Les enjeux de «l’autre Limoilou»

avenue du Colisee
L'Avenue du Colisée, très achalandée aux heures de pointe tant par les automobilistes que les cyclistes, serait un emplacement idéal pour une voie cyclable sécuritaire qui pourrait relier la piste menant au Corridor des Cheminots à celle dans le secteur du Colisée qui se rend à la rivière Saint-Charles.
Dans le deuxième portrait de candidat de mon collègue Raymond Poirier, Mme Verreault décrit ainsi le secteur Sainte-Odile : «[...] La banlieue de la première partie construite de Limoilou. Je dirais que c’est mon secteur tranquille, où c’est beaucoup des bungalows, une réalité autre du reste de Limoilou. »Voilà, tout est dit. Banlieue. On m’aurait appelée «ma p’tite madame» au garage que ça m’aurait moins dérangée. Banlieue. Bungalows. Plate. Voiture. Flamants roses. Abris Tempo. Préjugés.Mais depuis que j’habite cette pseudo-banlieue, j’y vois de moins en moins «les bungalows» et davantage un lieu de vie riche de ses citoyens! Familles, personnes âgées, immigrants fraîchement arrivés ou installés depuis des années. Des plus aisés, des plus pauvres, des maganés, un peu. Des enfants, beaucoup.Quand on regarde au-delà des façades de brique, on se rend vite compte que la réalité du secteur peut être tout aussi urbaine que le reste de Limoilou, même si elle ne rime pas avec densification et condos...Mea culpa, je n’habitais pas Québec aux dernières élections. Difficile donc de témoigner des promesses faites et tenues, ou pas. Mais à défaut d’avoir la cuisine assez grande pour y recevoir mes voisins, j’ai tout de même sondé un peu le terrain pour connaître les enjeux qui leurs tiennent à coeur.

Sécurité

Rien de bien surprenant comme premier enjeu, les rues sont larges dans le secteur et ça roule vite. Trop vite pour une zone scolaire où la plupart des enfants voyagent à pied. Une seule intersection profite de la présence d’un brigadier, c'est bien peu. Et non seulement ça roule trop vite, mais les panneaux d’arrêt ne semblent être que décoratifs, tant ils sont peu respectés.De l’avis de plusieurs parents consultés, il faudrait réduire la largeur des rues autour de l’école Sainte-Odile —comme cela a été fait sur la 12e Rue— mais aussi assurer une plus grande surveillance policière pour calmer les chauffards. Je suis moins au fait de la circulation dans le secteur Saint-Albert, mais les rues y sont un peu plus étroites,  est-ce que les automobilistes y sont moins portés à rouler au milieu de la chaussée à toute vitesse? La transformation de certaines rues plus résidentielles en sens unique pourrait aussi être envisagée.zone industrielleEt question circulation, puisque les rues sont très larges, pourquoi ne pas en profiter pour améliorer les voies cyclables? L’Avenue du Colisée, notamment, est très fréquentée par les cyclistes qui se rendent au boulot, il serait facile de relier la portion située entre le Colisée et la 41e au reste du réseau déjà en place au nord comme au sud et ça rendrait les déplacements beaucoup plus sécuritaires.

Accès aux commerces

Coincés entre deux autoroutes, un gros boulevard et un chemin de fer, les secteurs de Saint-Albert et Sainte-Odile offrent peu de commerces de proximité et l’accès à ceux existants est parfois périlleux, notamment pour les piétons qui traversent par exemple une zone industrielle et le chemin de fer pour se rendre au Colisée ou vers Place Fleur de Lys. Et que dire de l’aspect froid et repoussant des lieux? Plusieurs se demandent de quelle façon le nouvel Amphithéâtre amènera vraiment des amélioration à la mobilité dans le secteur. L’idée d’un transport sur de plus courtes distances sous forme de navettes avec les Écolobus, tel que suggéré pour Maizerets, pourrait très bien s’appliquer ici, pour relier les différentes zones d’intérêt, d’ouest en est.

Déneigement

Les commentaires négatifs sont assez généralisés de la part de mes voisins à ce sujet. Il y a certaines lacunes dans le déneigement de jour, qui laisse bien souvent les résidents prisonniers de leur cour par des remblais très hauts. Et pour ce qui est des trottoirs, Bärbel, qui habite le coin depuis quelques années est très critique: « L’hiver dernier, j’ai chuté trois fois. Alors je marche le plus souvent dans la rue. Le déneigement des trottoirs est mal fait et l’abrasif utilisé depuis l’année dernière est une farce. [...] Je plains les personnes âgées qui ont encore moins le pied patin que moi.»

Parc-école et adolescents

Bonne nouvelle, l’espace pour les enfants vient tout juste d’être réaménagé avec de nouveaux jeux d’eau... Et les ados, eux? Ils vont où, s’inquiètent certains parents? Ils flânent dans le parc école et monopolisent les jeux des enfants pour jaser, faute de mieux à faire... Pourquoi ne pas aménager aussi un coin pour eux, en les impliquant? C’est leur quartier aussi, après tout, même s’ils ne votent pas.parc ste-odileComme le parc est partagé entre l’école et la ville, Mélanie, une mère de famille, suggère qu’on y place une affiche disant que la zone de l’école est interdite au public de 8 h à 18 h durant l'année scolaire, limitant ainsi la circulation inutile, question de sécurité. «Il y a cette pancarte à l'école St-Albert-le-Grand et ça fonctionne bien. Je crois que c'est la ville qui est responsable de cette affiche», explique-t-elle.

Pitou non grata

Autre fléau décrié, les chiens sans laisse qui semblent plus nombreux que jamais. En étant aussi loin du parc à chiens de la Pointe-aux-Lièvres, forcément, le parc-école donne lieu à une cohabitation moins joyeuse entre enfants et chiens en liberté. Est-il besoin d’élaborer sur le manque de civisme de plusieurs maîtres qui laissent leurs cabots courir et même aller dans les structures de jeux? N’y a-t-il pas des règlements municipaux à ce sujet? Tant qu’à y être, pourrait-on aménager un véritable parc à chiens dans la friche électrique, près de la 41e? Certaines personnes soulignent que le problème est aussi très présent au parc Marchand.

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Esprit de quartier

Là où Sainte-Odile a effectivement des airs de banlieue, c’est au niveau de l’absence de vie de quartier. Peu de commerces de proximité où se rencontrer, aucune place publique pour tenir des activités en dehors du parc-école, tout doit se faire en voiture et les contacts entre voisins ne sont pas favorisés. J’ai déjà lancé quelques idées folles et moins folles pour dynamiser le secteur, et j’aime penser que les résidents ont tout à gagner à mieux se connaître, à se côtoyer, s’entraider. Alors, chers candidats, vos idées?