Limoiloup, parle-nous de Limoilou

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Limoiloup – Illustration de Catherine Maheux
Du 15 mai au 15 août dernier, les Limoulois étaient invités à partager leurs histoires et leurs coups de cœur au sujet du fameux Limoiloup et du quartier. L’objectif:  comprendre le rapport symbolique qu’entretient la population locale avec cet animal sauvé des flammes lors de l‘incendie de Fourrures Falardeau il y a bientôt un an. Sophie Hamel-Dufour nous revient maintenant avec les résultats de l’enquête.Au total, 193 personnes ont répondu à l’appel. «Dans le contexte d’une enquête qualitative, ce chiffre est appréciable et permet d’avancer que l’histoire du loup n’est pas qu’un micro-phénomène social, mais bien une histoire en partage. Il s’agit donc d’un phénomène collectif, même à petite échelle», explique pour commencer la sociologue.Cherchant d’abord à déterminer l’origine du phénomène autour du loup, Sophie Hamel-Dufour en arrive à la conclusion, à partir des données du questionnaire, que l’incendie a servi de «révélateur» à cette «relation». Le lien existait déjà entre les passants et le loup, celui-ci n’ayant pas manqué d’attirer le regard de ceux-là pendant la vingtaine d’années qu’il a trôné dans la vitrine de Fourrures Falardeau. Entre l’animal et ses admirateurs, l’attachement a pu prendre trois formes:

  1. Le loup point de repère, croisé lors du retour à la maison ou en balade sur la 3e Avenue;
  2. Le loup ludique, dont l’emplacement dans le magasin ou l’habillement devenaient un jeu à découvrir pour certains répondants;
  3. La salutation au loup, par un regard «les yeux dans les yeux» ou un «Salut loup!» devenu rituel.

Après le brasier, une quatrième dimension allait s’ajouter à la relation: le loup magique, auquel on accrochait un voeu à son cou en passant par la boutique Article 721, qui avait lancé l’initiative.Mais quelle portée symbolique porter à cet attachement? «Dans leurs réponses, les participants mettent en relation étroite le loup avec ce que leur inspire le quartier Limoilou. En quelque sorte, nous pouvons dire que le loup personnifie Limoilou», analyse la Limouloise d’origine. Ainsi, certains reconnaissent au loup une force morale et de la résilience, assimilant son statut de survivant à celui d’un quartier «qui résiste au temps». Animal fier aux yeux d’autres, il renvoie à la fierté d’un quartier où règne un esprit de communauté et de solidarité. Bref, «Limoiloup canalise les représentations que les participants ont d’eux-mêmes et du quartier», résumera Sophie Hamel-Dufour.

Limoiloup, symbole par excellence du quartier?

3e Avenue, quartier LimoilouLa deuxième partie de l’enquête portait plutôt sur les caractéristiques et les éléments symboliques de Limoilou; le loup en faisait-il partie? (roulement de tambour…)«Si plusieurs participants voient dans le loup une mascotte et un emblème du quartier, observe la sociologue, il s’avère que la diversité des éléments symboliques identifiés [par eux] ne le place pas au premier rang. C’est plutôt la 3e Avenue qui gagne la palme.» (applaudissements ou huées)L’occasion est toutefois belle, lancera Sophie Hamel-Dufour en terminant, d’identifier un symbole qui traduirait l’appartenance et la fierté des résidents de Limoilou. «Est-ce le loup en lui-même, le loup dans son environnement urbain ou d’autres symboles qui sauraient porter cette appartenance et cette fierté?», s’interroge-t-elle.Pour en savoir plus et consulter les résultats de l’enquête, rendez-vous sur le site de la sociologue: Empreintes sociales.