La Dynastie Moka Plus

Le Moka Plus a fermé ses portes environ une semaine pour se refaire une beauté. À 62 ans, il avait besoin d’un lifting. C’est devant un beau comptoir en bois neuf que je me suis présenté. Ce n’est pas la première fois que je viens au Moka Plus, j’habitais sur la 11dans une autre vie, alors je m’y rendais presque une fois par mois, surtout pour les frites. Je savais que ce serait plus tranquille vers 15 h et, puisque je n’avais pas dîné encore, j’avais foutrement la dalle.C’est après avoir mangé des frites du Moka que ma mère, qui nous rend visite régulièrement, avait développé sa maladie : chaque fois qu’elle venait à Limoilou, elle avait le goût de manger des frites. Après six mois de sevrage, l’effet a diminué, mais il est ancré profondément dans son « ça ». Au moins deux personnes sont reparties avec une livre de frites pendant ma visite.  Vers 17 h, on entre et on sort. Les habitués s’emparent du comptoir à tous les jours, si bien qu’on doit attendre parfois sa frite debout. Mais ce n’est pas grave, car les blagues fusent et on a l’impression de retrouver le véritable « Vieux-Limoilou », le populaire, celui des travailleurs. Ici, on connaît les clients par leurs noms et quand ils ne viennent plus un temps, on s’inquiète :

T’as-tu eu des nouvelles de Gilles, y’est pas v’nu depuis un ti boutte?Il doit être malade…? »

Les sympathiques propriétaires Jean Huard (qui souligne que Huart avec un « t », c’est l’oiseau) et Martha ont repris le commerce il y a deux ans et se sont attaqués d’emblée à la devanture. Maintenant rouge vive, on ne peut plus la manquer.  Mais c’est le petit encadré « tacos mexicains » qui a attiré mon attention : « J’en prendrai deux avec des frites et parce que j’ai très faim, je prendrai un Teen-burger. »J’ai consulté le tableau blanc par habitude, mais il y a des combos fort intéressants inscrits sur les miroirs de chaque côté. J’apprendrai seulement à la fin de mon repas que l’on offre maintenant l’équivalent de l’interfromage ici : l’interMoka (avec reverb)! En panier de frites avec salade de chou et boisson pour 9,20 $,  il s’agit d’un cheeseburger garni de trois rondelles d’oignons formant un trou dans lequel on insère du fromage en grains. Un classique de mon adolescence.Moka Plus existe depuis 62 ans, je l’ai déjà dit. En 1951, Maurice Duplessis était premier ministre, Félix Leclerc recevait le grand Prix de l’Académie Charles-Cros à Paris pour la chanson Moi, mes souliers, la télé n’existait pas,  Phil Collins naissait et c’était la guerre d’Indochine.  Voilà mes tacos contemporains!Deux tacos remplis de steak haché et de salade Boston. Je ne mange pas des tacos souvent, je m’attendais à ce qu’on colle et cuisine le steak avec une sauce style old el paso tomatée. Rien de tel; en fait, les sauces sont à côté. Une sauce verte piquante, une autre au guacamole, il faut en mettre un peu des deux… Les sauces sont bloquées par la salade et peinent à s’introduire dans les tacos. J’aurais aimé qu’on les mélange d’avance et qu’on ajoute un peu de fromage. La prochaine fois, je vais ouvrir mes tacos et mettre les sauces dedans. Peut-être que je m’y suis mal pris?En 1951, il n’y avait pas de A&W au Québec, alors d’où vient le Teen-burger du Moka? En tout cas, celui-ci est absolument délicieux. Cheeseburger avec bacon, une tranche de tomate et de la salade. La recette est simple, mais parfois les recettes simples sont les meilleures. Est-il supérieur à l’autre restaurant? sûrement! C’est le plus beau hamburger que j’ai photographié. « Épouse la caméra! … Maintenant, penche le chapeau par en arrière..? C’est ça… » Clic!J’ai retrouvé les frites avec joie. Une panoplie d’autres recettes juteuses signées Moka Plus Casse-croûte au Moka Plus! Une dynastie dans Limoilou. Vous pouvez voter sur poutinewar.com pour celle au BBQ, elle est bonne. Pour une expérience complète, mangez sur place.

Casse-Croûte Moka Plus1010 4e Avenue418 525-6652