Harry : portrait d’un détective privé, entre exubérance et charisme

[youtube clip_id= »FilvBjziwV8″ width= »625″ height= » »]

Le film Harry : portrait d’un détective privé a pris l’affiche vendredi sur les écrans du cinéma Le Clap. Un faux documentaire réalisé entre Limoilou et la Gaspésie. Rencontre avec Maxime Desruisseaux, le maître d’œuvre de ce long métrage.

Topo

Harry est détective privé dans Limoilou alors qu’une équipe de jeunes documentaristes filme son quotidien. Ils découvrent un individu charismatique aux méthodes peu éthiques. Avec le temps, Harry prend plaisir à se faire filmer et propose à ces jeunes de faire quelque chose d’extraordinaire pour mousser leurs carrières respectives. L’équipe se retrouve donc en Gaspésie avec l’exubérant détective qui recherche une femme disparue depuis cinq ans.

Harry, le personnage principal et son acteur

Au-delà de l’histoire et de la particularité du genre faux documentaire qu’est Harry : portrait d’un détective privéMaxime Desruisseaux voulait amener les gens ailleurs.

Le challenge du film, c’est vraiment de regarder un individu dans toutes les dynamiques humaines et la multiplicité des facettes de cette personne. Dans la vie, avec le temps, notre idée de quelqu’un se fait toujours plus grise et moins idéaliste. »

Harry : portrait d'un détective privéC’est le cas pour le personnage d’Harry qui évolue dans les extrêmes, à la fois exubérant et très charismatique. « Il y a Harry le super touchant et le super colon. C’est quelqu’un qui ne fait pas l’unanimité, on se demande si on l’aime ou pas », lance Desruisseaux. Semble-t-il que ce soit le cas pour un de ces amis, car sa personnalité fascinante a été « clairement un prétexte pour faire le film ». Aussi cet ami s’est-il retrouvé à jouer le rôle principal, le cinéaste percevant chez lui « un gars très charismatique, mais aussi avec un côté colon; ça fait une grande dualité chez lui, et ça se transporte dans le personnage de Harry ».Pourquoi détective privé ? Parce que le réalisateur s’est toujours demandé ce que faisait dans la vie Michel Corneau, le détective privé qui a pignon sur rue sur Grande Allée. C’était important pour lui de démocratiser, par la profession du détective, un genre cinématographique qu’on voit naturellement plus à Hollywood, mais qui peut très bien s’inscrire dans notre train-train québécois.

Le faux documentaire

Le genre du faux documentaire est un style qui existe depuis longtemps et qui gagne en popularité. Dans la dernière année, trois de ce type ont vu le jour au Québec, incluant Harry. Desruisseaux précise que son long métrage est inspiré du célèbre faux documentaire belge C’est arrivé près de chez vous.La réalisation de ce genre de film apporte certaines particularités, note l’aspirant cinéaste.

On a tout fait pour que ça ait l’air d’un vrai documentaire. Dans les faits, c’est de la pure fiction. C’est un grand défi quant au réalisme, car c’est assez facile que ça sonne faux. Il faut que ce soit ancré dans le quotidien, mais que ce soit événementiel pour que les gens aient le goût de passer d’une scène à l’autre. »

Limoilou

Réalisé par de jeunes outsiders qui habitent majoritairement Limoilou, comme aime dire le réalisateur, le film Harry a été produit par une équipe de passionnés du cinéma, professionnels en devenir. Ce film était, tout comme les documentaristes du long métrage, pour mettre de l’avant leur carrière, mais surtout, dit Maxime Desruisseaux, pour avoir du plaisir en travaillant.harry : portrait d'un détective privéQuestion pratique, pragmatique et financière, le film, excepté les scènes en Gaspésie, s’est déroulé entièrement à Limoilou. « J’aime sincèrement Limoilou », souligne le cinéaste, qui trouve le quartier contradictoirement calme et festif. L’équipe ne voulait pas nécessairement accentuer le fait que le film a été produit dans le quartier. Par contre, « c’est naturel et organique de le faire, puisque le film présente vraiment la réalité et le quotidien du quartier », précise le réalisateur.Maxime Desruisseaux et son équipe espèrent bien que leur film aura une longue durée de vie. Drôle et divertissant, drame à l’humour à plusieurs degrés, Harry : portrait d’un détective privé reflète bien les objectifs de son réalisateur — la passion et le plaisir, en l’occurrence.

L’essence de la vie, c’est d’être heureux et le but de faire le film, peu importe, c’est d’avoir du fun. »