Les travailleurs de l’ombre

Soeur Cécile Girard, la mémoire de la Maison Dauphine (Source: Le Soleil, Normand Provencher, 11 novembre 2014) (…) Ils connaissent leur quartier, ses gens, ses commerces, ses rues, ses racoins, comme le fond de leur poche. Ils arpentent Saint-Roch, Saint-Sauveur, Saint-Jean-Baptiste et Limoilou du matin au soir, parfois la nuit, selon une routine qui leur est propre. Ils observent le va-et-vient, distribuent poignées de main, seringues et condoms, engagent des conversations informelles.Les quatre travailleurs de rue de la Maison Dauphine [Vieux-Québec] se fondent dans le décor pour mieux remplir leur mission: établir un lien de confiance avec les jeunes marginaux, surtout les plus récalcitrants à recourir aux services d’aide. «Nous ne sommes pas des moralisateurs, mais des émancipateurs», lancent-ils à l’unisson, lors d’une conversation de groupe avec Le Soleil, dans un café du boulevard de la Couronne. «On ne sauve personne, c’est le jeune qui se sauve lui-même. Nous, on lui tend une perche pour qu’il se remette en action, on lui fournit les outils.»Leur métier reposant sur la discrétion et la confiance, les travailleurs de rue composent mal avec la publicité. Ils tiennent mordicus à leur anonymat, histoire d’éviter que les jeunes se retrouvent «sous la loupe». Pas question qu’un journaliste ou un photographe les accompagne dans leur tournée. «On fait tellement partie de la rue que les jeunes se disent qu’on va les protéger, explique Cédric. Même si on travaille dans des zones grises, nous avons un code d’éthique et des balises. On n’est pas des bohèmes sortis de nulle part. On n’emmènera pas un jeune coucher chez nous ou lui acheter du matériel volé. Même si on est là pour accompagner le jeune dans ses choix, on ne va pas l’encourager dans une activité illégale. On lui expose plutôt les conséquences de ses actes.» (…)[ Tout l’article ]

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