Julien-Pierre Lafrance, l'Ent de Limoilou (2 de 2)

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Rencontre avec Julien-Pierre Lafrance, arboriculteur et élagueur ayant élu domicile dans Limoilou. Un peu comme le ferait un Ent du Seigneur des anneaux, esprit de la forêt qui a l’apparence d’un arbre, l’entrepreneur nous raconte les dessous de son métier et nous parle de l’état et des soins à prodiguer aux végétaux de notre quartier, plutôt choyé en la matière.

[ Première partie de l'entretien à lire ici ]Nous entamons cette deuxième partie sur les arbres de Limoilou en discutant de l'agrile du frêne, une maladie arboricole qui inquiète certains citoyens du quartier. Julien-Pierre Lafrance indique qu'Ottawa et Montréal ont vécu ce genre de cauchemar lors des dernières années. L’agrile du frêne est en fait un insecte provenant d’Asie, voyageant probablement par le transport maritime de Vancouver, qui s’est tranquillement propagé d’ouest en est jusqu'au Québec.À Québec même, les arbres ne sont pas encore affectés par cette espèce, mais cela ne serait qu’une question de temps selon Julien-Pierre. Nous avons déjà des agriles dans le quartier, mais ceux-là vivent de l’écorce des arbres tandis que l’agrile du frêne d'origine asiatique s’attaque au centre de l’arbre.

Les arbres, ce sont une série de tuyaux. La partie centrale de l’arbre s’occupe de faire monter la sève depuis les racines et la partie extérieure s’occupe de faire redescendre ce que les feuilles ont produit avec la photosynthèse jusqu’aux racines. Lorsque l’agrile du frêne, un insecte volant, arrive à sa phase adulte, il vient pondre ses oeufs et la larve s’attaque alors au pourtour de l’arbre, empêchant ici sa circulation. »

Un métier où il ne faut pas avoir froid aux yeux

1401310303_arbresJulien-Pierre souligne qu’il pratique son métier sans nacelle. Après avoir projeté son « sac de lancé » et son cordelet dans les airs, il grimpe dans les arbres pour leur prodiguer des soins. Assurant aussi un service de déneigement de toiture en pente l’hiver, Julien-Pierre avoue penser au prochain championnat d’élagage et même à une transition vers le métier d’homme-araignée.

J’ai dû délaisser mon métier en foresterie pour me rapprocher de la ville. J’ai alors fait mon cours d’arboriculture et élagage au Fierbourg de Charlesbourg, mais pour un métier dangereux, ce n’est pas très bien rémunéré. »

Quand doit-on faire appel à un arboriculteur élagueur ?

julien-lafrance2Cela est très relatif selon Julien-Pierre. Déjà, lors de la plantation d’un nouvel arbre, les services d’un arboriculteur peuvent être très importants. Choisir l’essence de l’arbre, son emplacement, l’espace qu’il occupera, sa durée de vie, la fragilité des racines, en même temps que déterminer son entretien pourra éviter bien des tracas au propriétaire.De plus, corriger l’anomalie d’un jeune plant peut prendre quelques secondes tandis que corriger un arbre adulte à l’aide de l’élagage peut prendre plusieurs heures. Pour ces mêmes raisons, une inspection et un élagage plus fréquents des arbres de moins de 15-20 ans sont recommandés, tandis que par la suite, le tout peut être fait aux 4-5 ans.

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L’hiver approche

Julien-Pierre conclut en recommandant d’arroser les arbres cet automne en prévision de l’hiver. De plus, il conseille de remarquer les arbres qui changent de couleur plus rapidement que les autres : ce serait un signe que l’arbre a besoin de fertilisant.

Julien-Pierre Lafrance Arboriculteur117, 9e Rue418 455-1855