Entrevue avec M. Fun en bouche, Karl Moran

cuisinewebJ’ai été si impressionné par mon déjeuner que j’ai voulu en savoir plus sur l’histoire du Fun en bouche. Rendez-vous a été pris avec Karl Moran, chef de l’établissement, pour une entrevue au téléphone. Vous pouvez vous imaginer les hautes fréquences dans votre tête. Personnellement, je n’aime pas ça à la radio.

Moi : « Salut  Karl ! Depuis combien de temps votre établissement est-il ouvert sur la 3e Avenue ? »

Karl : Le 1er juillet, ça va faire huit ans. Le Fun en bouche existait déjà, mais on a viré boutte pour boutte la vocation. Quand t’es rendu au 48e permis et que ça coûte 1000 $ pour changer le nom, tu le gardes. »

Encore moi : « Pourquoi Limoilou ? »

Toujours Karl : Ça fait plusieurs années que j’habite Limoilou. À l’époque, la 3e Avenue n’était pas ce qu’elle est en ce moment. C’est un gros coup de tête, je n’avais jamais eu de resto. C’est parti de bonnes intentions, on était motivés. Ça s’est décidé en deux mois. J’ai été chef boulanger pendant environ 10 ans pour payer mes études. J’ai étudié dans toutes sortes de domaines comme la philosophie, par exemple. »

Moi : « Pourquoi est-ce si achalandé et qu’est-ce qui, selon toi, participe à votre popularité ?»

Karl : Ce n’est pas arrivé du jour au lendemain, on n’a jamais eu de budget pour faire de la pub. On a toujours été autonomes pour toutes nos démarches comme le design intérieur. Ça s’est fait progressivement, de fil en aiguille, par le bouche-à-oreille. On a eu quand même plusieurs critiques dans des médias comme Le Devoir et La Presse. Tout ça fait en sorte qu’il y a de la clientèle extérieure comme des gens de Montréal qui viennent régulièrement maintenant. »

Moi : « Es-tu le petit-fils de Bob Morane ? »

Karl : Y’a un déjeuner Bob Moran sur le menu spécial parce que mon père s’appelle Bob Moran. Mais ce n’est pas le vrai Bob Moran(e), c’est un adon. »

Moi : « Tu voulais me parler de smoked meat ? »

Karl : Depuis le tout début du Fun en bouche, on prend les mêmes farines bio que j’utilisais dans mes boulangeries. Elles coûtaient deux fois le prix. J’ai tenu mon bout même si les prix de la farine ont explosé voilà cinq ans et que mon comptable était plus ou moins d’accord. Aussi, on travaille pas de sucre. Et le levain, c’est très dur à trouver. Depuis environ neuf mois, j’ai enfin concocté mon propre levain, mais c’est fragile à cultiver ; ça fait deux ans que je travaille là-dessus. »Mon but, c’est de devenir un resto 100 % bio, les cafés le sont déjà, et les thés sont bio et équitables. Depuis un an, on est rendus avec des fromages bio. J’ai découvert que les fromages La Chaudière proposaient des produits bio. J’ai encore eu un coup de fil de mon comptable pour me dire que c’est cher, mais les produits sont meilleurs et les gens sont prêts à payer pour ça, en plus d’encourager une fromagerie de Lac-Mégantic.Du coup,  je me suis dit que j’allais re-magasiner mes viandes et finalement, on fait affaire avec la Ferme Turlo,  une ferme située à Saint-Gervais. Ils n’ont pas encore la certification bio, mais ils sont en plein dans les démarches. C’est très dur d’obtenir ton certificat de bien-être animalier, il faut qu’il n’y ait aucune trace d’antibiotiques. Tu choisis l’avenue la plus complexe, mais en même temps, tu choisis l’avenue la plus naturelle.Avec cette variété de viande, on a concocté une saucisse qu’on ne peut trouver nulle part ailleurs. Elle contient du porc, du fromage cheddar de l’Isle-aux-Grues et du bacon de bajoue de porc. »

(J’ai été obligé de couper court à l’entrevue parce qu’il fallait que j’aille manger. M. Moran aurait eu encore plein de choses intéressantes à me raconter, mais j’avais trop faim.)

Moi : « Merci beaucoup pour l’entrevue et longue vie au Fun en bouche. »

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