La Chaiserie déménage sur la Côte-de-Beaupré

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Vicky Dessureault dans son nouvel environnement de travail à Château-Richer. Photo : courtoisie.

Après dix ans d’activités dans Limoilou, La Chaiserie, entreprise de restauration de chaises, a fermé définitivement ses portes le 30 juin dernier. Faisant face à des problèmes de santé, la propriétaire Vicky Dessureault a dû transférer son commerce à temps partiel chez elle, sur la Côté-de-Beaupré, et entreprendre une reconversion professionnelle.

Je me souviens quand j’étais en stage en France, les ébénistes avec qui je travaillais me disaient toujours : l’ébénisterie, ce n’est pas pour les femmes ! À l’époque, ça me choquait beaucoup et je m’obstinais à leur montrer que j’étais capable comme eux. Le temps m’a finalement donné une autre vision du métier : les femmes sont résistantes physiquement jusqu’à la quarantaine alors que les hommes vont facilement jusqu’à la soixantaine », explique Vicky Dessureault.

tressage-chaiserie-courtoisieL’entrepreneure n’a que 37 ans, mais l’exigence physique de sa profession l’empêche d’aller plus loin. Spécialisée dans le tressage de chaises, l’ébéniste force quotidiennement sur son poignet, son dos et son cou afin de suivre des méthodes traditionnelles bien précises. Pour la travailleuse manuelle, c’est une sonnette d’alarme du corps qui l’oblige à ralentir son activité :

 Je pratique ce métier depuis dix ans déjà, le cœur et la tête sont toujours au rendez-vous. Le problème, c’est que le reste de mon corps ne suit plus…. Je consulte un chiropraticien depuis deux ans, il a fait des miracles avec moi et m’a remise en forme, mais je suis consciente que le métier n’est pas moins exigeant pour autant. J’estime être capable de continuer à ce rythme encore cinq ou dix ans maximum. C’est pour cette raison que j’ai pris la décision de quitter mon atelier à Limoilou et de tresser à temps partiel à mon domicile. »

Une reconversion dans le domaine médical

Vicky-Dessureault-chaiserie-cote-de-beaupre-portrait-courtoisieMais pas question de rester inactive le reste du temps pour autant. Vicky Dessureault a décidé de revenir aux études en entamant une formation de trois ans en techniques d’orthèses et de prothèses orthopédiques au Collège Méricy. Si vous ne voyez aucun lien avec la restauration de chaises, l’ébéniste, elle, a vite trouvé des points communs :

Dans tous les cas, je travaille avec le corps et l’ergonomie du client. Une chaise doit pouvoir supporter tout le poids d’une personne, l’orthèse ou la prothèse doit répondre à ses besoins. J’aime le rapport à l’anatomie dans ces deux domaines, le travail à l’atelier, l’accueil et le contact avec la clientèle. Mais l’avantage que je vois dans l’orthèse-prothèse, c’est que je vais plus me préserver physiquement en travaillant sur des objets beaucoup plus petits et donc en forçant moins sur mon corps », explique la nouvelle étudiante, qui a fait sa rentrée cet été.

Une demande forte en tressage et restauration de chaises

En 2005, Vicky Dessureault avait choisi Limoilou pour implanter son atelier, d’abord dans un sous-sol, puis au 1550, 3e Avenue à partir de 2007. Sa spécialité est tellement rare au Québec que « le téléphone a toujours sonné », raconte Vicky Dessureault, faisant d’elle une référence dans la province. L’ébéniste accumule en moyenne 150 chaises, qu’elle doit tresser en même temps dans son local, tant la demande est forte.chaiserie-atelier-3e-avenue-courtoisieChaises récupérées des vidanges, héritées ou achetées au premier prix ailleurs, quels que soient le style ou l’époque, la propriétaire de La Chaiserie aura tout vu. Les clients n’hésitaient pas à lui rendre visite dans son atelier pour lui demander des conseils ou une estimation sur la restauration, services que l’entrepreneure offrait gratuitement. Aujourd’hui, elle continue de le faire via sa page Facebook.Bien qu’elle ne puisse pas accepter tous les contrats de restauration pour respecter son temps partiel, Vicky Dessureault veut assurer sa relève en donnant des cours privés à des groupes de quatre étudiants maximum :

Je veux transmettre ces méthodes traditionnelles qu’on doit absolument conserver, surtout dans le tressage, qui reste un métier rare. La relève n’est pas très présente dans ce milieu au Québec, mais j’ai envie d’y croire. Il est temps de passer le flambeau. »

Pour toutes demandes d’informations, contrats ou cours en restauration de chaises et de tressage, vous pouvez contacter Vicky Dessureault via sa page Facebook : La Chaiserie.[ À lire aussi : Réparer le temps ]

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