Un Limoilou en carton voit le jour au Mexique

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Photos courtoisie

Trois artistes de Québec se sont affairés, début mars, à bâtir un Limoilou de carton lors d’une résidence de création au Museo de la Ciudad de Quérétaro, au Mexique. Petit regard sur une initiative pour le moins originale portée par Sarah L’Hérault, Frédérique Laliberté et Cyrielle Tremblay.

Le défi à l’origine de l’installation Riviera San Carlos ? Fabriquer de toutes pièces un quartier québécois, avec ses édifices notoires, ses artères principales, ses habitants, son architecture, son environnement naturel et industriel, son climat, ses paysages limitrophes… en utilisant exclusivement des matériaux recyclés mexicains !Cette approche, cet axe d’intervention s’est imposé rapidement, en accord avec les démarches portées par les trois créatrices :

Je travaille beaucoup avec l’accumulation, qu’elle soit numérique et tangible, explique Frédérique Laliberté. Sarah, pour sa part, utilise beaucoup d’objets trouvés en plastique qu’elle détourne ou assemble afin d’arriver à un résultat sculptural très coloré et assez surprenant. Cyrielle, de son côté, a l’habitude en tant que muraliste de couvrir des espaces bidimensionnels gigantesques tout en semant de judicieux détails un peu partout. Bien que nos pratiques solo soient distinctes, nous nous doutions bien avant d’entreprendre le projet que nos démarches avaient des atomes crochus, autant dans le style que dans la méthode de travail. »

rivierasancarlos10Au fil de leur séjour au Mexique, les artistes visuelles mettent la main sur des matériaux d’artisanat, des rebuts industriels et, surtout, beaucoup de carton.

Pourquoi avoir choisi le quartier Limoilou ? Premièrement, parce que nous l’aimons de tout notre cœur. Après tout, “Limoilou, c’est la vie”, comme me le rappelle chaque jour un aimant sur mon frigo. Aussi parce que nous aimons l’idée un peu décalée de recréer les éléments typiques d’un quartier québécois avec des matériaux recyclés mexicains en tant que seule matière première. Nous sommes également attirées par l’aspect démesuré et insolite de transposer cet environnement visuel et sonore bricolé dans une salle de musée », poursuit Frédérique Laliberté.

Ainsi, lors de multiples séances de bricolage, ces objets recyclés sont transformés en éléments typiques du quartier Limoilou, que viennent ensuite accentuer une murale formée d’applats colorés et une ambiance sonore composée d’extraits audio de l’hiver québécois. Le tout accompagné de joyeux délires esthétiques, s’exprimant – entre autres – dans des anachronismes spatiotemporels, des préconceptions sociales, des mélanges de traditions esthétiques autant que dans une relation d’échelle atypique.

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Initiative indépendante

Ce projet découle d’une initiative indépendante de la part des artistes, amies depuis leurs années au collégial : bien qu’ayant collaboré en duo sur diverses initiatives, elles n’avaient jamais eu l’occasion de travailler en trio sur un projet commun.

Cyrielle vit au Mexique depuis quelques années et elle y est très active en tant qu’artiste muraliste et organisatrice d’événements artistiques. Nous avons donc décidé d’approcher un espace de diffusion mexicain. Nous leur avons proposé de travailler sur une installation in situ inédite en trio au cours d’une résidence de trois semaines et avons pris en main le financement du projet. C’était donc une expérience de création à l’étranger beaucoup moins encadrée que, par exemple, un échange coordonné par un organisme québécois. J’ai trouvé personnellement que c’était fort intéressant de mettre sur pied un projet comme celui-là, qui demande de la débrouillardise et qui a l’avantage de laisser énormément de liberté aux artistes », conclut Frédérique Laliberté.