Ateliers à la terre : jardiner collectivement depuis près de 20 ans !

11260765_10152677031601706_1163718212_o
Photos courtoisie des Ateliers à la terre.

C’est dans le secteur Maizerets, coin D’Estimauville, que se cache le jardin des Ateliers à la terre avec ses 15 000 pieds carrés de terres cultivables – et cultivées ! Développée et gérée collectivement, chapeautée par l’équipe du Centre Jacques-Cartier, l’initiative dure depuis près de 20 ans et, alors que débute la belle saison, est en plein mode de recrutement.

Les locaux du jardin collectif sont hébergés dans l’ancienne maison d’été des jardiniers du Domaine de Maizerets, un espace qui leur est prêté – gracieusement – par l’Institut universitaire en santé mentale de Québec depuis que l’initiative a été chassée de son lot initial, plus haut dans Beauport, par la construction d’un boulevard il y a quelque 10 ans. « Cette terre est un véritable cadeau des dieux ! », lance le coordonnateur des Ateliers à la terre, Guillaume Simard, du Centre Jacques-Cartier (CJC).Ce déplacement a d’ailleurs amené une réorganisation des objectifs du projet : de 30 000 pieds carrés axés sur la production, il s’est fait jardin collectif en perdant la moitié de sa superficie, dans le contexte d’un projet d’agriculture soutenu par la communauté.

On travaille aux côtés d’une clientèle de 18 à 35 ans, formée notamment de décrocheurs. On leur présente des situations où ils sont invités à participer, enrichir ou mettre en œuvre divers projets, à mettre de l’avant leurs capacités », explique-t-il.

Ainsi, le jardin figure parmi les – nombreux – projets portés par le CJC, parmi lesquels on peut également mentionner le populaire Tam-Tam Café ou encore le cirque social.Au jardin, c’est plus de 75 personnes qui en deviennent membres – pour un modique 30 $ -, venant y jardiner au minimum une soixantaine d’heures au fil de la saison estivale, de mai à octobre.Certains le font pour développer leurs capacités en jardinage. D’autres le fréquentent pour s’y ressourcer – plusieurs mères monoparentales viennent y prendre une pause et travailler la terre en profitant du service de gardiennage offert sur place. Cela, sans oublier ceux qui s’y rendent pour échanger, discuter… Toujours avec une priorité, évidemment, aux 18-35 ans, clientèle cible du CJC.Et, en échange d’une journée travaillée, tous repartent avec un panier monté à partir des cultures disponibles, bien souvent plus légères en début de saison, mais qui peuvent atteindre des dimensions appréciables à la pointe des récoltes, fin août ou début septembre.

Un jardin collectif ?

11113282_747933098656198_5573396273857055096_nPrécision : il ne s’agit pas ici d’un jardin communautaire, mais plutôt d’un jardin collectif. « Chez nous, la zone cultivable n’est pas divisée en espaces individuels : tout le monde travaille sur le même jardin », précise Guillaume Simard. Résultat ? Plus de possibilités offertes pour organiser les pousses, maximiser la terre disponible avec une approche à caractère biologique.

L’espace cultivé est divisé par produit. Ça nous permet de regrouper les types de plants, et aussi d’explorer des concepts comme celui du compagnonnage : par exemple, faire pousser de la coriandre à côté de plants de tomates nous permet de repousser certains insectes nuisibles. »

C’est quelques mois avant le début de la saison que tout est planifié : l’organisation de l’endroit, le choix des plants à faire pousser. Avec, pour volonté, d’offrir la plus grande variété possible. « En fait, notre jardinier dit souvent qu’on fait pousser de tout, de A à Z, dans le jardin, soit de l’ail aux zucchinis ! »Question de permettre aux membres de se dépêtrer avec les légumes moins connus tels que chou-rave, bette à carde ou céleri-rave, des formations sont également proposées.Et ce n’est pas seulement des légumes qui y sont récoltés : on y compte aussi des plantes médicinales, ou encore du miel.

On a des ruches également ! Elles sont un peu en retrait dans l’espace du jardin, et la récolte du miel est effectuée avec l’aide d’un apiculteur, pour être ensuite vendue à prix raisonnable aux participants. Et, côté culture, avec les dynamiques d’échange de pollen, la présence d’abeilles donne un coup de pouce au jardin ! », poursuit le coordonnateur.

Vie démocratique

11328828_10152677035231706_898689963_nChaque journée de travail commence toujours de la même façon : par une visite de 30 minutes du jardin en compagnie du jardinier, question de connaître les objectifs du jour. Cela, sans compter les nombreuses formations qui seront offertes au cours de l’été, toujours choisies par des comités de membres ; la vie démocratique du lieu est, aux côté des cultures et des aspects pédagogiques, une des visées principales des Ateliers à la terre.

Publicité

Différents comités sont mis en place pour gérer les différents aspects du jardin, que ce soit ses activités, ses formations, sa planification. Ou encore notre comité Transformation qui, lui, sera en charge de minimiser la perte de produits : par exemple, à un moment, si la production de tomates dépasse ce qui peut être consommé, il devra mettre en place une corvée de cannages. À travers tous ces aspects, la gestion démocratique du jardin est un exercice fort intéressant », fait valoir Guillaume Simard.

Bien que la saison soit déjà commencée, l’équipe des Ateliers à la terre accepte toujours les nouvelles inscriptions, à tout le moins jusqu’à la mi-juin. Ceux qui y viennent un peu plus tard seront invités à participer plus activement à la fermeture du jardin, au fil d’octobre, « par souci d’équité » puisqu’ils ont manqué la période de mai avec la préparation des terres et la plantation des semences.

Jardin des Ateliers à la terre2400 avenue D’Estimauville418 948-0673

 [ À lire aussi: Faire le plein à la Fête des récoltes ]

Soutenez votre média

hearts

Contribuez à notre développement à titre d'abonné.e et obtenez des privilèges.

hearts
Soutenir