Maranda lustre : plus de 60 ans au service de la fourrure

Maranda lustre
Christian Roy en compagnie de Sylvain (;a droite), responsable du nettoyage. 4 février 2015.

Propriétaire de Maranda lustre, Christian Roy conjugue deux passions : la fourrure et l’immobilier. Portrait de son entreprise et bref rappel d'un projet qui lui est cher sur la 3e Avenue...

Des racines dans Saint-Sauveur

Fondée à l'aube du XXe siècle sur la rue Renaud, Maranda Labrecque, entreprise de fourrures réputée du  quartier Saint-Sauveur, prend de l’expansion en 1954 afin de combler les besoins grandissants en nettoyage et entreposage des marchands de l'industrie, raconte Christian Roy :

Émile Dion, le propriétaire, a scindé son entreprise en créant Maranda Rizing - plus tard francisé Maranda lustre -, nom qui référait à un procédé de nettoyage. Trois ans plus tard, M. Dion et ses fils ont implanté leur franchise dans le parc industriel non loin du Colisée, dans une nouvelle construction […]. »

Maranda lustreEn 1984, soucieux de développer de nouveaux services de confection et de réparation à sa clientèle incluant, depuis, le public, M. Renaud greffe à son immeuble un atelier. Au même moment, Christian Roy, avec son père, s'y installe pour exercer la taille de la fourrure, métier que l'entrepreneur a appris très jeune chez Tailleur en fourrures Denys, sur l'avenue de la Ronde, lequel héberge dans  Maizerets, faut-il le rappeler, Fourrures Falardeau depuis le triste incendie de janvier 2014.Quinze ans plus tard, M. Roy acquiert de la troisième génération des Dion l’entreprise au complet, soit Maranda lustre avec les Ateliers GR, « offrant tous les services de fourrures : nettoyage, entreposage, et aussi réparation, confection et remodelage ».

Impressionnantes voûtes

Localisé près des ateliers du Carnaval de QuébecMaranda lustre est, aux dires de son propriétaire, « le plus gros entreposeur et unique nettoyeur desservant à tous les niveaux la plupart des marchands de fourrures à l’est de Montréal ». Il cite comme exemple les Fourrures du Vieux-PortJean-François Morissette signaturePrémont Forgues fourrures, Richard Robitaille fourruresFourrures Laliberté « pour qui je fais le nettoyage », sans oublier, depuis le sinistre, Fourrures Falardeau pour l'entreposage.Maranda lustreDe quatre à six employés s’affairent dans l’immeuble de 10 000 de plancher, incluant les deux voûtes au sous-sol. « On est une petite équipe polyvalente ! », souligne fièrement M. Roy :

Pour ma part, en plus de gérer l’entreprise, d’accueillir la clientèle, je donne un coup de main à Sylvain, responsable du nettoyage et homme à tout faire, et je taille les fourrures dans l'atelier […]. »

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Maranda lustrePour le profane en ce domaine, une visite de la principale voûte s’impose, enrichie des explications ponctuées d'anecdotes de son propriétaire :

Les clients confient aux marchands leurs manteaux qui, eux, nous les prêtent. Les particuliers constituent environ le quart de la surface d'entreposage de nos voûtes sécurisées. On parle de manteaux de personnes décédées, de gens en voyage dans le Sud ou qui décident de ne pas les porter cette année à cause de la météo […]. La température y est d’environ 480F ; l’humidité est aussi contrôlée pour éviter que le cuir de la fourrure ne s’assèche, perde son élasticité comme ça risque d'arriver à la maison […]. On pourra ainsi travailler le manteau même après 40 ans, comme ces manteaux de chat sauvage, les fameux "capots de chat" du Carnaval ! Je pense aussi à la fille qui porte le manteau de vison des années 1970 de sa mère  et qui le portera encore 20 ans […]. »

Maranda lustreDu côté de l’atelier, « là où tout s’opère », insiste M. Roy,  Céline et Nicole  confectionnent, réparent et remodèlent, « autrement dit, elles "refont" le manteau pour vous, à partir d’un patron. Le remodelage, c’est en fait du recyclage, le mot à la mode […]. »

De la fourrure à l’immobilier

« Le domaine de la fourrure, c’est une année à la fois !», confie M. Roy qui entrevoit tout de même quelques bonnes années pour son entreprise, malgré, entre autres, la perspective d’une multiplication d’« hivers El Nino » et l’absence de relève :

Traditionnellement, la fourrure était surnommée "l’étoffe du pays", rappelle-t-il. Mais le métier se perd au fil des années, les modes ont changé […]. La fourrure se portait pour les sports d’hiver avant l’arrivée de vêtements légers et de nouveaux tissus […]. C’est un métier qu’on apprend sur le tas : il n’y a pas vraiment d’écoles, à part peut-être le collège Notre-Dame-de-Foy. Même si ses étudiants en couture ont une bonne base, c’est très différent, la fourrure […]. »

En parallèle de son métier de tailleur, M. Roy a aussi développé une passion pour l’immobilier dès l’âge de 19 ans, vers 1980. « Comme l’été, c’était plus tranquille chez Turmel fourrures, j’ai commencé très tôt à investir dans mes temps libres tout en allant à l’université […]. »Ex-Fourrures falardeau, 3e AvenueFruit de ses efforts, de ses contacts, il possède maintenant plus de 40 adresses à Québec, la plupart dans le quartier. Son dernier projet et non le moindre : le développement sur le site de l'ex-Falardeau Fourrure du Vieux-Limoilou  d'un immeuble mixte à vocation commerciale et résidentielle, objet de cet article dans Monlimoilou et sur lequel il planche en association avec ses deux garçons :

Nous sommes vraiment bien localisés, au coeur de la  3e Avenue. On veut construire quelque chose de beau, de contemporain ! Nous sommes toujours en pourparlers avec la Ville, les architectes, pour un chantier qui devrait démarrer bientôt. On a un prospect pour le rez-de-chaussée : il attend juste son financement […]. Ce projet vous sera officiellement dévoilé d’ici quelques semaines ! », promet Christian Roy en conclusion.

Maranda lustre Inc2515, avenue Dumas, Québec418-623-9955

[ À lire aussi : Les Fourrures Roméo Falardeau : … à aujourd’hui (reportage de Viviane Asselin réalisé avant l'incendie). ]