Le sous-marin du Marinier contre-attaque

devantLe Marinier est un battant. Bien qu’une succursale à sous-marins impérialiste s’est installée en face depuis bientôt cinq ans, le restaurant Le Marinier a toujours le vent dans les voiles grâce à une clientèle fidèle depuis 1978. Sis au coin de la 18e Rue et de la 1re Avenue, le comptoir à sous-marins a conservé des valeurs vintage.Au Marinier, les prix sont abordables, pour peu qu’on ait de l’argent dans ses poches. Le restaurant n’ayant pas d’Interac, j’ai dû rebrousser chemin et revenir avec de l’argent sonnant. Rien de mieux qu’un peu d’exercice pour s’ouvrir l’appétit. Sur les tableaux, de nombreux choix et formats: demi ou demi-double, régulier ou double. Il n’y avait pas de double-double…tableauxC’est assez simple pour les saveurs. Les sandwichs préférés des clients sont Le Marinier (poulet pressé, jambon, salami), celui au thon et le Marinier roast beef. Mon choix s’est arrêté sur le premier, le plus populaire. Je l’ai assaisonné avec tout ce qui se trouvait dans le comptoir à condiments: laitue, tomates, piments, oignons, etc.Vous aurez le choix entre trois sortes de pains assez différents: le blanc, le brun ou le pain pita. Emporté par un désir refoulé que je n’avais pas ressenti depuis l’adolescence, j’ai choisi le pain blanc de La Maison du pain à Charlesbourg. C’est aussi là-bas qu’on s’approvisionne pour les desserts (muffins, carrés aux dattes) qui sont emballés et présentés sur un plateau, comme dans un café. Le pain est parfait pour les sous-marins. Moelleux à souhait, il s’apparente à un coussin; on pourrait s’en servir comme oreiller. Il n’est pas trop bourratif et ne vole pas la vedette aux aliments.

C’est pas cher pis ça fait la job

J’y étais vers les 15h alors que c’est plus tranquille, mais pas tant. J’ai pu observer deux préposées à l’œuvre grâce à un changement de shift assez rock and roll. Elles ne chôment pas et reçoivent souvent des commandes téléphoniques. Le temps que je prenne une bouchée, la commande est emballée et prête à emporter. Elles sont très rapides, des ninjas. Les heures de pointe doivent être plutôt troublantes. Même en plein après-midi, les clients entrent régulièrement, prennent leur commande et repartent. Les deux filles étaient d’accord: «Le moment le plus mouvementé de l’année, c’est pendant le Festival d’été. Les gens s’amènent un sous-marin et le mangent en haut, avant le spectacle.»interieuJe crois que la clientèle plus habituée mange ses sandwichs froids, sans trop attendre, ou sur le pouce. Pour moi, c’est plus compliqué, je dois prendre des photos pis toute pis toute. On fait chauffer le sous-marin dans son emballage boudiné au micro-ondes, mais pas longtemps. J’ai dû ouvrir tout ça pour ma photo, dont le résultat n’est peut-être pas à la hauteur. La préposée m’a confirmé: «Il ne faut pas trop attendre avant de le manger quand il est chaud, sinon il risque de s’affaisser, et le tient a beaucoup de stock.» Toute chose délicate est fragile.sous-marinQu’à cela ne tienne, j’ai bien aimé mon sous-marin. La prochaine fois, je vais le manger plus rapidement et probablement froid ou dans un pain pita. J’étais curieux de passer par là et je pense bien y retourner de temps à autre m’en chercher un si je suis sur la trotte ou pour manger au parc Cartier- Brébeuf l’été. C’est pas cher pis ça fait la job. Lorsqu’on tient pavillon depuis 37 ans, c’est qu’il y a assurément un secret dans la sauce.

Le Marinier 1769 1re Avenue 418 529-1101