Les Jours de cirque : parce qu’on a tous un enfant au fond de nous

J’ai mal aux joues.  J’ai mal aux joues parce que je suis allée aux Jours de cirque, et que j’ai trop souri. L’instant d’une journée, j’avais quatre ans à nouveau. En fait non, j’avais l’âge que j’ai maintenant, mais j’étais heureuse comme un enfant de quatre ans. Vous savez, cette joie si simple, qui s’explique mal, parce qu’elle est tellement naïve et brute?Dans la rue et sur le terrain de l’École de cirque, les enfants pouvaient tester leur agilité sur des poutres, sauter dans des jeux gonflables, se dandiner avec des hoola hoops (ah, ça, moi aussi je l’ai fait), et surtout, assister à plusieurs spectacles étonnants.En une seule journée, j’ai vu des clowns qui jouent de la musique en projetant de l’eau sur des cul de poules, des chaudrons et des bols à chien, et qui « percussionnent » avec des spatules et des gougounes sur des tuyaux de pvc, des percussionnistes qui tapent sur des fonds de poubelles de recyclage, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, des saltimbanques de toutes sortes qui tirent des murmures d’étonnement du public… ça fait beaucoup d’émerveillement en quelques heures! Mais je dois dire que ce qui m’a réellement marquée, c’est l’ambiance, le feu qui animait ces jeunes athlètes/artistes, qui ont visiblement beaucoup, beaucoup de plaisir à faire ce qu’ils font.Oh. Et comment oublier le collectif à sens unique? Six artistes fraichement sortis de l’école, cinq nationalités, du talent plein les poches… Ils ont su garder assis (on pourrait même dire quasi immobiles) des dizaines de jeunes enfants pendant presque une heure! On gelait du bout des doigts, mais on ne pouvait pas les cacher dans nos poches, parce qu’on passait notre temps à applaudir! Une chance que la saison des mouches est tardive, parce que j’en aurais avalées plusieurs, à force d’avoir la bouche grande ouverte par la surprise, le rire et l’émerveillement…Plusieurs organismes ont ajouté leur étincelle pour enflammer les Jours du cirque. 1, 2, 3 Go! Limoilou y était avec son minibus, et offrait des activités de motricité pour les petits qui étaient trop petits pour faire les activités de cirque, et l’Autocart des Arts visuels présentait son exposition roulante et égayait la 7e rue avec des tonnes de dessins à la craie, entre autres.Le concept des Jours de Cirque existe depuis 2004. C’est essentiellement basé sur le volet « loisir » de l’École de cirque, contrairement aux portes ouvertes, qui sont plus axées sur la « formation professionnelle », comme m’expliquait Andrée-Josée Milot, chargée de projet à l’école de cirque. En formation professionnelle ou pas, tous les élèves sur place étaient passionnés et allumés!Finalement, on peut dire que malgré la température, il y avait du monde à la messe à l’église la plus fréquentée de la ville!