À quoi servent les passages pour piétons ? (1 de 2)

Traverse pietons

Publicité

Quiconque a déjà voyagé aux États-Unis ou au Canada anglais l’a constaté : le respect et la courtoisie des automobilistes envers les piétons y sont bien implantés. C’est particulièrement vrai dans le cas des passages pour piétons, une règle méconnue au Québec (et à Québec) et qui est constamment bafouée par les automobilistes. Premier texte d’une série de deux sur les passages pour piétons.

Ayant séjourné au Vermont au courant de l’été, j’ai été frappé par le respect des automobilistes pour les piétons. Mon expérience est sans doute la même que celle de milliers de Québécois qui passent leurs vacances là-bas : aussitôt que je m’approchais d’un passage pour piétons et que je donnais l’impression de vouloir traverser la rue, les automobilistes s’arrêtaient et me cédaient la priorité. En plus, dans cet État, la signalisation est très claire quant à la priorité à accorder aux piétons à ces traverses.

Qu’en est-il ici ?pieton3

Faut-il le rappeler, les passages pour piétons sont délimités par des lignes jaunes au sol et situés à un endroit où il n’y a pas de panneaux d’arrêt ni de feux de circulation ; ils sont indiqués par un panneau blanc. Ils servent à faciliter le passage pour les piétons, car ceux-ci ont priorité lorsqu’ils s’engagent sur la chaussée (lorsqu’ils mettent le pied dans la rue). Ils ont concrètement deux objectifs :

  • Indiquer aux personnes les endroits où elles doivent traverser une voie publique
  • Indiquer aux automobilistes qu’à cet endroit, des personnes vont traverser la voie publique

Sur le plan légal, le Code de la sécurité routière du Québec, à l’article 410, est très clair : « Lorsqu’un piéton s’engage dans un passage pour piétons, le conducteur d’un véhicule routier doit immédiatement immobiliser son véhicule et lui permettre de traverser » (source : SAAQ). L’amende prévue est de 100 $ (plus les frais).

Enquête sur le terrain

Dans mon itinéraire quotidien, je passe régulièrement à un endroit où il existe un passage pour piétons, au coin de la 4e Avenue et de la 14e Rue (il y en a un aussi un coin de rue plus loin – 15e Rue). J’ai voulu traduire en chiffres concrets mes impressions de ce passage piétonnier. Sur 102 traversées compilées sur autant de journées différentes (aux alentours de 17 h), les résultats furent les suivants :

  • dans 53 situations, il n’y avait aucune voiture qui circulait au moment où j’ai voulu passer, donc j’ai pu traverser sans attendre.
  • sur les 49 situations où je devais attendre, à seulement deux reprises une voiture s’est arrêtée pour me laisser passer. Dans ces deux cas, ce n’était pas la première voiture à circuler. Le reste du temps, donc, même si je m’étais avancé sur la chaussée, je devais attendre que toutes les voitures soient passées pour traverser sans danger.

Cette expérience s’inscrit dans la même lignée que celle vécue par un autre citoyen du quartier, qui avait commenté ainsi un récent texte paru sur Monlimoilou :

« Le timing serait excellent pour proposer à deux policiers d’une patrouille de vérifier vitesse et respect de la signalisation routière sur la 4e Avenue près de la 14e Rue. Le passage piétonnier PRIORITAIRE aux piétons n’est jamais respecté. Un policier en civil et l’autre qui facture les automobilistes. Ou bien installer une lumière jaune qui rappelle l’arrêt des autos lorsqu’un piéton s’engage. »

Devant ce constat et ces chiffres évidents de non-respect des règles, on en vient même à se questionner sur l’utilité du passage pour piétons, car ces derniers peuvent se mettre en danger s’ils décident de traverser sans attendre. Dans le prochain texte, nous vous présentons les réactions de la Ville de Québec et du Service de police de la Ville de Québec à ce sujet.