Campagne électorale dans Jean-Lesage : le point à J-7

Je vous propose de commencer cette dernière semaine de campagne électorale par une analyse des cinq principaux candidats dans la circonscription de Jean-Lesage, et des attentes de tous et chacun. Cette analyse se base en partie sur les résultats décortiqués de 2012.

Parti Libéral du Québec : André Drolet

Le député sortant de la circonscription tente d'obtenir un troisième mandat, après ses victoires de 2008 et 2012. Si cette dernière fut relativement serrée, André Drolet a semblé relativement confiant de l'emporter à nouveau lors de ses récentes sorties dans les médias. Se présentant comme un député de terrain, M. Drolet est pourtant vulnérable de part son rôle lors des épisodes de poussière rouge et de nickel, où il fut soit absent, soit en retard sur les autres intervenants. Globalement, il est aussi relativement peu visible dans le Vieux-Limoilou, pourtant le coeur du quartier. Le dossier du nouveau Colisée n'étant plus vraiment dans l'actualité, cela lui enlève une possible carte dans son jeu (comme il l'a lui-même souligné). Est-ce que les gens de Beauport l'appuieront aussi massivement qu'en 2012? La clé de sa victoire réside potentiellement là.

Parti Québécois : Pierre Châteauvert

Le PQ a ciblé Jean-Lesage depuis plusieurs mois comme étant une des circonscriptions "prenables" - et sans doute la plus accessible dans la région de Québec pour le PQ -, sachant pouvoir compter une base de militants assez présents, notamment dans le Vieux-Limoilou. Pierre Châteauvert, qui vit dans le quartier et qui a été passablement visible entre les deux élections, connaît bien les enjeux de Jean-Lesage et il semble vouloir cibler les électeurs attirés par Québec solidaire et Option nationale; un appui timide de ces derniers serait sans doute suffisant pour le faire gagner si le PLQ demeurait au même niveau. Seul problème : la recette du vote stratégique a déjà eu un certain effet en 2012 et pourrait perdre de la vigueur cette fois-ci. De plus, l'effet PKP semble plus négatif que positif aux yeux de plusieurs, bien que M. Châteauvert ne soit pas de cet avis.

Coalition Avenir Québec : Émilie Foster

La CAQ semble avoir tout misé sur le chef pour l'élection de 2014 : cela est visible autant sur les pancartes du parti, dans les publicités télévisuelles que dans le nom officiel du parti (Équipe François Legault). Si la CAQ avait chauffé le PQ et le PLQ dans Jean-Lesage en 2012, son ancienne candidate, Johanne Lapointe, n'a pas repris de service cette fois-ci (et étant donné son poste de vice-présidente au sein d'Arrimage Québec, cela aurait pu nuire à son parti dans un secteur marqué par les nombreux épisodes de poussière rouge). La candidate Émilie Foster semble avoir peu de racines dans Jean-Lesage et était plutôt inconnue dans le quartier avant l'annonce de sa candidature. La CAQ ne semble pas avoir d'espoir dans Jean-Lesage, le chef n'y ayant peu fait campagne depuis le début (contrairement à 2012). Dans leur cas, maintenir les appuis serait déjà un exploit.

Québec solidaire : Sébastien Bouchard

2012 avait révélé que Jean-Lesage était un terrain relativement fertile pour QS : le parti avait dépassé son score national de 2%. Le candidat Sébastien Bouchard est un militant de longue date des milieux syndicaux et communautaires et il connaît très bien le quartier pour y vivre depuis plusieurs années. Très actif depuis le début de la campagne, notamment au coin 3e Avenue/Canardière, M. Bouchard semblait confiant de ne pas avoir à subir l'influence du vote stratégique. Ça, c'était au début de la campagne, quand les sondages plaçaient le PQ en tête. Maintenant que les choses semblent avoir bougé, QS pourrait faire face au problème récurrent du vote stratégique, et d'un appui moindre au final que celui annoncé par les sondages. Le parti doit viser les 10-12% dans la circonscription s'il veut faire mieux qu'en 2012.

Option nationale : Sol Zanetti

Jean-Lesage a l'honneur de recevoir un chef de parti en son sein cette année, soit celui d'Option nationale. En 2012, environ 4% des votants avaient appuyé ON - le deuxième meilleur résultat du parti dans la région de Québec -, ce qui semble avoir poussé les dirigeants du parti à choisir la circonscription pour leur nouveau chef. Sol Zanetti, qui se promène un peu partout au Québec, ne manque pas de visibilité pour autant dans le quartier : ses pancartes sont partout et le local électoral du parti est bien visible sur la 3e Avenue. Pourtant, ON semble manquer du souffle d'espoir qui avait marqué ses troupes et sa campagne en 2012. Le candidat et son équipe souffrent aussi d'une présence timide dans les médias. Il serait surprenant que le parti fasse mieux que 5-6%.

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