Primeur – Caserne des tout-petits : c’est la fin…

Caserne, 5e Rue
L’ancienne caserne, sur la 5e Rue. 16 mars 2016.

« La Ville a dû renoncer à sa part de financement du projet de la Caserne des tout-petits », a annoncé mardi Suzanne Verreault en amorce de notre rencontre « suivi de dossiers » avec la conseillère municipale du district de Limoilou.

La Caserne des tout-petits - Première esquisseL’Initiative 1,2,3 Go ! Limoilou pilotait « sa» Caserne des tout-petits qu’il souhaitait, faut-il le rappeler, mener à terme sur la 5e Rue pour 2017.En 2010, l’organisme avait remporté l’appel de propositions de la Ville. Le projet visait à rénover et à agrandir l’immeuble centenaire, après cession, pour en faire un lieu consacré aux 0-5 ans. La Caserne des tout-petits aurait notamment hébergé de nouvelles places en garderie du CPE Le Jardin bleu et offert des jeux intérieurs ainsi que des services pour les familles du quartier, le tout en collaboration avec divers acteurs du milieu, dont le CLSC Limoilou.

« Le sentiment d’avoir tout fait »

Pour réaliser au coût de 4 M $ la Caserne des tout-petits dans l’édifice abandonné en 2004, le groupe de travail d’Initiative 1,2,3 Go ! Limoilou devait compléter la part du financement « à hauteur de 1,5 M $ promis par la Ville telle qu’inscrite dans son programme triennal d’immobilisation [PPI] », a précisé Suzanne Verreault. Cette contribution s’additionnait à celles anticipées d’autres partenaires privés ou publics, principalement le gouvernement provincial qui a informé le groupe de son refus le 24 février dernier.

Mis au fait de cette information, nous n’avions pas le choix de nous retirer après avoir convenu, il y a trois ans, de débloquer notre financement et de céder le bâtiment après des tests de contamination de sol et d’amiante qui n’avaient révélé rien de préoccupant. […] »

Visiblement très déçue de la tournure des événements, Suzanne Verreault a confié qu’elle a « le sentiment d’avoir tout fait », depuis, à la fois comme conseillère municipale et citoyenne de Limoilou :

 Je souhaitais vraiment que le bâtiment revienne à la communauté. Le groupe avait clairement notre appui, avec deux lettres signées par le maire. […]  Notre contribution était raisonnable. […] J’ai dû malheureusement expliquer que nous avions d’autres projets en attente de type communautaire dans d’autres districts de la Ville, et ce montant de 1,5 M $ « dormait » au PPI. […] »

Un plan B

Coordonnateur de l’Initiative 1,2,3 Go ! Limoilou, Marc Bergeron a reconnu d’entrée de jeu que son groupe n’a pu convaincre l’ensemble des acteurs sur l’« importance de la petite enfance », auprès, par exemple du Ministère de l’Éducation, du Loisir et des Sports par le biais de son programme des infrastructures et immobilisations.

Nous avions un projet novateur offrant différents plateaux d’éveil pour la petite enfance qui permettait aussi de recycler un édifice. […] Les trois premières années sont marquantes, en termes d’environnement de qualité. Or, on manque d’infrastructures pour les tout-petits. […] Avec notre conseil d’administration, nous avons convenu de reprendre le bâton du pèlerin : on continue d’avancer avec la conviction qu’on a besoin d’espaces de ce type dans la communauté. […] »

Bousculé par le retrait de la Ville, M. Bergeron a expliqué que son groupe travaille toujours étroitement avec le CPE Le Jardin bleu. « Une priorité afin de développer un nouveau projet conjoint dans un délai rapide » dans le but d’augmenter ses places en garderie, au nombre actuel de 159 dans trois installations :

 Notre plan B explore d’autres environnements à moindre coût. […]. Il faut trouver un espace d’ici l’automne, pour un aménagement au plus tard en 2018 », car, a-t-il insisté, « le CPE doit respecter le délai permis par le Ministère de la famille. Sinon, il va perdre son  projet de 34 nouvelles places, et le milieu en a vraiment besoin. […] On regarde donc les locaux disponibles, mais il faut savoir que ce n’est pas évident, parce que l’installation d’une garderie requiert beaucoup d’exigences, en terme de luminosité ou d’insonorisation par exemple. »

« Au plus offrant »

Destinée dorénavant à une toute autre vocation, la vieille caserne sera donc remise en vente dans les prochaines semaines. Suzanne Verreault s’est toutefois fait rassurante quant à sa préservation :

Considérant la valeur patrimoniale de l’immeuble, même si elle n’est pas reconnue comme telle par le Ministère de la Culture, il y aura des conditions à respecter. Pour le projet de la Caserne des tout-petits, on avait accepté que seule la partie arrière soit démolie et reconstruite. […] Au plus offrant, donc, mais ils seront au fait des critères de sauvegarde dès le départ, comme l’obligation de conserver la façade du bâtiment à l’identique. »

À lire aussi : Le projet de Caserne des tout-petits toujours sur les rails (par Raymond Poirier) et La Caserne : l’un des « 10 sites patrimoniaux menacés de Québec ».