Quoi de neuf, docteur?... Docteur?

La Clinique médicale du Vieux-Limoilou est présentement en restructuration. Les quatre médecins de famille ont migré vers d'autres cliniques, seule la Dr Pouliot, psychiatre, continue à pratiquer dans les locaux de la 3e Avenue.
On vante souvent les mérites du quartier Limoilou pour les nombreux services et commerces de proximité qui y sont présents. Mais s’il est un service que l’on souhaite avoir près de chez-soi quand on en a besoin, c’est bien le docteur. Avec deux gros hôpitaux universitaires, le CLSC et plusieurs cliniques, Limoilou peut sembler offrir tout ce qu’il faut à ses citoyens. Et pourtant, en plus des difficultés à l’échelle provinciale pour avoir accès à un médecin de famille, l’offre de cliniques médicales s’étiole doucement, une à la fois.À l’automne, c’est la Clinique pédiatrique Laennec, dans Maizerets, qui a laissé de nombreux enfants orphelins de médecin, avec la retraite du Dr Gaumont et le départ de son collègue vers les Promenades Beauport.Cette semaine, la Clinique médicale du Vieux-Limoilou, située sur la 3e Avenue, a aussi vu partir ses quatre médecins de famille; deux ont migré leur pratique vers la clinique médico-dentaire Pasteur sur la 1re Avenue, et deux autres vers la clinique médicale Saint-Vallier, dans le quartier Saint-Sauveur. Seule la Dre Claudie Pouliot, psychiatre, demeure sur place.Un message téléphonique indique que la clinique est en restructuration, mais il a été impossible d’obtenir plus de renseignements  auprès du personnel quant aux raisons de ces changements et à l’avenir des lieux. Toutefois, si vous étiez patient d’un de ces quatre médecins de famille, soyez rassurés, tous les dossiers suivront et les rendez-vous déjà pris seront honorés, nous assure-t-on.N’empêche que pour les gens qui s’y rendaient à pieds et qui devront aller vers la clinique Saint-Vallier, consulter son médecin deviendra soudainement moins facile, déjà que la 3e Avenue avait perdu une autre clinique il y a quelques années, située au numéro civique 1000.Une situation que déplore aussi Mathieu Parent, pharmacien-propriétaire sous la bannière Familiprix, dans le même immeuble que la clinique médicale du Vieux-Limoilou.

On ne se mentira pas, il n’y a pas multiplication des cliniques médicales dans Limoilou et celles qui existent ne prennent plus de patients. Et puis pour les gens qui ont des problèmes de mobilité, qui n’ont pas de voiture, c’est important la proximité.»

À l’Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, on nous explique que les seules cliniques qui ont des obligations d’ouvertures et de population à couvrir sont les Unités de médecine familiale (UMF) et Groupes de médecine familiale (GMF), puisqu’ils sont subventionnés. Les cliniques médicales, elles, relèvent de l’entreprise privée et peuvent donc fermer ou modifier leurs activités sans trop de contraintes, apparemment.Et pour ajouter à tout cela, à la limite de Limoilou et de Charlesbourg, la clinique Médi-plus cessera aussi ses activités en février, avec la retraite du Dr Beauchemin. Le médecin a bien tenté de trouver de la relève, mais personne n’a souhaité reprendre sa clinique, selon ses écrits sur son blogue. D’ailleurs, ce docteur 2.0 y prend bien soin d’expliquer la suite des choses à ses patients qui devront se trouver un autre médecin.Pour bon nombre de gens, l’accès à un médecin de famille relève maintenant du défi olympique. «Souvent, tout ce qu’il reste, c’est l’urgence», admet le pharmacien Mathieu Parent. Sachant que ces dernières débordent et qu’on peut y attendre des heures pour un problème jugé mineur, les gens se tournent de plus en plus vers leur pharmacien, plus proche et plus accessible. Mais d'ici à ce qu’entre en vigueur la loi 41, permettant à ces professionnels de poser certains gestes médicaux, de prescrire des médicaments ou de modifier des ordonnances, le problème demeure criant.Vous ne savez plus où chercher et commencez à vous décourager? Les Cliniques-réseaux représentent parfois une bonne solution, puisqu’il est dans leur mission d’accueillir des patients qui n’y sont pas inscrits au sans rendez-vous. Le Portail du réseau de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale vous permet de faire une recherche par type de service et par code postal. Une mine d’information très pratique à mettre dans vos favoris, en attendant que de nouveaux médecins, espérons-le, viennent s’installer dans notre beau quartier... et y restent!