Promenade des écrivains : l’ambiance de Limoilou au gré des mots

C’est un succès pour la Promenade des écrivains Limoilou, quartier libre, qui affiche complet presque chaque samedi, depuis son lancement le 6 juin dernier. Pendant deux heures, Marie-Ève Sévigny, bibliothécaire de formation, et les textes de huit auteurs accompagnent un groupe de 25 personnes dans de nombreux recoins, parfois insoupçonnés, de Limoilou. Nos guides ? Des romanciers, dramaturges, chanteurs inspirés par le quartier.

En 2000, Marc Rochette, professeur de littérature, crée la Promenade des écrivains, un parcours guidé par des textes littéraires d’auteurs québécois et même étrangers, à travers un quartier de la ville de Québec. Aujourd’hui, il en existe dix, soutenu par l’Institut canadien de Québec, autant en haute-ville qu’en basse-ville. Marie-Ève Sévigny, qui a repris le flambeau en 2008, offre cet été la première incursion au cœur de Limoilou ayant pour fil d’Ariane, l’artiste Sylvain Lelièvre :

La promenade consacrée au Limoilou de Sylvain Lelièvre s’imposait depuis longtemps. On me la réclamait beaucoup ! Alors j’ai lu toute son oeuvre, ses chansons, son unique roman Le troisième orchestre qui se passe d’ailleurs dans le Limoilou des années 50. J’avais la curiosité de savoir si ce qu’il avait connu dans son fief à l’époque, avait changé aujourd’hui », raconte-t-elle.

Huit auteurs racontent le Limoilou d’aujourd’hui

Pour bâtir cette promenade limouloise, Marie-Ève Sévigny a donc fait appel à des auteurs, vivant ou ayant vécu dans le quartier, et leur a commandé des textes, écrits spécialement pour l’occasion. Chacun, avec son style, s’est donc livré à l’exercice, tantôt poétique tantôt théâtral comme avec Anne-Marie Olivier, directrice artistique du Théâtre du Trident, et Véronique Côté, dramaturge, pour décrire le Limoilou d’aujourd’hui.Marie-Ève Sévigny accompagne, chaque samedi, un groupe de 25 personnes au coeur des ruelles de Limoilou guidé par les textes de huit auteurs de Québec.Marie-Ève Sévigny emmène alors les promeneurs sur les lieux racontés par les huit écrivains, pour leur lire les hommages au quartier.  À l’écart de la 3e Avenue, ce sont bien souvent des recoins cachés et leur(s) ambiance(s) qui les ont inspirés, notamment par les bruits des voisins, les jeux d’enfants ou encore le linge étendu sans pudeur…Ainsi François Blais, natif de la Mauricie et ancien habitant de Limoilou, nous décrit, avec beaucoup d’humour, les chats des ruelles et en particulier ce gros matou, tel un empereur que « personne n’a jamais osé baptisé ». Le Français et Québécois d’adoption Max Ferandon, lui, raconte l’évasion d’un détenu de Donnaconna suivant des cours au Cégep Limoilou dans le cadre d’un programme spécial. Quant à la critique de théâtre, Sylvie Nicolas, elle, raconte le premier baiser et la rupture d’un couple, deux scènes arrivées ironiquement au même endroit… devant le café-resto Les Colocs.Des regards croisés, qui sont finalement tous d’accord pour dire qu’il réside une ambiance unique en son genre à Limoilou.

Le quartier d’enfance de Sylvain Lelièvre

Moment fort devant la maison de Sylvain Lelièvre avec un texte de Michel Rivard.La visite est ponctuée de clins d’œil à Sylvain Lelièvre, rendant ainsi hommage au quartier où il a grandi. Marie-Ève Sévigny a, entre autres, choisi un extrait de son unique roman Le troisième orchestre mettant en scène les deux personnages principaux : Hubert, adolescent de la haute-ville et Benoît, son ami de Limoilou qui partage d’ailleurs beaucoup de points communs avec l’auteur.Dans cette lecture, Hubert vient pour la première fois à Limoilou et tente d’élucider la disparition de la 5e et 7e Avenue. À leur tour, les visiteurs essaieront de savoir si elles existent ou ont déjà existé.Michel Rivard a également offert, spécialement pour la promenade, un hommage puissant à Sylvain Lelièvre que Marie-Ève Sévigny lit devant sa maison d’enfance au 245, 8e Rue. Le chanteur s’adresse directement à son ami par le « tu », comme s’il l’écoutait, en lui parlant de ce qui a changé à Limoilou depuis son époque. Moment fort.

Des souvenirs

En plus de découvrir des écrivains de Québec, les promeneurs apprennent bon nombre d’anecdotes sur le quartier. Saviez-vous qu’il y avait deux cinémas, dont un proche du Tim Hortons, et une boîte à chansons auparavant sur la 4e Avenue ? Savez-vous pourquoi le café-resto Les Colocs s’appelle ainsi ? Voilà, entre autres, quelques informations que vous devriez avoir dans votre besace après avoir fait la promenade Limoilou, quartier libre. Certains ne se sont jamais baladés dans les ruelles de Limoilou et les découvrent avec les textes des auteurs de la promenade.Et pour que les promeneurs se souviennent aussi de toutes les références évoquées, Marie-Ève Sévigny envoie ensuite par courriel, une liste, qu’elle aime qualifier, de « lectures obligatoires pour l’été ». Dans ce document, les participants retrouveront les références des auteurs et de leurs œuvres.La Promenade des écrivains Limoilou, quartier libre est présentée chaque samedi de 10 h 30 à 12 h 30 jusqu’au 27 septembre. Au coût de 15 $ et sur réservation : promenade.ecrivains@yahoo.ca .