Accroche-toi: des céramiques sur cordes à linge

Des objets de céramique ont fait leur apparition dans six ruelles du Vieux-Limoilou. Un passage temporaire, jusqu’au 12 octobre, dans le cadre du projet Accroche-toi d’Ilana Pichon. Six installations sur cordes à linge, supports d'une cinquantaine de regards sur le quartier.

La base du projet Accroche-toi, c’est le quartier Limoilou. J’y reste depuis 10 ans déjà… Je trouve que c’est un endroit dynamique, avec un esprit familial et une belle proximité entre ceux qui y habitent», explique la créatrice, Ilana Pichon.

Ce quartier, son quartier, elle voulait le mettre de l’avant au fil d’un projet. Pas seulement à travers son regard, mais aussi à travers celui d’autres résidents, interpelés via les réseaux sociaux. Une invitation à lui envoyer quelques mots, quelques phrases, pour décrire leur milieu de vie. En résultent des réponses variées: paysages urbains, clins d’œil à l’actualité, références festives ou réflexions sur le caractère social du quartier, entre autres… «J'ai également reçu une énumération de prénoms de différentes origines, un clin d’œil au côté métissé du quartier», note Mme Pichon.

Puis, aux côtés des mots, la céramique s'est rapidement imposée. «C’est une matière qui est très fragile, jusqu’à ce que la cuisson soit complétée… C’est aussi une matière dans laquelle on peut laisser des traces», explique-t-elle. Et, justement, ces traces laissées, ce sont celles des mots. À partir de phrases proposées par les résidents, Ilana Pichon a imaginé un collage, en détournant ou en amplifiant leur sens, avant de les y fixer par décalque, empruntant l’esthétique d’une «lettre anonyme» écrite à partir d’extraits de vieux journaux.

Les objets de céramique, réalisés avec la collaboration de l’équipe des Ateliers du trois cinquième, ont ensuite pris le chemin des ruelles… et des cordes à linge. Un clin d’œil à cette idée de cohabitation, de coexistence.

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Après tout, au fil des ruelles, des arrière-cours, on découvre nombre de gens, d’horizons divers, qui ensemble font leur quartier… Et la corde à linge, à sa façon, devient un peu le premier point de contact qu’on a avec eux: elle offre la possibilité de découvrir quelques détails», fait valoir l’artiste.

À titre d'exemple, Ilana Pichon explique qu’on peut y voir des vêtements de bébés, des vêtements d’enfants et de ce fait, savoir qu’on est voisiné par une famille… Ou encore d’autres qui, justement, préfèrent n’y étendre que draps et serviettes, question de «laisser le moins d’information possible…»

Et les promeneurs pourront, au fil d’une balade, se faire eux aussi «accrocher» par l’art. «Les œuvres sont là, le contact est facile!», lance-t-elle.

Photos : Ilana Pichon.