La banlieue contre le centre-ville

Secteur Sainte-Foy
Heure de pointe à l'entrée des ponts... 8 novembre 2013
Source : Le Soleil, Louis-Jean Rousseau (Carrefour du lecteur), 13 novembre 2013 L'élection répétée de Régis Labeaume confirme bien une tendance qui s'est installée à la suite des fusions municipales à Québec : les banlieues contre le centre-ville. Quand on regarde la carte des élus de Démocratie Québec, on constate un regroupement des trois circonscriptions urbaines contiguës, et comme les banlieusards sont les plus nombreux, ce sont eux qui dirigent la ville fusionnée. En fait, ce sont deux univers sociaux, deux modes de vie qui s'affrontent : des banlieues-dortoirs contre un centre-ville densifié, la voiture (pour ne pas dire les deux voitures familiales) contre le transport en commun, les centres commerciaux contre les commerces de proximité, des banlieues sans trottoir (donc sans piéton) contre un centre-ville animé, le chacun-pour-soi dans sa cour contre une convivialité urbaine. Et c'est la majorité banlieusarde qui décide désormais comment on doit vivre au centre-ville.Tout cela a des conséquences au moment de la prise de décision concernant le développement des autoroutes sans voies réservées pour le transport en commun, la concentration des manifestations festives et bruyantes au centre-ville afin de ne pas troubler le sommeil des banlieues-dortoirs, etc.Je finis par penser que dans le cas de Québec, la fusion - apparemment réussie - est un échec, et qu'il aurait été préférable de mettre en commun un ensemble de services tout en conservant l'autonomie des villes. Mais on a voulu faire plus gros en faisant croire que ce serait plus fonctionnel et moins cher !