Mes années d’étude à l’École Supérieure Saint-Fidèle

L’école Saint-Fidèle vers 1955.

J’ai fait mes études de la 3e à la 9e année, dans les années 1950, à l’école Saint-Fidèle, située sur la 12e Rue. L’école était dirigée par les Frères du Sacré-Cœur.

J’ai aimé toutes ces années passées sur les bancs d’école, mais je sais que ce ne fut pas le cas pour tout le monde… Suis-je une exception ?  Je ne crois pas.Certains vous raconteront des histoires d’horreur sur la discipline de fer imposée par les religieux, les coups de règle et la strappe, la religion omniprésente, les visites à l’église pour la confession, les corvées incluant le nettoyage des tableaux, les leçons apprises par cœur, les devoirs quotidiens et les retenues…Tout ça ne me dérangeait pas.  J’aimais mes profs, j’aimais mes camarades de classe et surtout, je me sentais en sécurité à l’intérieur des murs de mon école et dans la cour de récréation.Bien sûr, il y avait parfois des chicanes, quelques bousculades, mais rien de vraiment sérieux. Du chamaillage. On apprenait la vie et la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille.Je marchais à tous les jours dans la ruelle jusqu’à l’école sans me préoccuper de me faire intimider. Faut bien dire que l’intimidation était réprimée sévèrement par les frères enseignants et par les parents.  Quand des adultes voyaient un enfant se faire tabasser, ils intervenaient rapidement.  On était loin de l’indifférence actuelle, l’apathie citoyenne.Un jour, à la récréation, j’ai envoyé le ballon, sans le faire exprès, à la tête de Ti-Boule Roy. Ti-Boule m’a crié : « M’a t’attendre après l’école, tu vas voir !» Roy était un dernier de classe qui parlait peu. Ce n’était pas non plus un vrai dur mais ce jour là, il péta les plombs. À la fin de la classe, Ti-Boule me suivit et comme je passais devant la Caisse populaire, il me jeta par terre. En moins de deux, un homme qui passait par là agrippa Ti-Boule par le collet, lui frotta les oreilles et lui dit de décamper au plus vite… Ti-Boule Roy n’a plus jamais essayé de m’attaquer. Ce fut le seul épisode d’intimidation de tout mon secondaire.De plus, une sorte de « code » existait : les toffs s’en prenaient aux toffs car ils ne voyaient pas le plaisir de s’en prendre à plus faible que soi.  C’était lâche ! J’ai même vu des « grands » défendre des petits.Je ne garde que de bons souvenirs de mon passage à l’école Saint-Fidèle. Ai-je été chanceux de pouvoir étudier en paix, ou bien, ai-je vécu à la bonne époque ? Peut-être.J’aimerais tellement que tous les enfants d’aujourd’hui puissent un jour en dire autant en parlant de leurs années passées à l’école…[ À lire aussi : On jouait au ballon coup de pied, une sorte de soccer inventé ]