Cet intolérable bruit

On apprenait la semaine dernière que les résidents de Limoilou en ont assez du bruit. Ce n’est pas nouveau et le sujet fait à chaque fois jaser. Que ce soit lorsqu’on fait l’annonce d’un nouveau Karaoké ou lorsqu’on rapporte les propos de certains citoyens exaspérés par le bruit des motos et camions du quartier, les lecteurs réagissent et se vident le cœur.

Les faits sont là et plusieurs études démontrent maintenant les effets néfastes du bruit sur le développement et la qualité de vie humaine. Un peu comme pour la pollution lumineuse, la pollution sonore peut engendrer du stress, des troubles de sommeil et des effets sur la santé physique et psychologique. Certaines réglementations, comme le contrôle plus serré du bruit émis par les motos, ont été mises en place pour contrer une partie de ce phénomène, mais cela ne semble pas suffisant, ou du moins, inappliqué pour l’instant.D’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à évoquer cette intolérance au bruit. Déjà en 2010, Ghislain Poirier, DJ montréalais, publiait une lettre ouverte qui relevait une contradiction forte dans les milieux d’ébullition culturels. Tout le monde veut vivre dans un quartier cool, branché, ouvert sur le monde, mais personne ne veut du bruit et l’animation qui vient avec. Bref, on veut vivre dans un milieu culturellement riche, mais sans les inconvénients.Et puis, en octobre, ce fut la consternation. En effet, les promoteurs d’un spectacle au célèbre bar Les Bobars de la rue St-Laurent ont du arrêter un spectacle et payer une amende de 1250 $ à 23 h 50. La raison? On entendait la musique en dehors des murs de l’établissement et un voisin proche a déposé une plainte. Il n’en fallait pas plus pour relancer le débat. De jeunes musiciens lancèrent une campagne, #SaveThePlateau, pour dénoncer la grandissante intolérance des nouveaux résidents du quartier et du danger sur l’avenir de la culture que cela provoque.

Tout comme à Montréal, est-ce que toute cette intolérance serait un autre phénomène lié à la gentrification annoncée de notre quartier? Cette jeune et professionnelle clientèle attirée par la vague limouloise serait-elle intolérante au bruit de la ville? Serait-ce que ces nouveaux arrivants, fraîchement débarqués d’une enfance tranquille en banlieue, veulent tout obtenir du côté branché et dynamique d’un centre-ville sans en vivre les désagréments?

Pour l’instant, je n’en sais rien, mais je crois que le débat est loin d’être terminé. Heureusement, dans un avenir rapproché, je crois que l’on pourra rétablir la paix entre ces dits générateurs de nuisance et les citoyens. En effet, un appareil d’annulation de bruit (noise cancelling) pour fenêtre est présentement rendu à l’étape du prototype. Cet appareil, qui sera simplement apposé sur une fenêtre, agira comme des écouteurs à annulation de bruit, rendant inaudibles les bruits nuisibles de l’extérieur.

Mieux encore, il vous permettra de laisser filtrer les bruits désirés, comme le chant des oiseaux, et de remplacer certains sont agaçant pas quelque chose de plus agréable, à votre choix.