Zéro déchet : de la Californie à Limoilou

Crédit photo: Monlimoilou.com - Laura Rancourt
Crédit photos : Monlimoilou.com - Laura Rancourt

Le mouvement Zéro déchet gagne en popularité à Québec. Les citoyens ont leur propre page Facebook où ils échangent trucs et astuces afin de réduire leur empreinte écologique. À Limoilou, de plus en plus de commerces vendent en vrac.

Il y a quelques semaines, je suis tombée sur un reportage à L’épicerie traitant de Mélissa de La Fontaine, cette Montréalaise qui a pris la résolution en janvier 2013 de vivre sans produire de déchets. Inspirée par Béa Johnson, gourou du mouvement, Mélissa a changé  son mode de vie afin de réduire – et ultimement d’éliminer – tout emballage ou objet non réutilisable qui entre dans sa maison. Elle achète maintenant en vrac, fait ses propres cosmétiques et magasine dans les friperies.La première fois que j’ai entendu parler de ce mouvement né en Californie, j’ai aimé l’idée, mais j’ai ressenti un certain inconfort. Ma façon de vivre était remise en question. Certaines personnes diront tout simplement que c’est utopique. C’est en se documentant sur le sujet que l’on prend conscience de la nécessité de réduire notre consommation. N’est-ce pas gratifiant de changer ses habitudes afin de léguer un futur plus vert à ses enfants ?

S'approvisionner dans le quartier

Zéro déchetLe groupe Facebook Zéro Déchet Ville de Québec existe depuis 2014. Les quelque 600 membres s’y échangent bonnes adresses, trucs et astuces afin de simplifier leur vie. On y trouve aussi une carte des commerces de la ville qui acceptent les contenants réutilisables. Selon la carte, seulement deux commerces de Limoilou les acceptent : Accommodation Bio et la Brûlerie Vieux-Limoilou. En creusant un peu plus loin, j’ai mis la main sur d’autres bonnes adresses.Alexandra Cantin-Martineau, résidente de Limoilou, m’a informée que La Fournée Bio, la Boîte à Pain et le Café Sobab acceptent les contenants provenant de l’extérieur. Depuis peu, Alimentex offre aussi la possibilité d’acheter certains produits secs en vrac. Côté produits ménagers, La Folle Fourchette propose le savon à main et à vaisselle, ainsi que le nettoyant tout usage en vrac. L’emplacement central de Limoilou permet aussi d’avoir accès, à pied ou en autobus, aux commerces des quartiers voisins où plusieurs marchands offrent le vrac et acceptent les contenants de l’extérieur.Zéro déchet 3Il reste qu'adopter ce mode de vie comporte certains défis. Selon Marie-Philippe Filteau, une Limouloise adepte du mouvement, le coût des aliments est souvent plus élevé lorsqu’on achète dans des endroits spécialisés. Par contre, comme plusieurs apprennent à faire presque tout eux-mêmes (nourriture, cosmétiques, produits ménagers, etc.), ils réussissent à réduire leurs dépenses. Pour la famille de Béa Johnson, revoir leurs méthodes d’achat et opter pour la simplicité volontaire leur a permis d’économiser 40 % de leur budget annuel.Pour Alexandra Cantin-Martineau et sa famille, le changement des habitudes se fait plutôt bien. Par contre, « le compostage est un casse-tête, car nous habitons au 3e étage d’un triplex », confie-t-elle. Ils sont encore en train d’évaluer les solutions possibles pour convertir les matières organiques.

Prendre les choses en main

Ce qui me plaît du Zéro déchet, c’est la motivation de ces gens qui prennent les choses en main sans attendre de nouvelles lois. Tandis qu’au Canada, il est encore possible de recevoir des sacs de plastique à l’épicerie, c’est impossible depuis des années dans plusieurs pays. J’espère que les habitudes de vie des adeptes du mouvement nous influenceront et nous pousseront à revoir notre façon de consommer. D’ici là, selon Le Devoir, il faudra attendre jusqu’en 2018 avant que les sacs de plastique ne soient peut-être bannis… à Montréal !Voir le reportage de L'épicerie