Des citoyens préoccupés par l’avenir du secteur Lairet

Mardi soir, au Centre communautaire Marchand, une trentaine de citoyens ont assisté à l’activité « Jaser ma communauté, bouger mon quartier » organisée par le Conseil de quartier Lairet, en collaboration avec la Ville de Québec, le Centre de santé et des services sociaux de la Vieille capitale et l’ATI de Limoilou.Sous les yeux attentifs d’une quinzaine d’observateurs parmi lesquels les conseillères municipales Suzanne Verreault (photo) et Geneviève Hamelin, ces résidents de Lairet étaient invités à s’exprimer afin d’alimenter le prochain plan d’action de leur conseil de quartier.D’entrée de jeu, la présidente, Christiane Gamache, a ouvert la soirée en expliquant son déroulement. Isabelle Mercure, de la CDÉC de Québec, a pour sa part rappelé la mission de l’ATI Limoilou – « On lutte à la pauvreté en se regroupant !» -, invitant du coup l’assistance à s’impliquer dans les différents projets de l’ATI.S’en est suivi une présentation sommaire du secteur. Qualifié de « petite banlieue en ville » au début du siècle dernier, Lairet est enclavé entre la 18e Rue, la rue de la Sapinière-Dorion, et « une autoroute et une voie ferrée à l’ouest et à l’est ». Le recensement de 2006 indiquait une population de quelque 16 000 habitants, ce qui fait de Lairet le plus peuplé des trois secteurs de Limoilou. Avec un revenu moyen par ménage d’environ 25 000 $ en 2006, Lairet est certes plus « défavorisé » que le reste de l’arrondissement La Cité-Limoilou, mais tout de même « plus en moyen » que le reste du quartier Limoilou. Aussi, on y observe entre autres une proportion relativement grande de personnes immigrantes, soit environ 7%. Par ailleurs, les gens déménageraient moins dans Lairet qu’ailleurs dans Limoilou, ce qui dénoterait un vif attachement à leur coin de ville.

La Fiche de perception : outil de réflexion pour le conseil de quartier

Au cœur de l’activité, les citoyens devaient remplir un questionnaire, la Fiche de perception, comprenant 40 énoncés « qui parlent de la vie dans votre quartier ». Après cet exercice, Denis Bergeron tenait à souligner le rôle du conseil de quartier qui, avec un budget annuel de 7000 $, remplit bien son rôle important de consultation pour « améliorer la qualité de vie dans votre quartier ». Très convainquant, le conseiller en consultations publiques de la Ville a souligné quelques enjeux importants des dernières années dans Lairet, telles la sécurité dans le quartier et la disparition des tours d’Hydro-Québec au niveau de la 41 Rue, « qui pourrait se faire aussitôt que cette année ».Durant l’intervention de M. Bergeron, une équipe s’est empressée de compiler et d’analyser sommairement les réponses au questionnaire. Ces données ont mis en lumière, pour fins de discussion et de recherche de pistes de solution, les « forces » et les « défis » de Lairet :

FORCES

  • Efficacité du transport en commun
  • Gens aiment vivre dans leur quartier
  • Diversité des services et des commerces de proximité
  • Bonnes relations de voisinage
  • Quartier accueillant

DÉFIS

  • Peu d’intégration des personnes immigrantes
  • Peu de fêtes et d’animation
  • Gens s’impliquent peu
  • Beaucoup d’inégalités sociales
  • Peu d’emplois diversifiés

Parmi les sujets discutés lors de l’échange, la délicate question des personnes immigrantes a suscité une longue discussion au sein des participants. « Il n’y a pas d’immigrants, ce soir ».  « Il y a un problème de perception chez les adultes. C’est pas le cas à l’école, et le Patro Roc-Amadour est un bon milieu de contacts »… « Mais ce n’est pas tout le monde qui s’y retrouve, au Patro !», a ajouté une citoyenne.Par ailleurs, les résidents s’impliqueraient peu dans le quartier car il y aurait une méconnaissance des ressources d’information, malgré des outils comme Monlimoilou.com. Faudrait-il penser à un bottin papier des ressources « hyperlocales » ? Ajouter des colonnes Morris et pourquoi pas, établir une alliance avec le RTC pour un affichage dans les abribus qui servirait aussi à publiciser les Fêtes de quartier, « beaucoup organisées par le Patro » ?  L’un des participants a mentionné que la traditionnelle Fête des voisins est une belle occasion pour mieux structurer ce type d’activité, citant au passage l’exemple du Grand Bazar des Ruelles, dans le Vieux-Limoilou.D’autres préoccupations sont enfin ressorties. De nouveau sur la sécurité, entre autres concernant le réseau cyclable, les trottoirs « pas faits pour les piétons », le viaduc de la rue Soumande et les corridors scolaires, déjà objet d’un comité au conseil de quartier.

* * *

Au terme de près de trois heures de rencontre, tous étaient invités à faire une évaluation de « Jaser ma communauté, bouger mon quartier » dont la synthèse sera rendue publique sous peu.Il s’agissait d’une première pour Limoilou, qui se répétera plus tard dans les secteurs Maizerets et Vieux-Limoilou. À suivre !

Parc Marchand, quartier Limoilou
Parc Gérard-Marchand. Octobre 2013.