La Brique, boîte à chansons du Centre Mgr Marcoux

CHL-19690919-QMA9-66-1. Photographe: Charles-Henri Leclerc. Angle de la Canardière et Champfleury le 19 septembre 1969. Collection: © Les Archives du Photographe, collection Jocelyn Paquet.
19 septembre 1969. En arrière-plan, à gauche, le Centre Mgr Marcoux.
Pierre Jobin ouvre en 1964 La Brique, une des toutes premières boîtes à chansons de Québec. J’ai eu la chance de côtoyer Pierre pendant quatre ans au Collège universitaire Garneau, de Québec.Au début des années 60, les boîtes à chansons sont très nombreuses et poussent comme des champignons dans toutes les régions du Québec. Un jour de 1964, Pierre Jobin nous annonce qu’il ouvre sa boîte à chansons à Limoilou, La Brique, localisée au Centre Mgr Marcoux.Comme nous habitions le quartier et que nous aimions les chansonniers, Pierre nous offre, à mon ami Daniel et à moi, de travailler à La Brique. L’un vendrait les billets à l’entrée, et l’autre s’occuperait de servir les jus et les boissons gazeuses à l’entracte.Évidemment, nous aurions droit d’assister gratuitement aux spectacles et d’avoir la chance de rencontrer les artistes. Ca valait le coup de s’impliquer dans cette aventure !La Brique était une petite salle située au deuxième étage du Centre Mgr Marcoux. Une même imagination créatrice nommait chaque boîte, en relation avec la nature du local ou la décoration originale du lieu : il y avait bien sûr les incontournables filets de pêche au plafond, les cages à homards, les murs en bois de grange, la bouteille de Chianti ornée d’une chandelle… Mais rien de tout cela à La Brique, avec son décor minimaliste : tables de bois recouvertes d’une nappe à carreaux et sur chaque table, brique plantée d’une chandelle, murs en brique d’où le nom des lieux. Et dans un coin, une petite scène et un micro sur pied. Mais c’était chaleureux et on accueillait les dimanches soir les Calvé, Létourneau, Gauthier; des chansonniers qui cartonnaient à cette époque.Pierre Jobin donnait aussi la chance à de jeunes auteurs-compositeurs-interprètes de se faire connaître. On les invitait à faire la première partie du spectacle d’un «grand» de l’époque, soit chanter quatre ou cinq chansons pour réchauffer la salle. C’était les «ouvre-boîtes».E c’est ainsi que Pierre me donna ma toute première chance de chanter mes compositions. Claude Gauthier était alors l’artiste invité, et j’ai eu le bonheur d’ouvrir son spectacle. J’étais terrorisé par cette première expérience sur scène. Mais somme toute, je fus bien accueilli par les habitués de La Brique.Ce fût le début pour moi d’une série de spectacles à Québec, au Cro-Magnon, au Châteauteuil et à La Halte des chansonniers entre autres dans, et à l’extérieur de la Capitale. Deux ans à faire de la chanson grâce à Pierre Jobin qui me «bouquait» dans une des nombreuses boîtes à chansons du Québec. Une belle aventure !La Brique a fermé ses portes en 1966. À partir de 1970, les boîtes à chansons ont graduellement disparu.[ En complément : «Sylvain Lelièvre, enfant de Limoilou» : retour sur l’exposé de Pierre Jobin (incluant un mot sur les boîtes à chansons de Limoilou) et Les 50 ans du Centre Mgr Marcoux : résumé de la conférence du 25 novembre. ]