Véronique Lalande se retire du Comité de vigilance des activités portuaires

veronique-lalandeVéronique Lalande se retire du Comité de vigilance des activités portuaires afin de recentrer son action sur la documentation des impacts directs des activités portuaires sur la qualité de vie des citoyens de la basse-ville de Québec : voilà ce qu’elle a annoncé dans sa lettre de démission, remise au Comité et rendue publique sur le Web.

Il faut dire que, lors des deux dernières rencontres du Conseil municipal, le maire Régis Labeaume a eu des mots durs envers les critiques de l’Administration portuaire de Québec. En octobre, il se félicitait des résultats de l’élection fédérale, notant – à tort – que « ceux qui avaient diabolisé [le Port] n’avaient pas trouvé support dans la population ». En novembre, toujours au Conseil, il en a rajouté, indiquant qu’il avait « envie de dire aux amateurs et aux apprentis sorciers, taisez-vous et laissez les scientifiques faire leurs preuves ».

Nous retournons à partir de maintenant, avec sérénité et je dois avouer un immense soulagement, à notre rôle premier : celui d’apprenti-sorcier lanceur d’alerte », répond dans sa lettre la porte-parole de l’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec, Véronique Lalande.

Selon elle, c’est ce travail qui « a permis à toute une communauté de sortir de l’ignorance et d’imaginer un autre possible ».

Nous restons persuadés qu’un important travail de connaissance de la problématique reste à faire, que ce travail va bien au-delà des timides actions entreprises ou annoncées, que ce travail est essentiel à une prise de décision cohérente pour l’ensemble des parties prenantes, mais surtout que ce travail doit prendre comme point de départ la situation telle qu’elle est vécue par les citoyens. C’est à cette tâche que nous allons nous dédier », explique Mme Lalande.

On peut évidemment ajouter que la démarche de documentation scientifique réalisée par les membres de l’Initiative citoyenne a été récemment documentée dans le livre Quand les citoyen.n.es soulèvent la poussière écrit par la professeure Chantal Pouliot, de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval.La lettre de démission de Mme Lalande peut être trouvée sur le site Web de l’Initiative citoyenne.

Manque de transparence?

150804_4l8iz_porte-de-quebec_sn635Cela dit, au-delà des déclarations du maire de Québec, c’est plutôt la manière par laquelle se sont déroulé les préparatifs entourant la réalisation d’une étude quant à la qualité de l’air par la Santé publique qui aura motivé l’Initiative citoyenne a se retirer du Comité de vigilance des activités portuaires :

La récente annonce d’une étude sur la qualité de l’air, significativement à côté des demandes formulées maintes fois par les citoyens et surtout négociée derrière des portes closes par trois des membres de ce comité, aura vraiment sonné le glas en ce qui nous concerne », explique Mme Lalande, toujours dans sa lettre.

Parmi les constats qu’elle énonce dans sa missive, Mme Lalande déplore, notamment, le fait qu’il n’y ait, selon elle, « aucune volonté du Port de Québec de s’engager librement dans la seule voie qui permettrait de régler le problème de façon permanente, soit la mise sous couvert intégrale pour le transbordement, la manutention et l’entreposage du vrac solide ».

Précisons que la raison invoquée, le caractère non viable économiquement de l’opération, a été systématiquement utilisé depuis l’apparition des contraintes environnementales, et ce, par toutes les industries partout dans le monde… elles sont pourtant toujours en opérations et elles se portent très bien ! », ajoute-elle.

À ce constat, elle ajoute ce qu’elle perçoit comme un manque de volonté politique de la part des autorités à « forcer par la contrainte le Port à adopter ces mesures » et voit plutôt, dans leur volonté à trouver un règlement au litige, une volonté de ces mêmes autorités à « protéger leurs institutions » et « ne pas s’exposer », au-delà, donc, de la simple défense des citoyens touchés par la problématique.

Continuer à documenter

De l’information continuera d’être rendue publique sur le site Internet de l’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec, ainsi que sur son groupe Facebook. Mme Lalande et son conjoint, Louis Duchesne, comptent aussi continuer d’assumer le leadership des deux recours collectifs autorisés contre le Port de Québec et Arrimage Québec.On peut également rappeler qu’avant cette sortie, le Comité de vigilance des activités portuaires envisageait, lui, l’avenir d’un bon œil.

Il faut reconnaître les petits gestes, les petites avancées ! Il s’est plus passé de choses dans ce dossier depuis trois ans que dans les cinquante dernières années ! », disait la conseillère municipale Suzanne Verreault, présidente du Comité, en entrevue avec Monlimoilou.com le mercredi 18 novembre dernier.