On en as-tu fait du bicycle !

Demers Bicycles. Source : Courrier de Limoilou, 1er avril 1962.
Publicité dans le Courrier de Limoilou du 1er avril 1962

Oubliez les vélos high-tech en carbone, les maillots en Salinas 120 gr avec insertions de tissu de mailles ventilées aux couleurs du Tour de France, oubliez les cuissards et les casques Louis Garneau haute performance, nous, on faisait du bicycle – pas du vélo ! – avec pas de casque  !

On mettait des clips autour de nos culottes longues, on enfourchait nos bicycles à poignées droites et on partait. On ne marchait presque jamais quand nous étions jeunes. Tout se faisait en bicycle. Limoilou, je ne l’ai pas marché, je l’ai pédalé.J’allais à deux maisons de chez nous pour voir Ti-Gilles, j’allais faire des commissions chez Langlois ou chez Larochelle, tout près, sur mon deux roues. Pas question d’y aller à pied. La seule concession : traverser la 4e Avenue pour aller chez chez Madame Guay acheter un cornet à deux boules. Comme c’était presque devant chez nous, alors… je marchais.Dès que je sortais de la maison, je sautais sur ma bécane et je décidais alors où j’irais. Au parc Ferland ? Chez Turgeon sur la 13e  ? Faire le tour du bloc ? Peu importe l’endroit, ce serait les mains sur mon guidon. Mon bicycle était mon prolongement, il était moi, il était mon identité dans le quartier : « Tiens, Lévesque doit être là, j’ai vu son bicycle »...

Mon premier deux roues : un bicycle de fille

Je devais avoir dix ans quand mon père décida d’acheter une bicyclette pour ma sœur et moi. Nous somme allés en famille chez Nap Côté à Saint-Roch pour magasiner. Papa opta pour une bicyclette CCM de fille, le modèle sans barre. Imaginez ma déception : un gars sur un bicycle de fille !  La honte. Le choc passé et les moqueries de mes amis ayant cessé, j’ai fait beaucoup de millage sur cette bicyclette.

Enfin une bicyclette bien à moi

Quelques années plus tard, enfin, j’ai eu mon deux roues rien qu’à moi. Un bicycle flambant neuf de marque Raleigh, vert et beige, trois vitesses mais à tire ballounes – pneus ballons, dirait-on maintenant. Une merveille ! Unique dans le voisinage ! Personne n’avait vu ça, des pneus aussi larges à bordure blanche. Mes amis étaient en admiration devant cette nouveauté. J’étais le king du bicycle...

Demers les bicycles

Sur la 10e Rue, Gérard Demers réparait les bicycles. Crevaisons, fourches brisées, nouveaux pneus, accessoires, c’était chez Demers. Son atelier de réparation était toujours bondé. Quand on devait attendre deux jours pour une réparation, on se sentait perdu sans notre bécane.Ce magasin existe encore.  On y vend des vélos…

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