Elias Djemil, l’homme derrière l’objectif

Elias Djemil, réalisateur-photographe. (Photos ci-dessous : courtoisie Elias Djemil)
Elias Djemil, réalisateur-photographe. (Photos ci-dessous : courtoisie Elias Djemil)

Je rejoins Elias Djemil au café Nektar de la 3e Avenue. Le réalisateur-photographe a l’œil, c’est son endroit préféré pour la lumière naturelle. Son portfolio reflète d’ailleurs bien l’homme qu’il est : curieux, spontané et mystérieux. Portrait d’un artiste limoulois aux racines russo-algériennes.

En arrivant au Québec, les équivalences universitaires françaises en mathématique appliquée d’Elias ne sont pas reconnues. Il laisse ainsi son esprit cartésien de côté pour se concentrer sur les arts cinématographiques. « [La Russie] est un pays où tu baignes dans la culture. La culture est le point central. Ça, c’est sûr que c’est une richesse », estime le réalisateur originaire de Moscou.C’est après son cours à l’École de cinéma et de télévision de Québec que tout prend son envol. « Comme j’ai commencé tard, j’ose croire que mon art était mature. » Réalisateur depuis maintenant huit ans, c’est l’intuition et le feeling qui le portent à travailler sur de multiples projets.

Au-delà du figuratif

Pour Elias Djemil, être réalisateur, c’est mettre en images sa propre sensibilité en langage cinématographique. Le but est de « construire des émotions pour les spectateurs ». Son désir de partager avec les gens et sa curiosité l’ont mené à développer une passion pour la photographie.elias djemilChaque nouveau portrait à capturer est pour lui un nouvel échange.

J’essaie de capter les choses qui sont au-delà du figuratif, au-delà de juste une séance photo. Aller chercher des émotions brutes, ça, c’est le fun », raconte le photographe qui se considère comme privilégié de pouvoir s’introduire dans la vie des gens. « C’est ultra intime. »

Depuis le temps, Elias photographie sur les plateaux de tournage des courts métrages qu’il réalise. La photographie sur le plateau devient un terrain de recherche pour la réalisation, selon lui. Traduire des émotions en images avec un appareil photo apporte de nouveaux angles de caméra pour la vidéo. « Ça m’aide à me concentrer, m’immerger complètement, ça aiguise la capacité de visualisation », explique-t-il. Pour lui, la photographie et la réalisation sont deux mondes extrêmement complémentaires.

La ville où tout est à créer

limoilou elias djemilElias Djemil a fait le choix de rester à Québec, plutôt que de déménager à Montréal où tout semble plus naturel pour travailler dans le domaine du cinéma.

Ici, il y a de la place pour développer plein de choses, le milieu n’est pas saturé et le réseautage est plus facile, on se connaît tous », lance-t-il avec beaucoup d’optimisme. Débrouillard et autodidacte, il affirme : « Tu n’as pas le choix de développer plus de skills, ne serait-ce que pour faire rentrer plus d’argent. Tu développes d’autres qualités et ça fait un créateur plus polyvalent. »

À son avis, les artistes de Québec ne sont pas poussés par les tendances en image. « On [les] connaît bien, mais on n’a pas de pression. » Les gens peuvent donc se concentrer sur leur propre art, avoue-t-il. « Très souvent, ça donne des choses très originales. »Ariane elias djemilAvec ses nombreuses implications sur la scène culturelle de la ville, il ne peut le nier : Québec est tatouée sur son cœur. Anciennement dans le quartier Saint-Sauveur, il a établi maison dans Limoilou grâce à sa douce. Un coin de la ville qu’il adore pour sa vie de quartier trippante, son esprit de communauté, ses gens ouverts, son décor avec le centre-ville en arrière-plan et ses ruelles qui l’inspirent énormément.À faire de la photo et regarder tellement de choses aujourd’hui, l’inconscient absorbe une quantité inimaginable d’images, selon Elias. L’espace créatif d’un réalisateur n’arrête donc jamais ?

Jamais, mais ce n’est pas pesant. C’est même agréable. »

Elias Djemil travaille présentement sur un projet personnel mixant le basket et danse. Pour consulter tous ces autres projets comme les courts métrages Sarah, Au rythme du temps, Les gars du front ou Bad Boys Against The World, c’est par ici : https://www.eliasdjemil.com/.