll. Je me suis dit que, puisque c’était une crowd rock, il faudrait qu’il y ait quelque chose sur la scène. J’avais des ballons à lancer. Des projections en arrière-scène. Un percussionniste. La réponse a été très, très bonne! » Ou sinon le rave Vertigo, à l’Observatoire de la Capitale. 31e étage de l’édifice Marie-Guyart. « Tu joues, tu vois tout la ville, le soleil se lever… »De l’Italie à LimoilouC’est en 2005 que Saul B arrive au Québec. Un peu parce qu’il était entraîné par le désir d’autre chose, d’autres cultures. Surtout par amour et pour l’amour. Une fois débarqué, il fait la tournée des clubs, offre ses services. Et trouve rapidement du travail.

Ici, les gens sont ouverts et te donnent une opportunité. En Italie, c’est différent… Au Québec, c’est une méritocratie : quand tu as du mérite, c’est reconnu. En Italie, c’est plutôt par contacts, par réseaux. »

Et il installe ses pénates dans le quartier Limoilou.

J’aime bien ce quartier, il y a une belle vie, de l’animation… Et c’est un quartier très multiculturel. Comme je viens d’un autre pays, c’est intéressant. Il y a une belle vibe qui ressort de Limoilou. De la jeunesse. On sent que c’est un quartier en croissance. »

Il y a installé son studio, au sous-sol de son domicile. Outre la recherche, il expérimente de plus en plus avec la composition ces dernières années. Il y conçoit ce qu’il présente comme « une musique électronique à saveur nostalgique, avec un fort côté mélodique ». Pour le plaisir de créer, surtout. Quitte à en insérer, çà et là, dans ses sets, si l’ambiance et l’esprit le permettent, pour la partager. Un peu comme certains de ses sets qu’on peut trouver en intégral sur le www.saul-b.com. Pour le plaisir de la musique.[ Saul B sera du Piknik electronic ce dimanche 19 août à la Baie de Beauport à 15h. ][ À lire aussi : Visages du quartier (2) : Amitié, musique et Sam Murdock ]

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