Entre les murs : un appartement du Vieux-Limoilou transformé en « oeuvre vivante »

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Une œuvre vivante : voilà ce qu’est devenu un appartement du Vieux-Limoilou à la suite d’une résidence de création du collectif 5puissance4, qui s’y est installé depuis quelques mois. Du 12 au 14 juin, le public est invité à venir découvrir le résultat de cette exploration, intitulée Entre les murs, au 263, 8e Avenue.

Le collectif 5puissance4, c’est Marilyne Bissonnette, Sarah Booth, Marion Gotti, Andréanne Jacques et Nathalie Vanderveken. Alors qu’elles étaient, l’automne dernier, à la recherche d’un atelier, elles sont tombées – un peu par hasard – sur ce petit 4 et demi. Sensibles à l’endroit et à son potentiel, elles ont laissé leur projet évoluer à son contact.

Le fait de travailler en appartement a changé la nature du projet. Au fil du travail, il est passé d’atelier à lieu physique de l’installation. À notre façon, on a vécu dans cet appartement, et notre perception de chaque pièce est venue influencer notre travail », explique Mme Vanderveken.

Cela avec l’objectif, pour les artistes, de définir leur « identité » collective, de se donner, justement, une première expérience de travail à cinq.

C’est un projet qui, à sa manière, nous a permis de sortir de nos zones de confort, d’aller en exploration », poursuit-elle.

En résulte donc Entre les murs, une installation qui interroge l’identité, l’intimité. C’est qu’à un moment, un personnage s’est imposé dans leur recherche : le résident de cet endroit, dont la présence est incarnée par une mise en espace à saveur d’intervention ou de performance qui oscille entre l’intime et l’impersonnel.

Parcours du visiteur

988592_10153199991816077_708558827884319835_nL’entrée se fait à l’avant. Le premier contact avec l’endroit s’effectue par un escalier exigu au fil duquel des moulages de latex ont été placés, accrochés. Le visiteur n’a d’autre choix que de les sentir, de les frôler, qu’il veuille les palper ou non.Puis, on arrive dans le salon. Sur la table, un repas est dressé. Les convives y sont, eux, par la vidéo et par l’ambiance sonore. Sans les voir, on sent leur présence : retour aux questions d’intimité, d’identité au cœur d’Entre les murs.Tout à côté, la cuisine et son accumulation sculpturale. Une pléiade d’objets usuels, gros et petits, enveloppés entièrement par du papier de livraison. Les objets sont là, faciles à percevoir, mais dépourvus de ce qui ferait leur identité, leur particularité. Seul élément perceptible ? Des cadres, des photos. Mi-figés mi-mobiles, à la manière de courtes séquences animées.Si la cuisine est enveloppée, si l’escalier est exigu, la salle de bain, elle, est claustrophobique. Un autre amoncellement attend le visiteur : des journaux, du sol au plafond. Pas suffisamment pour empêcher l’accès aux utilités, mais assez pour rendre le lieu étouffant.Enfin, à l’image du salon, la chambre à coucher est habitée par la vidéo : la volonté du collectif est de créer une « respiration » à la salle, comme si c’était le lieu même qui était « vivant ». Au sol, dans le garde-robe, sur le lit, des vêtements et enveloppes textiles cousus, déconstruits et reconstruits, auxquels les artistes ont tenté de donner un aspect organique.

Au fil de la visite dans l’appartement, on se rend compte qu’il y a beaucoup d’éléments liés à celui qui y habite mais, au final, peu d’informations pour savoir qui il est. Ce qu’on offre, c’est une vision de l’identité qui est ouverte, qui est mouvante », explique Marion Gotti.

Vernissage et visite libre

Question de bien lancer – et aussi bien occuper – l’espace, 5puissance4 convie le grand public, le vendredi 12 juin, à un vernissage en formule 5 à 7, suivi d’une soirée festive avec DJ pour bien clore la résidence de création. Par la suite, l’appartement du 263, 8e Avenue est accessible gratuitement au fil de la fin de semaine, 13 et 14 juin, de midi à 17 h.https://vimeo.com/130247688