Sur le marché (2): Biolimo, une entreprise rafraîchissante

Biolimo
Photos ci-dessous: Charles Normand
Monlimoilou.com profite de la tenue du marché public de Limoilou, jusqu’au 21 septembre, pour aller à la rencontre de ses producteurs et transformateurs.

***

Lorsque j’ai demandé à Nicolas Normand s’il était disponible pour une entrevue le lendemain, il m’a donné rendez-vous à 7h30 à la Boîte à pain. Son père, qui faisait l’intermédiaire au téléphone, lui a suggéré que 9h30 conviendrait peut-être davantage pour un samedi matin…Il faut croire que, pour le garçon de 9 ans, l’avenir appartient à ceux qui se lèvent – ou qui commencent – tôt. C’est ainsi que, à 7 ans, il reprenait les rênes de l’entreprise créée par sa sœur aînée. «Bio, c’est pour biologique, et limo, c’est pour limonade», m’explique-t-il sur l’origine du nom de son kiosque, qui propose plusieurs variétés de limonade: classique, canneberge, pamplemousse, bleuet et menthe – son plus gros vendeur.Depuis deux étés, donc, le jeune entrepreneur s’installe devant sa maison, coin 8e Avenue et 14e Rue, pour offrir aux passants de se rafraîchir les idées. Avec la Grande journée des petits entrepreneurs (28 juin) et, maintenant, le Marché public de Limoilou, sa limonade connaît un rayonnement plus large dans le quartier. Tellement qu’il doit maintenant produire de 60 à 80 litres par semaine pour suffire à la demande des gorges assoiffées.C’est son père, en fait, qui s’occupe de réaliser les recettes, car elles nécessitent l’utilisation du four. Sa mère et sa sœur, elles, jouent aux goûteuses officielles. «On est comme des employés bénévoles, hein, Nicolas?», lance Charles, le père, qui avoue qu’il a dû revoir ses techniques de production pour désaltérer toute cette nouvelle clientèle.

Ce n’est pas parce qu’on est petit qu’on ne peut pas rêver en grand

Mais c’est qu’il a de grandes ambitions, Nicolas. Sur un objectif de 1000$ pour l’été, il a amassé plus de la moitié jusqu’à maintenant, après le remboursement des frais fixes à son père. Que veut-il faire avec cet argent?

«Je ramasse de l’argent pour acheter le Manoir Richelieu dans Charlevoix. On est allés là à la fin avril, j’ai adoré ça! Lits confortables, bons postes de télé, une piscine, plein de lumière… l’épicerie à côté… J’ai adoré ça!», répète-t-il.

Invité à l’hôtel de ville à la suite de la Grande journée des petits entrepreneurs, Nicolas a fait part de son rêve aux élus présents. Vincent Dufresne, conseiller municipal dans Charlesbourg qui a fait carrière dans le milieu du tourisme, lui a offert de le mettre en contact avec le propriétaire du Manoir Richelieu.

Fibre entrepreneuriale

Le papa ne s’en cache pas: il est fier de fiston. Oui, pour ce qu’il fait, mais peut-être surtout pour ce qu’il apprend au passage alors qu’il s’implique à toutes les étapes de production. Meilleure connaissance du marché de l’alimentation, familiarisation avec le service à la clientèle, acquisition d’aptitudes en mathématique et en comptabilité, développement de stratégies de communication et de marketing, sensibilisation à la créativité… Autant de compétences à encourager qui devraient trouver leur place dans le système d’éducation, croit Charles, pour stimuler une fibre entrepreneuriale qui tend à faire défaut au Québec.En attendant de revoir Nicolas à la tête du Manoir Richelieu, je lui ai demandé, en terminant, pour quelle raison les gens devraient aller le voir à son kiosque Biolimo. «Pour la limonade!» Bonne réponse.[ Billet précédent de la série Sur le marché: L’herbe à lou ]