Le Pub Limoilou : un secret bien gardé

Publicité

Au mois de mai dernier, j’ai eu l’honneur de participer au festival Terra Incognita, fameuse convention de rock progressif présentée par l’émission du même nom à CKRL, qui occupe la case horaire du samedi soir depuis de nombreuses années. Ce fut l’occasion pour mon groupe EDO de lancer son dernier opus, Canardière.

Après le spectacle, un admirateur dans la cinquantaine, résident de Charlevoix, m’aborde.

Canardière, c’est bel et bien une rue de Limoilou ça?- Oui, exactement, j’habite le quartier.- Vous devez alors connaître le Bal du Lézard, ils donnent de bons spectacles rock?- Absolument!- Vous devez aussi être un grand admirateur du Pub Limoilou, ils donnent les meilleurs spectacles blues de toute la région! Nous descendons souvent à Québec pour assister à leurs concerts.- … Hein?? »

Je suis resté sans mot. Non, je ne suis jamais allé au Pub Limoilou, et je ne pouvais croire qu’on venait d’aussi loin que Charlevoix pour y écouter du blues. Pour être honnête, je dois avouer que j’ai toujours été rebuté par la façade peu invitante de l’endroit. Par contre, je ne suis pas demeuré en reste, car un bon soir, j’ai réuni deux autres courageux pour aller vérifier que les louanges suscitées par l’endroit étaient fondées.

Donc, 21h30, un vendredi, nous sommes au rendez-vous pour le spectacle du Blues Experiment. La place est presque pleine, sauf une table au fond près de la scène. Parfait pour voir le spectacle. Honnêtement, nous avons dû traverser le bar sous l’attention toute particulière de l’assistance, se demandant probablement qu’est-ce que trois jeunes arborant du Baltrakon Vêtements Tordus venaient bien faire dans cet endroit. Nous avons dû soutenir ces regards interloqués et scrutateurs jusqu’au moment où, une fois assis, nous avons commandé nos grosses Labatt 50, la deuxième meilleure Ale Blonde au monde. Le spectacle allait commencer.

Une très sympathique serveuse qui m’appelle «Mon beau», une machine à pop corn pour donner la soif, des grosses Labatt 50 partout, de la lutte féminine à la télévision, des blousons de cuir, un chanteur au chapeau de Crocodile Dundee, des boomers qui dansent malgré l’absence de piste de danse, un gros ampli Marshall et une guitare Fender qui pleurent un excellent blues, vous aurez deviné, c’était «la totale».

Encore une fois, la vie m’aura appris à ne jamais me fier aux apparences, car c’est bel et bien vrai, il y a du blues exceptionnel au Pub Limoilou et tout le monde est fort avenant. J’y ai passé une très belle soirée et je n’hésiterai certainement pas à y retourner.