Un cirque hop la vie!

D’où vient l’espoir? Cette question, le metteur en scène Kevin McCoy l’a lancée à une quarantaine d’élèves – dont six finissants – de la formation professionnelle de l’École de cirque de Québec. Des réponses qui ont fusé est né le spectacle Hop!, présenté du 5 au 8 juin dans le cadre de Jours de cirque.Kevin McCoy parle ainsi d’une création collective, réalisée en collaboration avec les artistes et les entraîneurs. «C’est parti dans plusieurs sens, les jeunes ont proposé plein de réponses», se réjouissait-il à quelques jours de la première, en soulignant la palette de contrastes, de clairs-obscurs qui marque l’ensemble, à la fois dans les numéros, les rythmes, les costumes, les musiques, les émotions. Chacun y est allé avec son corps et sa voix, son cœur et son âme, pour explorer la question de l’espoir – sa perte comme son absence, sa portée comme sa force.Sachant cela, on assiste au spectacle en cherchant les intentions derrière chaque performance. La roue (allemande) de l’espoir qui tourne. L’espoir qui donne des ailes-sangles. L’espoir tranquille des optimistes de nature au geste parfaitement maîtrisé, tout en contrôle – même sur un fil de fer. L’espoir déçu de M. Trapèze qui voit Mme Trapèze se dérober. Le désespoir révolté de celle qui se défoule sur le mat chinois. L’espoir de ne pas échapper son diabolo… Autant d’intuitions personnelles qui n’ont aucune prétention de vérité, mais on s’en voudrait de ne pas honorer cette réflexion qui a cousu les mailles du spectacle.Il reste que Hop! se laisse tout aussi bien apprécier sans cet arrière-texte qui, tout en suggérant un surplus de sens, ne saurait gommer ce qui se donne à voir sur scène : le talent de ces jeunes qui font du cirque un art complet, l’enrichissant de leurs voix, de leurs dons musicaux, de leur force scénique – qui ne manquera pas d’inspirer tantôt l’émerveillement, tantôt le rire, et de pogner au cœur, comme on dit. Et on comprend alors ce que Kevin McCoy voulait signifier lorsque, pour lui, l’espoir se devinait d’emblée et tout entier dans la présence même des jeunes artistes qui, dévoilant le résultat d’incalculables heures de travail, laissent entrevoir un lendemain habité par le cirque, en cela pleins d’espoir en l’avenir.

Parmi mes coups de cœur:

  • Les sangles aériennes, visuellement saisissant.
  • Le numéro d’acrobaties: au-delà des stepettes dont on ne se lasse pas, l’interaction entre les artistes qui ne boudaient pas leur plaisir, le jeu de déplacements qui maintenait le regard en alerte. Chaudement applaudi par le public, par ailleurs.
  • La roue cyr, beau comme la nostalgie peut l’être.
  • La finale qui, plutôt que de pécher par le spectaculaire, y est allée d’une rafraîchissante simplicité, mais combien entraînante (je n’en dis pas plus, tout le monde sait bien que, de la fin, il ne faut jamais rien dévoiler).

Jours de cirque se poursuit jusqu’au 8 juin. Plusieurs activités sont prévues cette fin de semaine. Pour en consulter la programmation: Jours de cirque.