Limoilou le film

Le réalisateur Edgar Fritz n'a pas encore déterminé le titre de son premier long-métrage qu'il tourne présentement dans le quartier, mais une chose est certaine, c'est que « Limoilou » s'y retrouvera.  Ce film cherche à prendre un instantané de la génération Y dans le quartier au travers de deux trentenaires qui ont un groupe de musique, qui essaient d’avoir du plaisir tout en se perdant dans les tribulations de la vie.  Sur un ton humoristique, les deux hédonistes veulent échapper au carcan de leurs blondes en s’inscrivant à un concours de musique. N’importe quoi pour ne pas être à la maison… Malheureusement, leur chanteur retourne sa veste et tente sa chance avec un groupe de hipsters!!? Un groupe de hipsters imaginez! C’est un véritable cauchemar.Lundi soir dernier, à la station CKRL, on tournait une scène dans laquelle plusieurs protagonistes et musiciens du quartier venaient chanter ou slammer au micro. On ratisse large puisqu’une cinquantaine de personnages feront leur apparition dans autant de décors (cafés, appartements etc.) afin d’explorer toute la faune artistique du quartier. «Mais le personnage principal demeure Limoilou.», me dit le réalisateur. «Ce sera le portrait d’une génération dans un lieu donné».Voici que je croise encore les frères Seaborn,  qui me suivent partout depuis trois billets et qu’on pourrait sans doute nommer joueurs les plus utiles du quartier cette année. Par chance, ils sont d’agréable compagnie et d’une aide précieuse du côté technique. Ils sont directeurs de la photographie en tandem, probablement une première. Ils posent des lumières un peu partout dans le studio et dans la rue. On veut donner l’impression que la scène se déroule le jour alors que c’est la nuit. Le film sera en noir et blanc, inspiré de la nouvelle vague, de Jim Jarmusch, de Truffaut et des premiers films de Godard. Un petit côté Tarantino?Un des deux personnages principaux est joué par Jean-Sébastien Grondin. Le comédien, qui a une dizaine de tournages et de nombreuses années de théâtre et d’improvisation derrière la cravate m’explique : « Ce tournage-là, c’est entre amis, il y a une belle complicité de base. Je pense qu’à la fin, c’est ce qui fera le charme de ce film-là.» Le deuxième rôle est assumé par Alexandre Marchand, pour qui c’est un premier long-métrage. Il est barman en ce moment, ce qui l’aidera puisque son personnage est un alcoolique. Il fait partie depuis deux ans de la troupe de théâtre Les Treize.  Je lui demande en deux phrases de me décrire le film : « La vie est dure, mais elle est bien faite. Un scénario sentimental agressif.»C’est Ciné-scène, par l'intermédiaire de la compagnie du Centième singe, qui produira le long métrage, les mêmes qui ont distribué le film «l’Effet», sorti récemment. On veut que le film fasse la tournée des festivals dès sa sortie.Il reste encore beaucoup de scènes à tourner et on vise une sortie au printemps 2015. Sachant que ce film est réalisé de façon entièrement bénévole, je leur souhaite le plus grand succès et espère une grande première à la salle Sylvain Lelièvre avec tapis rouge et trompettes!