La photographie historique de Québec en 2D et 3D

Conférence de Pierre LavoieCollaboration spéciale : Joanne BouchardQuand Pierre Lavoie a fait don à la Ville de Québec de sa collection de photos anciennes, on peut imaginer le déchirement qu’il a vécu. Mais, semble-t-il, ce fut aussi un soulagement puisque chaque fois qu’il partait en voyage, il craignait de laisser à la maison son précieux trésor !Pierre LavoieMalgré le froid de ce 26 janvier 2015, c’est devant une salle comble que M. Lavoie a donné, à la Villa Ringfield, la première conférence de l’année organisée par la Société historique de Limoilou.Pierre Lavoie est collectionneur de photos anciennes stéréoscopiques depuis une dizaine d’années. Il s’est particulièrement intéressé aux photos de Québec prises entre 1850 et 1890. La stéréoscopie, ce n’est ni plus ni moins que la technologie 3D à une époque où l’on n’aurait pas cru la chose possible !D’entrée de jeu, la salle a été réchauffée par un petit exercice de datation des photographies projetées à l’écran. Pour dater une photo, les experts se servent d’un ensemble d’indices comme la chronologie du bâtiment, l’événement représenté par le cliché, la date de la visite du photographe, le type de papier utilisé, le type et le format de la carte stéréoscopique.N’ayant pas ces clés en main, l’auditoire a plutôt joué aux devinettes tout en découvrant les photos exceptionnelles d’une ville qu’on ne cesse de chérir. Car les photographes de l’époque − George W. Ellisson, Louis-Prudent Vallée, William Notman et le très populaire Livernois − ont, par leurs premiers clichés, commencé à révéler l’âme de Québec. Et d’une certaine façon, ce sont ces clichés qui positionneront alors Québec comme ville à potentiel touristique.La projection de ces belles photos nous fera nous émerveiller devant le bâtiment magistral qu’était l’ancien collège des Jésuites sur le site de l’actuel hôtel de ville, les immenses voiliers disparus avec l’arrivée des bateaux à vapeur qui entraînera la perte d’une industrie de la construction navale florissante, l’ancien parlement alors situé sur le site du parc Montmorency, la terrasse Dufferin à l’époque où elle était « courte », les vieilles portes de la ville − lourdes et peu invitantes −, avant qu’elles ne deviennent ces structures si jolies avec leurs tourelles.

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Lavoie nous confiera qu’il parcourt souvent la ville avec, en tête, les images du passé, comme si les dimensions « hier/aujourd’hui » se superposaient continuellement. Et c’est vrai que ces photos d’un autre siècle sont un aperçu de ce que nous allions devenir. Car le plan général était déjà là avec le fleuve, le cap, la rivière Saint-Charles, le port, les fortifications, le tracé des rues. Quant aux beaux bâtiments d’autrefois, certains ne vivent plus que grâce à ces photos.  Et n’oublions pas ces personnages captés dans leur quotidien, nos ancêtres, qui regardent parfois le photographe d’un œil interrogateur et sans jamais prendre la pose !Plusieurs photos de Pierre Lavoie se retrouvent dans le très beau livre Québec éternelle dont il est le coauteur avec Michel Lessard et Patrick Altman. Elles peuvent également être vues aux archives de la Ville à la bibliothèque Gabrielle-Roy.