« Sylvain Lelièvre, enfant de Limoilou » : retour sur l’exposé de Pierre Jobin

Société historique de Limoilou
Pierre Jobin à la Société historique de Limoilou. 28 janvier 2013.
 À l’invitation de la Société historique de Limoilou le 28 janvier dernier, une trentaine de passionnés ont assisté à l’exposé de Pierre Jobin.M. Jobin, doit-on le rappeler, fait la promotion de la chanson québécoise vivante depuis plus de 40 ans. Tour à tour agent artistique, animateur culturel et radiophonique, directeur de théâtre et enfin conférencier, il a contribué à la carrière de plusieurs auteurs-compositeurs-interprètes tel Sylvain Lelièvre, décédé tragiquement en 2002.

C’est une belle histoire que je vais vous raconter : celle d’un homme au talent fou, né d’un père journaliste et d’une mère comédienne, qui a gagné un premier concours à l’âge de 20 ans avec sa musique influencée de classique, de jazz, aux accents de Brel et de Ferré. Sylvain s’est forgé une langue décrivant les lieux où il habitait : on n’a qu’à penser à Petit matin, son premier grand succès en 1975. Et parallèlement à sa vie de musicien, il a enseigné la littérature toute sa vie… »

Pierre Jobin impressionne par sa mémoire des dates et ses anecdotes : en deux heures, il a résumé l’héritage de Lelièvre, une oeuvre inspirée de son quartier d’enfance qu’il adorait raconter même en faisant carrière à Montréal. À l’aide d’archives audio, de photos et de vidéos, l’agent d’artistes a notamment rappelé les débuts du chansonnier à La Brique, au Centre Mgr Marcoux, « l’une de ces boîtes à chansons qui ouvraient et fermaient au gré du vent, à l’époque des années 1960 où l’on diffusait beaucoup d’émissions musicales à la radio ». Point fort de la soirée, la présentation d’une émission de Radio-Canada mettant en vedette Lelièvre au mythique Châteauteuil de la rue Saint-Jean, diffusée à la télé vers 1970.M. Jobin tenait à souligner la contribution selon lui mésestimée du chansonnier au développement du milieu musical québécois :

Il agissait aussi à titre d’éditeur, il a écrit un roman, il était aussi propriétaire de ses chansons… « J’ai eu la chance de n’avoir jamais été une star », a dit Sylvain avant de nous quitter. Il a fait l’unanimité dans tout, mais sa reconnaissance est venue sur le tard. Peut-être à cause de son air trop jeune, on ne le prenait pas au sérieux, au début. Et il est décédé alors qu’il était sur le point de récolter… »

Profitant de la tribune de questions, Pierre Jobin a évoqué la brève mais fructueuse épopée des Oiseaux de Passage au tournant du millénaire, l’influence de sa boîte à chansons sur la vie culturelle du quartier.  » J’ai choisi les Oiseaux, avait écrit Lelièvre à son ami. On y fait de Limoilou, soir après soir, la capitale de la chanson… « « Après les « Salut Lelièvre« , pourquoi ne pas instituer dans le quartier un Festival annuel Sylvain Lelièvre? Je fais un appel à tous! », a lancé en guise de conclusion Pierre Jobin.Sylvain aurait eu 70 ans la semaine dernière.

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Le site officiel de Lelièvre est truffé de références sur sa vie et son œuvre. Youtube regorge bien sûr d’extraits d’entrevues et de chansons (Tombouctou, ci-contre). En hommage au compositeur, la Place Sylvain-Lelièvre, entre autres, a été aménagée en 2004 au cœur du Vieux-Limoilou, une salle de spectacle porte son nom au cégep de Limoilou. Enfin, un livre d’images d’archives de l’artiste sera lancé pour Pâques et son roman Le troisième orchestre fera l’objet d’une adaptation au cinéma. [ À consulter : Les Productions Aux Oiseaux de passage. En complément : Sylvain Lelièvre, le chanteur libre (série à la radio de Radio-Canada). ]